FIV 1 – étape 4 – la ponction

Nous voilà samedi, c’est le jour J, aujourd’hui on ponctionne tous mes petits follicules…

Je ne suis pas vraiment stressée, je crois que Chéri l’est bien plus que moi ! Il s’inquiète pour moi avant tout, c’est un amour… Je fais une hyperstimulation mais, outre le fait que cela signifie que je n’aurai pas de transfert d’embryon frais, je suppose simplement qu’il me faudra du repos. En revanche, en ce samedi matin, dès le lever, je vous jure que j’ai hâte d’être libérée du poids qui pèse sur mes ovaires. Cette tension permanente est devenue douloureuse depuis l’injection de la double dose de decapeptyl pour déclencher l’ovulation. Je n’ai que quelques minutes de répit au moment de me mettre debout, ce qui me laisse juste le temps de prendre ma douche (au désinfectant, ponction oblige !) avant de devoir amortir chacun de mes pas en soufflant pour limiter les tiraillements douloureux de mes ovaires. J’enfile une tenue confortable : t-shirt douillet, sweat-shirt confortable et pantalon de yoga et nous prenons la route direction la clinique. Chaque nid de poule, chaque ralentisseur me fait un effet monstre ce qui n’était pas le cas les jours précédents. Vivement cet après-midi que je sois allégée de tous mes follicules !

Nous avons rendez-vous pour l’entrée à 6h45. Je suis installée dans une chambre double car je suis censée sortir vers 13 heures, et de toute façon ma voisine de chambre n’est pas là à notre arrivée, je n’y vois donc aucun inconvénient ! Je passe une blouse sexy et je suis emmenée au bloc pour la ponction sous anesthésie générale. Pendant ce temps, Chéri a rendez-vous à 7h15 pour le recueil spermatique, nous nous souhaitons donc mutuellement bonne chance. C’est là que je prends véritablement conscience qu’on fait un bébé ensemble mais séparément : moi au bloc et lui côté labo… étrange sensation !

A mon arrivée au bloc, je suis prise en charge par une infirmière très chaleureuse qui me met à l’aise, elle met de la musique et nous échangeons sur la dernière chanson de -M- Grand petit con. L’anesthésiste et la gynéco se font attendre, ce qui me laisse le temps de demander à mes anges gardiens de veiller sur moi le temps de la ponction et de nous porter chance. Je connais déjà l’anesthésiste ce qui fait un stress en moins (cf. article précédent). En revanche, je constate que la gynéco ne desserre pas les dents, elle semble très concentrée. Avec le recul, je pense qu’entre mon surpoids et mon hyperstimulation elle devait être plutôt tendue en raison des risques de complications. Comme pour le drilling, l’anesthésie me fait partir très rapidement, à peine le temps de ressentir les picotements dans la gorge…

Salle de réveil, j’entends l’anesthésiste constater que je suis réveillée et on me dit que tout s’est bien passé. Deux minutes s’écoulent, le temps que je reprenne conscience de mon corps et que j’ouvre les deux yeux. Je suis seule en salle de réveil donc l’infirmière ne s’occupe que de moi. Je commence à sentir une douleur. Comme une forte douleur de règles, l’infirmière me demande si j’ai mal, je lui décris que c’est gérable et elle me dit que les antidouleurs me sont injectés et feront effet dans quelques instants. Pas de chance, la douleur s’amplifie encore, encore et encore, jusqu’à me tordre de douleur en gémissant et en pleurant. Je n’ai jamais connu ça, je note la douleur au plus haut de l’échelle. L’infirmière présente au bloc se joint à sa collègue. Elles me suggèrent de me mettre sur le côté, me proposent une bouillotte. Rien ne m’aide. Je découvre les douleurs consécutives d’une ponction avec hyperstimulation. Apparemment, on sait que cette douleur vive monte crescendo très rapidement au réveil et les antidouleurs ne peuvent être injectés avant le réveil. Il faut donc subir quelques minutes ce qui semble durer des heures. Je n’ai pas la nausée aussi l’infirmière accélère la perfusion d’antidouleurs. Peu à peu la douleur redevient gérable. Les conseils de l’infirmière pour m’imaginer ailleurs, me détendre, penser à mon mari n’auront servi à rien. Penser à Chéri me faisait redouter sa réaction s’il avait assister à ces instants de torture, heureusement qu’il n’a pas eu à se sentir impuissant et à me voir dans cet état…

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Je suis emmenée dans ma chambre où je retrouve Chéri, soulagée que la douleur se soit estompée. Je peux ainsi lui annoncer que 5 seringues de follicules ont été ponctionnées, information que je tiens de l’infirmière du bloc. Apparemment c’est beaucoup ! Chéri m’annonce que le premier recueil spermatique était de bonne qualité, il n’a pas été rappelé pour en faire un second. Nous attendons la visite de la gynéco pour connaître le nombre de follicules. Je raconte mon réveil douloureux à mon homme qui me câline pour me réconforter. Ouf, le plus dur est passé ! Vue la douleur ressentie, je croise les doigts pour qu’il ne soit pas nécessaire de refaire une ponction avant très très longtemps…

La gynéco vient nous voir. Elle a retrouvé le sourire, je suis agréablement surprise qu’elle prenne la peine de s’asseoir sur mon lit, c’est une visite chaleureuse. Elle apporte de bonnes nouvelles : 25 follicules ont pu être prélevés ! Il y en avait davantage mais elle craignait de déclencher un saignement en insistant. Elle nous conseille de nous préparer à un écrémage, s’il nous reste 3 à 5 embryons à J5 ce sera déjà énorme.

Je casse la croûte et nous patientons jusqu’à 13 heures en regardant la télévision de ma voisine de chambre aux goûts très discutables, plaisanteries chuchotées et regards complices. Nous rentrons ensuite sans encombres, au programme repos jusqu’au lendemain. N’ayant pas de transfert frais dans la foulée, mon traitement post-ponction se limite à quelques ovules de progestan à prendre par voie orale.

Le lendemain, dimanche donc, je reçois un appel pour nous annoncer que 19 des 25 follicules ont été fécondés. J’annonce à Chéri ce 19 qui signifie déjà que mes ovules étaient d’assez bonne qualité pour être fécondés. Il me serre dans ses bras, pour lui aussi c’est un super score ! A présent, il faut attendre le jeudi matin, à J5 donc, pour connaître le nombre d’embryons viables restants. Heureusement, je suis arrêtée pour la semaine, je me repose en essayant de ne pas trop angoisser.

