Récit d’accouchement déclenché (pour macrosomie et diabète gestationnel) réalisé physiologiquement et sans péridurale

Je suis rentrée comme prévu à la maternité vendredi 30/04/2021 à 8h30. Le premier déclenchement au propess (posé le vendredi à 10h00) n’a pas lancé de véritables contractions, le col était ouvert à 1 bon doigt et c’était encore le cas au bout des 24h d’effet du propess. A peine ai-je davantage contracté la nuit, mais sans que ça se lance pour de bon, malgré 13 contractions ressenties entre 1h et 2h du matin dans la nuit de vendredi à samedi.

Le samedi matin, on recommence : monito et tensiomètre 1h puis toucher vaginal. Col toujours à 1, donc on enlève le 1er propess, on en pose un autre et on refait un monito d’une heure pour vérifier que bébé supporte bien… Ces monito hyper longs 2-3 fois par jour c’était très inconfortable et pénible… On me libère pour déjeuner et on me dit d’aller marcher dans l’enceinte de la maternité pour lancer le travail. Mais je me sentais fatiguée et mon mari avait prévu de venir vers 16 heures. Je me dis que les plus « grosses » contractions ressenties la veille ont eu lieu pendant la nuit, je repense aux effets de l’obscurité sur les hormones et décide de faire une sieste volet baissé entre 13h45 et l’arrivée de mon mari. Je dors très profondément malgré une ou deux pauses pipi. Au dernier réveil pipi, je me sens très ankylosée, je sens que mon corps est différent et je contracte un peu plus fort que la veille, je prends même des poses à 4 pattes pour bien me détendre et souffler. Il est 15h45.

Quand mon mari m’annonce qu’il est en chemin, je lui dis de se préparer psychologiquement car je pense que le travail est lancé. Il arrive vers 16h15 et la sage-femme dbarque juste après pour me proposer un monito de contrôle. Je lui dis que ça tombe bien car je pense que c’est lancé. Elle me voit debout, souriante et détendue, elle ne me croit pas.
Contrairement aux autres sages-femmes de la veille, elle refuse que mon mari vienne au monito + examen de vérif du col. (Je la trouve vieux jeu et désagréable depuis le matin, ça se confirme !) Au début du monito, quelques contractions régulières que j’estime à 6 sur l’échelle de la douleur. Elle me dit que je ne dois pas sous-évaluer la douleur. Je lui explique que pour avoir morflé au réveil d’une ponction ovocytaire avec hyperstimulation avec des douleurs à 10, je maintiens mon 6. Elle me laisse en monito un quart d’heure mais je la sonne assez vite pour lui dire qu’on est passé à 8 et que je ne tiens plus immobile en monito. Je demande la salle nature, elle est dispo. Elle me dit ok on fait un toucher et je vous laisse y aller. J’ai le sentiment de perdre du liquide et je lui dis. Elle fait un toucher, toujours à 1, et au moment d’enlever sa main je perce la poche des eaux qui devait en effet avoir fissuré juste avant ! Il est 17h50.

Je reviens donc dans ma chambre où mon mari attendait et je lui dis entre deux contractions et en tenant un pan de tissu donné par la sage-femme en guise de pagne que je viens de rompre la poche, que je suis en travail et qu’on va en salle nature. Il lui faudra une petite demi-heure pour réaliser et se mettre dedans (tout ça parce qu’il a été tenu à l’écart du monito…).
En salle nature, je n’ai donc pas droit au bain car rupture de la poche. J’opte pour la position 4 pattes sur le canapé-lit le buste en appui sur un ballon. Ce sera ma position jusqu’au bout. Par moments, entre deux contractions, il m’arrive de me mettre debout et de marcher, soit pour aller faire pipi, soit pour soulager mes genoux. Tout du long, mon mari diffusera de la musique sur son téléphone. Alors que je pensais que ça ne m’aiderait pas en fait si ça m’aide à me détendre entre les contractions, je chante et je danse même parfois. Je réalise aussi que j’ai une à deux contractions par chanson et je me concentre sur le fait qu’elles sont courtes et ne font que passer. Depuis ma position, je regarde le coucher de soleil par la fenêtre.

A 19h la sage-femme nous présente celle qui prend sa suite pour la nuit. Elle lui a transmis notre projet de naissance et la nouvelle sage-femme est bien plus souple. Elle nous explique qu’elle a prévenu ma gynéco (qui est de garde depuis la veille) et qu’elle doit simplement venir contrôler régulièrement ma tension et ma glycémie et faire des monito et des touchers. Je dis ok sur le principe mais en