Le jeudi matin, je reste vissée à mon téléphone portable, attendant qu’il sonne. En vain. A 11h30, je tente de joindre le labo, personne ne décroche. Passé midi, on me dit que le labo est fermé les après-midi et qu’il faudra patienter jusqu’au lendemain. Je me fâche et explique que j’attends des nouvelles de mes embryons. On me dit qu’on laisse un message aux biologistes. A 14h45, je craque et décide de passer par le secrétariat de ma gynéco pour me plaindre de ne pas avoir de nouvelles. Cela semble fonctionner car la biologiste me rappelle dans la foulée, elle a le culot d’avoir l’air contrarié ! Selon elle, je ne devais être contactée que le vendredi puisque pas de transfert frais au programme… Malgré son ton désagréable, les nouvelles sont bonnes : 3 embryons ont été congelés à J5 et 6 embryons sont encore dans la course pour éventuellement être congelés le lendemain. Je demande s’ils sont de bonne qualité, elle me répond sur un ton pire encore que si on les congèle c’est qu’ils sont de bonne qualité !

Une fois la colère retombée, nous sautons de joie : déjà 3 embryons congelés !! Trois mini-nous existent pour de vrai, c’est inédit, une étape franchie pour la première fois !!!

Le vendredi, nous apprenons que 2 embryons supplémentaires ont pu être congelés à J6. Nous avons donc 3 J5 et 2 J6 au frais, 5 mini-nous c’est un très joli résultat pour une première ponction. Les larmes de joie et de soulagement sont là… Chéri me félicite, nous sommes aux anges.

Quelques jour plus tard, nous recevons le compte-rendu de la ponction. Nos embryons sont d’excellente qualité.

En raison de l’hyperstimulation, je dois laisser le cycle se finir, puis laisser un cycle naturel passer avant de stimuler au cycle suivant en vue du transfert d’embryon congelé (TEC). Cela reporte donc le TEC à décembre. Peut-être une grossesse pour Noël…

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source de cette image : https://www.invitra.com/fr/echecs-repetes-de-fiv/

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FIV 1 – étape 3 bis – derniers jours avant la ponction

Dans mon dernier article, j’avais interrompu mon récit après le contrôle échographique et prise de sang à J7. Mes follicules n’atteignaient alors que 9,7 mm pour le plus gros et 8 mm pour les autres. La gynéco avait augmenté le dosage de stimulation du gonal-f à 175 UI pour faire grossir davantage les follicules.

Je m’imaginais alors que la ponction était imminente. Pas si vite, Ally… !

Nouveau contrôle échographique et prise de sang à J10. En sortant de l’échographie, je suis ravie : mes follicules atteignent les fameux 14 mm, l’objectif fixé par la gynéco pour venir la voir ! Je me sens victorieuse, nous sommes lundi et je me dis que la ponction c’est pour mercredi. La secrétaire du service AMP ne me fait pas redescendre de mon nuage, elle nous donne un document avec les consignes avant ponction pour Monsieur afin qu’il sache comment préparer le recueil et à quelle heure se présenter. En revanche, la gynéco tempère notre enthousiasme, elle nous dit que ça commence à venir et qu’on a 90% de chance de faire la ponction le vendredi. Pas le mercredi donc.  J’annonce déjà au bureau que je serai absente 10 jours à compter du vendredi, pour la ponction et l’arrêt maladie qui suivra.

Le lendemain, j’ai rendez-vous avec l’anesthésiste car la ponction se fera sous anesthésie générale. Je retrouve un visage connu, celui qui me reçoit est l’anesthésiste qui était là pour mon drilling ovarien. Je n’ai pas d’antécédent particulier, et le drilling s’était déroulé sans encombre, ce rendez-vous n’est donc qu’une simple formalité. Je profite de mon passage à la clinique pour passer au secrétariat de ma gynéco. En effet, ma stimulation est plus longue que prévue et, si elle a fait mention du gonal-f dont je dois augmenter le dosage, elle n’a pas précisé si je dois également continuer les injections d’orgalutran pour le blocage de l’ovulation. La réponse est oui, je me mets donc en quête d’une pharmacie car j’ai terminé la boîte et il m’en faut pour le soir-même. Je dois faire deux pharmacies pour en dénicher mais j’ai enfin la précieuse boîte. Ouf… !

Mon ventre me tire depuis le début de la semaine, je dois veiller à me lever régulièrement car c’est gonflé et douloureux en position assise. J’ai pris une taille de pantalon depuis la semaine précédente. Je m’habitue à cet inconfort, je me dis que je me promène avec mes œufs et qu’ils prennent de la place en grandissant !

Le mercredi justement, encore une échographie et une prise de sang. Nous sommes à J12. Les plus petits follicules ont grandi mais pas les plus gros. L’ensemble prend de plus en plus de place ce qui explique les tiraillements douloureux que je ressens. Je ne vous parle pas des douleurs vives pendant les échographies andovaginales et surtout pour dénicher ce coquin d’ovaire gauche qui se cache derrière l’utérus. La gynéco que nous voyons juste après les examens ce matin-là me dit « Les douleurs, c’est normal, vous avez les ovaires comme des pastèques ! »… Phrase que je prends avec philosophie, si j’ai mal c’est que ça grandit et donc que la stimulation fonctionne. Ce n’était pas le cas en mai et nous avions dû annuler l’insémination.

J’arrive au bureau avec presque trois heures de retard. J’ai déjà manqué le travail plusieurs heures le lundi, le mardi et le mercredi. Je m’excuse donc auprès de ma responsable et lui précise que non, finalement, mon arrêt ne démarrera pas ce vendredi mais certainement le lundi car la ponction aura lieu soit le samedi soit le lundi. En revanche je pose mon jeudi matin car je suis habituellement de repos l’après-midi et que si je dois enchaîner les examens pour arriver au bureau à 11 heures et repartir à midi et demi, à quoi bon ? Et je reconnais qu’à ce stade, j’accuse le coup de la fatigue. Je vais atteindre le nombre record de 20 injections en 2 semaines. Je pleure devant la télévision pour la moindre bricole émouvante. Et ce mercredi soir, c’est incontrôlable, je fais carrément une crise d’angoisse avec hyperventilation. Monsieur Mon Chéri gère comme un pro, adorable mari qu’il est. Il me rassure et me dit qu’avec les hormones, il est étonné que le craquage ait autant tardé.

Jeudi matin, J13, rituel habituel : échographie, prise de sang et rendez-vous gynéco. L’augmentation du dosage semble avoir fonctionné, à l’écho une douzaine de follicules atteignent entre 13 et 18 mm. Vous visualisez le volume de mes ovaires ? Une vingtaine de follicules par ovaire et un tiers font entre 1 et 2 cm de diamètre… Hallucinant, non ?! Je bondirais bien de joie mais, vue la douleur, je vais éviter ! Direction l’AMP faire ma prise de sang et Chéri m’attend dans le couloir. Je l’entends saluer quelqu’un et une voix féminine lui répondre « C’est pour samedi ! » et lui répéter tout heureux « C’est pour samedi ? ». Je ravale mes larmes de joie le temps de faire la prise de sang. Ce n’est pas encore le moment de relâcher la pression, la gynéco doit encore nous donner les dernières informations avant la ponction.

J’ai bien fait de rester calme, car un léger bémol vient nuancer notre joie. Je présente un risque de complication appelé hyperstimulation. Les résultats de la prise de sang nous le confirmeront mais la gynéco nous explique d’ores et déjà que mon endomètre est très développé et qu’en cas d’hyperstimulation, il ne sera pas en état d’accueillir un embryon dans de bonnes conditions. Il faudra attendre non pas le prochain cycle mais le suivant pour laisser à mon corps le temps de se remettre. Ce qui repousse le transfert d’embryon – qui sera donc un embryon congelé – au mois de décembre. Nous qui espérions une bonne nouvelle pour Halloween, il faudra patienter au mieux jusqu’à Noël…

Les résultats de la prise de sang tombent dans la matinée. Ils confirment une hyperstimulation, mon taux d’œstradiol atteint 4418. On change le protocole de déclenchement de l’ovulation. Ce ne sera pas une injection d’ovitrelle mais une double injection de decapeptyl et comme il s’agit d’un mélange de deux produits, il doit être fait par une infirmière à domicile. Je m’en serais bien passée de faire venir une étrangère chez moi à 20 heures alors que je ne rêve que de me blottir en pyjama sur le canapé entre mon homme et mon chien… Franchement, l’infirmière est très bien et vu la grosse quantité de produit je comprends plutôt bien qu’il faut l’aide d’une tierce personne. On accorde un peu de répit à mon ventre et on fait l’injection dans mon bras. Elle l’injecte très progressivement et marque des pauses régulièrement pour laisser à mon corps le temps de s’adapter.

La ponction c’est pour après-demain et je ne suis pas sûre de réaliser. Mon corps et mon esprit sont trop fatigués. Le bon côté c’est que je ne stresse pas vraiment. Je commence à me faire à l’idée que chaque risque de complication ou changement de programme est pour nous… Et en même temps, je prends conscience que la partie la plus délicate, la stimulation de mon corps, a fonctionné ! Et nous nous préparons à franchir une étape inédite : celle de la FIV avec ponction de mes ovocytes, fécondation au labo par les spermatozoïdes de Monsieur et enfin (dans deux mois) transfert d’un mini-nous.

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FIV 1 – nouvelle ère – étapes 1 à 3

L’été s’achève après deux cycles naturels sans bébé couette… Pas de traitement mais des tonnes de tests d’ovulation et de tests de grossesses consommés en vain. Malgré le drilling, mon corps n’a pas réussi à faire un bébé, pourquoi ? Mystère et fatalité se partagent l’affiche.

Les cycle 7 et cycle 8 ont duré respectivement 30 et 35 jours, mon corps a évacué tous les traitements et s’est remis du drilling, la perte de poids a continué 3,5 kg perdus depuis l’intervention.

Nous avons refait des analyses (bilan sanguin, examen urinaire, spermoculture) puis revu la gynéco afin de découvrir le protocole de la FIV. Première surprise de taille, la longueur de la prescription, elle réunit toutes les étapes du processus et fait une page entière. Je vous ai fait une petite photo de l’ensemble des traitements pour une seule FIV.

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Étape 1 – Préparation du cycle : avant même le début du cycle, début du traitement par 10 jours de provames à raison d’un comprimé matin et soir. Ce sont des œstrogènes qui peuvent servir à améliorer la glaire ou, dans mon cas, à « mettre les ovaires sur la ligne de départ » dixit la gynéco. Mes règles ont un jour de retard donc j’aurai pris du provames pendant 11 jours.

Cycle 9 : FIV 1

Étape 2 – Stimulation : premier jour des règles, J1, je ne prends plus de provames mais je me rends au labo pour une prise de sang (LH, œstradiol, progestérone) et je passe une première échographie. J’avais hâte de voir l’état de mes ovaires pour la première fois depuis le drilling ovarien : ils contiennent une dizaine de petits follicules chacun. On examine mes artères utérines pour déterminer les conditions d’implantation d’un embryon. Le soir à 19 heures, je débute les injections de gonal-f à raison de 137,5 UI. Le gonal-f sert à stimuler la production et la maturation des follicules. Je crains beaucoup les effets secondaires car la dose démarre fort comparée à celle que j’avais eue pour les inséminations…

Nouveau contrôle échographique et prise de sang à J5, une vingtaine de follicules à droite et une douzaine à gauche. Ils ne font que 7 à 8 mm pour les plus gros.

Étape 3 – Stimulation et blocage de l’ovulation : à J6, après l’injection de gonal-f, j’ajoute une injection d’orgalutran pour empêcher que l’ovulation ne se déclenche toute seule trop tôt, on freine la libération de LH par la glande hypophysaire. L’orgalutran provoque souvent une réaction cutanée et je n’y échappe pas, on dirait que j’ai fait un vaccin : c’est gonflé et rouge, puis blanc, et je sens que le produit se diffuse dans mon corps.

Contrôle échographique et prise de sang à J7, une quinzaine de follicules à droite et une vingtaine à gauche. L’ovaire droit a un peu d’avance car le plus gros follicule atteint 9,7 mm contre 8 mm à gauche. La gynéco m’a bien dit de ne venir la voir que s’ils atteignent 14 mm. Côté hormones, la LH baisse grâce à l’orgalutran tandis que l’œstradiol augmente en même temps que grossissent les follicules. La gynéco me fait augmenter le gonal-f à 175 UI pour booster la stimulation.

Pour le moment, je suis agréablement surprise la fatigue se fait ressentir mais bien plus modérément qu’au printemps lorsque j’étais sous protocole insémination. Les injections d’orgalutran sont plus redoutables mais ne durent que cinq jours… Bientôt la ponction.

 

 

Insémination puis drilling ovarien

L’année 2019 a débuté comme l’année 2018 s’était achevée : par un cycle sous pilule contraceptive. J’ai terminé l’année sur plusieurs arrêts maladie consécutifs, l’épuisement physique (sciatique) et moral (dépression) ajouté à diverses autres sources de stress ont eu raison de moi. En janvier, j’ai repris le chemin du bureau une petite semaine, et puis je me suis de nouveau retrouvée en arrêt maladie, hors de question de pleurer au bureau.

Nous avons préparé notre mariage prévu pour début février 2019 et ce fut la période la plus éprouvante vécue depuis le début de notre relation amoureuse. En aucun cas à cause de Chéri, le parcours PMA nous a soudés plus que tout, mais c’est comme si notre projet de mariage m’avait peint une cible dans le dos. Je me suis pris des gifles inattendues au moment où j’étais la plus vulnérable et la plus affaiblie.

C’est dans ce contexte que commence l’année 2019… Je reprends mon récit cycle par cycle :

Cycle 1 : 2ème cycle sous pilule contraceptive, et le kyste de mon ovaire gauche a diminué à 1,4 cm puis s’en est allé, avec sa disparition les tiraillements douloureux ont cessé, durée du cycle 27 jours

Cycle 2 : nouveau départ, nouvelle tentative de protocole insémination… 5 jours de clomid, puis le matin de notre mariage, contrôle écho et prise de sang, coup de fil de la gynéco pour augmenter le dosage, mais comment ? je la rappelle, j’en suis à 2 comprimés de clomid par jour sur 5 jours, dose maximale de clomid ! erreur de sa part, elle me croyait sous injections de gonal-f, on laisse comme ça et nouveau contrôle 2 jours après. Pas d’alcool donc à mon mariage. C’est pas bien grave, j’ai déjà eu bien du mal à maîtriser mes émotions avant et pendant en étant sobre ! Deux jours plus tard, on confirme que la stimulation n’a pas été suffisante, on annule l’insémination et je passe la fin du cycle sous progestérone puis duphaston. Durée du cycle 46 jours

Cycle 3 : début des injections de gonal-f dans le ventre, je pensais que ce serait difficile de me faire les piqûres moi-même et Chéri avait accepté de me les faire mais au final je gère plutôt bien. Le plus dur a été de devoir accepter qu’il fallait en venir aux injections, que mon corps ne pourrait pas se contenter de la stimulation simple pour faire un bébé… Première injection de gonal-f au 3ème jour, dosage 50 UI augmenté à 75 UI suite au contrôle écho, déclenchement par injection d’ovitrelle, insémination un samedi matin après le recueil de Chéri, puis week-end romantique et progestérone pour finir le cycle. Qu’est-ce qu’on y croyait… ! Durée du cycle 29 jours

Cycle 4 : injection de gonal-f à raison de 62,5 UI, puis dosage augmenté à 75 UI, puis à 100 UI, au final échec de la stimulation, progestérone pour finir le cycle, durée du cycle 33 jours. J’ai pu expérimenter l’allongement de la durée des injections et l’augmentation du dosage à 100 UI : bonjour les effets secondaires décuplés ! Apparemment, la sécu ne rembourse qu’un certain nombre d’écho par cycle, j’ai dépassé et donc dû payer la 4ème écho de ma poche, heureuse surprise en guise de bonus pour ce nouvel échec du protocole insémination…

Nous sommes fin mai 2019, lors de ce rendez-vous avec la gynéco nous abordons à nouveau plusieurs sujets récurrents : mon poids, ma condition de sopk, les échecs de stimulations, les inséminations annulées. J’ai pris 6 kilos en un an au lieu d’en perdre comme il m’avait été recommandé, j’atteins donc les 100 kg. C’est bien évidemment dû au sopk, mais la gynéco reconnaît que les traitements font également grossir, ce qui ne m’aide pas. Elle me sait épuisée physiquement mais aussi psychiquement et me propose pour la première fois plusieurs cartes de visite : hypnothérapeute, sexothérapeute, psychothérapeute.

Nous revenons tous les deux sur une solution envisagée un an plus tôt : le drilling ovarien. Cette option nous intéressait beaucoup car elle n’était pas chimique mais bien mécanique. Sous anesthésie générale, par voie cœlioscopique, de multiples microperforations sont pratiquées dans les ovaires pour détruire les nombreux kystes. Heureuse conséquence : les ovaires sont libérés et peuvent reprendre naturellement leur mission, on peut obtenir un bébé couette ou maximiser les chances des stimulations médicamenteuses. Certaines patientes perdent du poids suite au drilling. Les effets de l’intervention sont censés durer 6 mois.

Nous avions écarté cette option un an auparavant car la gynéco souhaitait la pratiquer elle-même pour voir de ses yeux l’état de mon appareil reproducteur, or mon IMC l’en empêchait car la coelioscopie sur un tel IMC nécessite la force musculaire d’un homme. La possibilité d’une perte de poids miraculeuse en l’état actuel des choses n’était plus envisageable. Nous avons donc demandé à faire pratiquer le drilling par un de ses confrères pour enfin tenter ce qui semblait la solution idéale depuis le début.

Cycle 5 : aucun traitement, aucun suivi, à la cool en attendant le rendez-vous avec le chirurgien, durée du cycle 35 jours

Cycle 6 : aucun traitement, drilling ovarien en pleine période d’ovulation, duphaston pour faire repartir la machine après le drilling, durée du cycle 33 jours

L’intervention en elle-même s’est déroulée sans encombres. Je suis rentrée à la clinique à 7 heures, à jeûn depuis la veille. Chéri m’a accompagnée, j’ai quitté la chambre pour la salle d’opération vers 10 heures et je suis revenue peu avant 14 heures, il m’attendait en souriant. Le chirurgien est venu me voir en salle de réveil pour me dire que l’opération s’était bien déroulée mais… que les trompes étaient bouchées. J’ai dû faire bonne figure assez longtemps pour qu’on me ramène dans ma chambre et là je me suis effondrée en racontant à Chéri ce que le chirurgien m’avait dit. Le compte-rendu de l’intervention posé dans la chambre confirmait que les kystes avaient été éliminés mais que les trompes étaient bouchées. Chéri, mon héros, est sorti fumer et a téléphoné au secrétariat de la gynéco pour avoir un rendez-vous en urgence.

La gynéco nous a reçus le surlendemain. Pour elle, non, les trompes ne peuvent pas s’être bouchées en une année. En effet, l’hystérosalpingographie n’avait rien signalé de problématique et apparemment il faut des chlamydiae ou autres pour boucher les trompes or je ne suis pas dans ce cas. En revanche, il est fréquent qu’un spasme de l’utérus, lors de l’intervention, bouche les trompes de façon éphémère. Conclusion : on ne va tout de même pas prendre de risque et passer aux protocoles FIV car nos tentatives ont assez duré, il faut passer à l’offensive.

Encore une nouvelle étape effrayante, un nouveau sommet à franchir. Nous avons demandé deux cycles de repos pour profiter des vacances et tenter un bébé couette pendant l’été avant de passer au protocole FIV.

Les suites du drilling se sont très bien déroulés, je me suis remise en une dizaine de jours. Le plus inconfortable c’est le gaz qui traîne encore dans l’abdomen une bonne semaine et peut faire mal ici ou là en fonction du temps passé debout. J’ai alterné les positions, massé mon ventre, évité au maximum de porter des vêtements qui me serraient le ventre et tout s’est bien passé. J’ai enlevé mes fils moi-même, un point en haut du pubis à gauche, un autre en haut au milieu et 4-5 points au niveau du nombril : très discret ! Je ne me suis pas exposée au soleil pour ne pas colorer les cicatrices.

Le plus compliqué, c’est d’arriver à se convaincre que tous les kystes qu’on voit à chaque échographie (20 dans un ovaire et 30 dans l’autre) ne sont plus là et qu’on repart à neuf… Ce qui m’a aidé à m’en convaincre ? Les ressentis, mon corps ne fonctionne plus de la même façon… Et notamment, j’ai perdu 2,5 kg en moins de deux mois. A suivre…

 

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Stimulation simple

Le suivi en PMA est l’occasion de tourner une page, de commencer un nouveau chapitre. Bien sûr, nous n’avons pas oublié les sept mois d’essais naturels, quand nous étions pleins d’espoir d’une grossesse arrivant un beau matin comme une jolie surprise. Mais le doute s’était installé peu à peu. La PMA c’est un nouveau chapitre, une chance de repartir à zéro avec un suivi attentif et rigoureux.

Dans cet article, j’ai choisi de vous parler en détails de notre expérience en PMA à compter de février 2018, cycle par cycle.

1er cycle : je surveille seule mon cycle en faisant une courbe de température, durée du cycle 27 jours

2ème cycle : courbe de température, durée du cycle 25 jours, ce cycle suit ma première rencontre seule avec la gynéco PMA, pour le prochain rendez-vous dans un mois nous irons tous les deux

3ème cycle : le vrai premier rendez-vous est passé, nous avons plein d’examens et d’analyses à faire, ce cycle est donc observé à la loupe, courbe de température, durée du cycle 35 jours

4ème cycle : nous avons eu un mois de réflexion et nous avons revu la gynéco pour signer l’accord de prise en charge PMA, sur les conseils de la gynéco je ne fais pas de courbe de température pour éviter de me prendre la tête chaque matin au réveil, durée du cycle 40 jours, un long cycle sans température pour servir de repère, je le vis super mal puisque j’ignore si j’ai ovulé (hausse de température) et si la fin du cycle annonce ou non une grossesse (plateau haut de température)

5ème cycle : courbe de température, je ne veux pas revivre le flou du cycle précédent, durée du cycle 33 jours

6ème cycle : courbe de température, durée du cycle 33 jours

7ème cycle : courbe de température, durée du cycle 32 jours

8ème cycle : courbe de température, 10 jours de duphaston pour faire venir les règles, durée du cycle 47 jours

9ème cycle : clomid 5 jours à compter du 3ème jour du cycle, puis duphaston à compter du 16ème jour du cycle pour faire venir les règles, durée du cycle 28 jours

10ème cycle : 1ère cycle de tentative d’insémination, clomid 5 jours puis écho de contrôle au 9ème jour, mauvaise surprise à l’écho kyste de 4 cm à l’ovaire gauche, pas d’insémination, duphaston pour clore le cycle

11ème cycle : nouvelle écho de contrôle, le kyste a grossi jusqu’à atteindre 7 cm, la gynéco m’annonce que pour ce cycle je serai sous pilule contraceptive pour résorber le kyste, un an et demi après le début des essais je me retrouve sous contraceptifs, inutile de vous dire que le moral n’est pas au beau fixe pour clore l’année 2018…

Cette année 2018, nous avons cherché à stimuler l’ovulation grâce au clomid et à réguler les cycles grâce au duphaston. J’ai souvent pensé être enfin enceinte à cause des effets secondaires du clomid qui imitent les premiers symptômes de grossesse, ce n’est pas toujours évident. En plus des courbes de températures, contraignantes puisqu’il faut prendre sa température au réveil (après au minimum 4 heures de sommeil) avant même de poser le pied à terre, j’ai fait des tests d’ovulation et des tests de grossesse en quantités phénoménales…

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Infertilité et notamment S.O.P.K.

Quelques stats françaises

  • 1 couple sur 6 consulte pour des problèmes de fécondité
  • parmi ces couples qui consultent, 24 % ne parviennent pas à avoir un bébé après un an sans contraception et 8 % après 2 ans
  • plus de 3% des enfants sont nés grâce à la PMA en 2015 (environ 1 bébé sur 32 naissances)
  • l’insémination artificielle est la pratique la plus simple et la plus fréquente
  • la FIV est la pratique qui a le plus de chances de succès (20 à 30 % de chances de grossesse)
  • plusieurs types de FIV : la plus fréquente étant la FIV-ICSI qui représente 2/3 des FIV pratiquées et a le plus de chance d’aboutir (viennent ensuite la FIV sans ICSI et le TEC pour Transfert d’Embryon Congelé)
  • l’assurance maladie prend en charge à 100% six inséminations artificielles et 4 FIV à condition que la patiente ait moins de 43 ans
  • dans 95% des cas, aucun don de gamètes, les ovocytes et les spermatozoïdes sont ceux du couple

 

Le S.O.P.K.

Une femme sur 10 en âge de procréer souffre du S.O.P.K., le Syndrome des Ovaires PolyKystiques. L’hormone anti-Müllerienne (AMH) est produite en trop grande quantité. Elle perturbe la production d’ovules, certains se transforment en kystes qui se stockent alors dans les ovaires, gênant d’autant plus l’ovulation. Le taux d’hormone lutéinisante (LH) est également anormalement élevé chez les femmes souffrant du SOPK. Ce syndrome est la cause d’infertilité par anovulation la plus répandue.

Comment le diagnostiquer ? Si les cycles durent moins de 21 jours ou plus de 35 jours, si les ovaires contiennent plus de 12 follicules (ou kystes) ou s’ils sont hypertrophiés, s’il y a surpoids ou sous-poids, s’il y a acné, perte de cheveux, ou pilosité excessive. La présence d’au moins deux de ces symptômes est caractéristique du SOPK.

Les symptômes sont variés et l’apparence des femmes touchées peut varier tout autant. Je ne ferai pas l’étalage anxiogène des possibles complications comme on peut le trouver sur certains sites, il est plus intéressant de chercher en soi même ce qui relève du SOPK et comment on peut s’aider. Il n’existe pas de traitement du SOPK, on traite donc les symptômes et leurs éventuelles complications.

Ma version du S.O.P.K.

Je suis en surpoids (ce que les traitements pour stimuler mon ovulation ont accentué), selon mes échographies j’ai 20 à 30 follicules par ovaire et les ovaires hypertrophiés. Sans traitement, j’avais des cycles pouvant dépasser les deux ou trois mois. Après quelques mois de traitements, je suis revenue à 30 jours de cycle au naturel.

Pour lutter contre les symptômes, on m’a fortement conseillé de perdre du poids. Mais il faut tenir compte du fait que le SOPK bloque la perte de poids donc les efforts à fournir sont dantesques et les résultats peu encourageants. Avec la fatigue due aux stimulations, un rien m’épuisait et j’ai même arrêté de prendre le bus pour m’épargner les 10-15 minutes de marche avant et après le bus pour me rendre au travail… Une vraie loque ! J’ai atteint les 100 kilos ce qui tire bien sûr sur le corps et n’aide pas le moral.

Le symptôme le plus inconfortable cependant est digestif. Je me considèrais comme intolérante au gluten depuis quelques années bien qu’un allergologue ait réfuté cette hypothèse. En fait, le SOPK crée une insulinorésistance autrement appelée pré-diabète. Le sucre n’est pas géré par le corps et se stocke. Il convient de modifier le régime alimentaire en conséquence (limiter gluten, sucre raffiné et lactose) pour limiter l’inconfort digestif (pour moi constipation et ballonnements +++) et la prise de poids. Probiotiques pour apaiser l’inflammation, magnésium, berbérine, metformine… je cherche actuellement ce qui me réussit le mieux, je vous tiens au courant dans un prochain article !blood cell types

 

Bienvenue en P.M.A. !

Lorsqu’on pousse la porte d’un cabinet de gynécologie spécialisé en PMA, un nouveau monde s’ouvre à nous avec un langage propre, un espace-temps différent et tout un tas de nouveaux procédés dont on n’avait jamais entendu parler auparavant. Une réalité alternative à part entière !

Pour nous, comment cela s’est passé ? D’ores et déjà, vous constatez que je dis « nous ». Oui, lorsqu’on n’est pas enceinte, on va chez le gynécologue seule en règle générale. La PMA, c’est une affaire de couple. Déjà trois fois que je mentionne l’acronyme PMA et je ne vous ai pas expliqué de quoi il s’agit ! Mea culpa… PMA c’est pour Procréation médicalement assistée. Cela signifie que, si tout roule, un bébé c’est quand Monsieur met la petite graine dans le ventre de Madame et hop ils deviennent parents, mais que, si tout ne roule pas, les spécialistes de la PMA débarquent avec leur savoir-faire pour donner un coup de main. PMA je vous le dis tout de suite, cela veut aussi dire bye-bye le romantisme, l’intimité et la spontanéité car on va tout décortiquer et vous bousculer. Mais bon, vous le voulez le coup de main pour avoir un bébé, oui ou non ?! C’est oui, alors c’est parti… !

Premier rendez-vous, j’y suis allée seule puisque je venais là un peu au hasard pour obtenir des réponses. Au deuxième rendez-vous, il fallait venir accompagnée de Monsieur avec nos pièces d’identité, deux photos et remplir chacun un dossier complet. Nous avons signé un accord écrit pour demander à bénéficier d’AMP (Assistance médicale à la procréation – AMP, PMA c’est la même chose), pour cela il faut soit être mariés soit vivre en concubinage et certifier ne pas être inscrits dans un autre centre de PMA.

En vue du troisième rendez-vous, nous avons fait une batterie d’examens. D’une part pour valider la supposition de ma nouvelle gynécologue quant à mon SOPK, et d’autre part pour savoir si c’était là le seul obstacle à la procréation dans notre couple ou s’il y avait aussi un souci avec Monsieur. De mon côté : échographie par voie endovaginale (un joli machin phallique qui fait échographe qu’on vous insère gentiment dans le vagin pour voir l’utérus et les ovaires), bilan sanguin complet (thyroïdien, glycémique, hormonologie, sérologie), examen des urines (cytologie, cultures bactériologiques), frottis et recherche de mycoplasmes, hystérosalpingographie. Du côté de Monsieur : sérologie, examen des urines, examen bactériologique, spermoculture, spermiologie, recherche de chlamydiae et test de migration des spermatozoïdes.

Quand vous êtes confrontés à la nécessité d’effectuer tous ces examens en l’espace de trois semaines, vous comprenez tout de suite que pour l’intimité il faudra repasser. Ma gynécologue n’a pratiqué qu’un seul examen elle-même, pour le frottis c’était une autre personne, pour l’écho par voie andovaginale c’était encore une autre, etc. Pour Monsieur, même chose avec les spermogrammes, aller au petit matin éjaculer dans un flacon dans une petite pièce faite d’un espace WC et d’un unique fauteuil faisant face à un lavabo ainsi qu’à une télévision équipée d’un lecteur de DVD diffusant un porno après avoir écouté une jeune femme vous expliquer comment vous nettoyer puis comment procéder pour ne pas altérer l’échantillon… D’ailleurs, on nous a dit que je pouvais l’accompagner pour le soutenir. On a bien vite oublié, c’est minuscule, il n’y a pas de deuxième fauteuil et les consignes d’hygiène sont telles que ça exclut d’office tout acte d’amour. Sans compter que Monsieur a bien assez la pression comme ça : il faut sonner la jeune femme quand c’est terminé alors même si en théorie il a tout son temps…

Le seul de mes examens que ma gynécologue a effectué en personne c’est celui au nom barbare : l’hystérosalpingographie. C’est celui qui fait le plus peur, lorsqu’on lit les témoignages, car il peut faire plus ou moins mal en fonction des femmes. La patiente s’installe en position gynécologique avec un appareil de radiographie juste au-dessus du bas ventre, le praticien lui insère une canule par le vagin à l’entrée de l’utérus et remplit l’utérus et les trompes d’un liquide contrastant afin de voir sur la radio la forme de l’utérus et des trompes et si rien n’est obstrué. On peut sentir plus ou moins douloureusement le passage du col de l’utérus et le remplissage par le liquide. Pour ma part, on m’avait prescrit avant l’examen un antispasmodique et un antidouleur pour éviter les contractions douloureuses de l’utérus cherchant à chasser l’intrus. Je n’ai eu qu’un petit pincement tout à fait gérable, équivalent à un frottis et moins douloureux qu’à la pose de mon (premier) stérilet. Après cet examen, on peut avoir quelques pertes dues à l’évacuation du liquide injecté, mieux vaut le savoir mais là encore pour moi tout s’est bien déroulé.

Outre les désagréments causés par l’ensemble des examens à subir, il y a l’angoisse des résultats et de leurs possibles conséquences sur chacun et sur le couple. De quelle gravité est notre souci ? De qui vient-il ? Jusqu’où serions-nous prêts à aller pour avoir ce bébé ? Ces questions commencent dès l’entrée en PMA et elles tournent encore dans ma tête plus d’un an après car elles sont évolutives tout comme notre santé et donc notre situation.

Je vous donne nos résultats, assez de suspense ! On m’a trouvé une petite infection de rien du tout pour laquelle j’ai pris des antibiotiques, l’utérus et les trompes pas de souci (quoi qu’une trompe s’est peut-être débouchée pendant l’hystérosalpingographie mais du coup au final c’est débouché donc c’est bon), les ovaires sont dystrophiques (super gros) car blindés de petits kystes et mon bilan sanguin confirme également le SOPK. Monsieur avait les spermatozoïdes un peu fatigués au premier examen, mais au deuxième c’était déjà mieux. Rien d’alarmant de son côté.

SOPK, alors, c’est quoi ?? (suite au prochain article)c0c01633e910faaff4a957a632710272

« Ne vous inquiétez pas… »

J’ai eu mes premières règles à 12 ans. Mais j’ai toujours eu une grande irrégularité dans mes cycles à moins d’être sous pilule (ou autre traitement). Au naturel donc, je pouvais n’avoir mes règles que 5 ou 6 fois dans l’année. J’ai vite trouvé un intérêt à ce désordre. Les règles ce n’est pas vraiment une partie de plaisir – à plus forte raison lorsqu’elles sont abondantes et débarquent par surprise – alors si on peut se passer de ce désagrément certains mois, tant mieux ! De ce fait, j’avais demandé conseil à ma gynécologue qui m’avait répondu « les règles irrégulières c’est très fréquent, il n’y a pas du tout de quoi s’inquiéter ». Bien vite j’ai arrêté de prendre systématiquement la pilule. Pas de chéri, pas de pilule. Pas de pilule, moins souvent des règles et vivent les économies et les longues période de tranquillité.

Des années plus tard, après avoir visité une à deux fois par an ma gynécologue, en avoir changé plusieurs fois, j’ignorais toujours tout de ce que j’avais. On m’avait dit que ce n’était pas un soucis d’avoir des cycles irréguliers, que c’était fréquent et que ça ne m’empêcherait pas de tomber enceinte. Oui, plusieurs gynécologues m’ont dit ceci précisément alors que j’étais jeune et célibataire et sans que je ne mentionne l’intention de fonder une famille. Comme une évidence que tout allait forcément bien jusqu’à preuve du contraire.

Avec ma première relation amoureuse sérieuse et durable est revenue la nécessité de reprendre un moyen de contraception. Mais de préférence pas hormonal, je voulais quelque chose qui ne perturberait pas l’équilibre de mon corps et qui ne me donnerait pas des règles artificiellement régulières alors que j’avais cet avantage d’être rarement ennuyée. J’ai fait le choix du stérilet en cuivre, un mini puisque je n’avais jamais porté d’enfant. La gynécologue me l’a posé sans contrôler par une échographie s’il était bien en place. Un an plus tard, suite à notre déménagement je consulte une autre gynécologue pour un contrôle. Elle me dit que mon stérilet n’est pas en place et n’assure plus sa fonction contraceptive. Je courais le risque d’une grossesse surprise ! Elle me l’a enlevé et m’en a prescrit un autre. Nous avons en fait profité de cette occasion pour stopper toute contraception et lancer en douceur les essais pour avoir un bébé. C’était fin juin 2017.

A l’automne, quelques mois plus tard donc, je retourne voir ma gynécologue avec plusieurs questions. D’accord on peut mettre un certain temps pour tomber enceinte et je ne suis ni pressée ni inquiète car on vient juste de prendre la décision et c’est un nouveau projet que je veux mûrir dans mon esprit. Ce sera mon premier bébé à moi (Chéri en a déjà eu trois) et ça m’enthousiasme et m’effraie à la fois comme toute nouvelle chose. Mais comment guetter une éventuelle grossesse quand on a des cycles anarchiques ? En théorie, les règles c’est tous les 28 jours et on fait un test en cas de retard. Mais dans mon cas les règles ne viennent pas régulièrement, comment m’y retrouver ? Ma gynécologue me sort un discours qui deviendra par la suite un refrain : « ne vous inquiétez pas, voici du Duphaston pour faire venir les règles et du Clomid pour vous faire ovuler, avec ça dans un mois ou deux vous serez enceinte ! ».

J’applique à la lettre cette prescription en toute confiance et pleine de bonne volonté. Mais rien… je retourne la voir à nouveau. « Ah, ça n’a pas marché, ça arrive. Ne vous inquiétez pas, on double les doses et dans un mois ou deux vous serez enceinte! » Je me suis mise à douter… Tout va bien ? Mais alors pourquoi me mettre sous traitement hormonal dans ce cas ? Et sans contrôle en plus ! Ni échographie ni prise de sang. Cette gynécologue me faisait l’effet d’un savant fou, distribuant des hormones comme des bonbons sur fond de « ne vous inquiétez pas, vous serez enceinte en moins de deux » !

Quelques recherches sur internet plus tard, je prenais rendez-vous avec une gynécologue spécialisée dans les questions de fertilité. Facile, avec certaines applications, de prendre rendez-vous sans devoir expliquer quoi que ce soit à la secrétaire ! Février 2018, après huit mois d’essais infructueux, je me trouve face à une spécialiste à qui j’explique venir en cachette de ma gynécologue car j’ai l’impression que quelque chose cloche avec mon corps et le mode de fonctionnement de ma gynécologue ne me convient pas. La spécialiste me dévisage et balaye mon corps du regard. « Vous voulez que je vous donne mon sentiment ? Je parierais que vous êtes SOPK car en vous observant et en vous écoutant vous en avez certains symptômes. Si vous en êtes d’accord, vous allez passer toute une batterie d’examens très chiants mais ainsi nous serons fixées. Est-ce que cela vous convient ? ». Enfin des examens et des réponses ? Bien sûr que cela me convenait, j’ai dit oui à cette nouvelle gynécologue abrupte mais dynamique et efficace. Un mois plus tard, le diagnostic était confirmé : SOPK…

Dé-sin-tox

Action de faire cesser la dépendance à l’égard d’un toxique.

Un stress de trop, une réunion (de boulot ? de famille ?) éprouvante, une réflexion blessante, un échec, une douleur, une violence (plus ou moins insidieuse) et hop on se sert à boire ou on tombe dans le pot de glace, razzia sur le chocolat, tornade de kleenex, hystérie de shopping, rail de coke, crise de nerfs, … STOP !

Le joli poste sur le CV doit-il s’accompagner d’un burn-out parce que votre boss est pathologiquement instable ? Le mec super sexy doit-il s’accompagner d’une suite infinie de crises de couple, d’infidélités, d’humiliations ? La sacro-sainte famille va-t-elle logiquement de pair avec les comportements toxiques ? Back to the basics, revenons à nos valeurs, à nos vérités… Avez-vous signé pour en supporter autant ?

Alors, « non mais… », me direz-vous ?! Justement, précisément… nous avons le choix, j’ai le choix, tu as le choix toi aussi ! Ah, mais prudence, je ne prétends pas que ce genre de choix soit simple, rapide, dénué de conséquences. Mais il est là et il est symbole de liberté et de retour à nos valeurs profondes. Désintoxiquons-nous de ces personnes et de ces comportements malsains, choisissons d’assumer ce parti pris : ce n’est pas supportable, ce n’est pas sain, ce n’est pas un plaisir, ce n’est tout simplement pas MOI !

On a toutes et tous versé un temps dans le politiquement correct et la paix sociale. « Je ne serai pas celle ou celui qui craquera, je ne soulèverai pas la question (même si l’évidence est là), je ne chercherai pas la confrontation, je suis flexible, je m’adapte, je gère bien, demain ce sera oublié, un mauvais cap à passer… » Et puis combien de mal-être, de petits ou gros bobos consécutifs à ces moments subis, contraints. On devient peu à peu complice des maltraitances infligées par notre entourage, on laisse faire, on accumule, on accepte. En fait, on attend que quelqu’un d’autre fasse le choix pour soi. Parfois même, on anticipe ce que ce choix nous apportera comme points négatifs et on le repousse alors qu’on est déjà dedans jusqu’au cou…

Envisagez un instant de faire une liste de tous vos grands et petits compromis sociaux du quotidien et commencez à dire non, à dire stop… commencez à faire pencher la balance de l’autre côté, allégez le poids sur vos épaules et revenez me dire si vous ne trouvez pas que vous êtes fort(e) et que le soleil brille plus fort tout d’un coup. Je vous préviens, vous allez devenir accro à cette désintox !

Je serai mère…

Je suis de celles qui considèrent qu’être une femme ne signifie par nécessairement avoir envie de porter un bébé. Une de mes amies d’enfance avait déjà choisi les prénoms de ses futurs enfants à l’âge de quinze ans. Certaines ressentent depuis toujours l’envie d’être mère. Est-ce que l’instant maternel se révèle chez toutes les femmes à un moment de leur vie ?

J’étais presque fière, je me sentais féministe de dire que je ne ressentais pas ce besoin d’être mère à tout prix. Et puis un jour, une révélation, quasiment du jour au lendemain… Je l’ai rencontré l’élu, The One, l’homme que j’attendais pour partager ma vie, le Grand Amour 😉

Et bam ! L’Amour s’est présenté avec un invité surprise : l’Envie de porter son bébé, notre bébé… Une évidence, se projeter vers un avenir à deux et pourquoi pas à trois ou plus ?!

Nous sommes au tout début de l’été 2016, l’envie est là mais nous patientons, nous venons juste de nous installer ensemble, après quelques mois seulement d’amour à distance : lui en Lorraine, moi en région parisienne. Et puis il y a les enfants nés d’un précédent mariage avec lesquels il faut composer, leur faire une place dans notre quotidien, même à temps partiel. Bref, nous prenons le temps d’ajuster les petites et grandes choses du quotidien.

Jusqu’à la visite de contrôle chez la gynécologue qui m’annonce que mon stérilet n’est pas en place et ne fait donc plus son job de contraceptif, il faut donc l’enlever pour en remettre un lors d’un prochain rendez-vous. « À moins que vous ne souhaitiez avoir un bébé… » Nous sommes fin juin 2017, Chéri m’écoute silenciensement à mon retour à la maison, puis il saisit l’ordonnance d’un nouveau stérilet et le jette à la pouvelle. Sourires échangés, projet bébé : top départ !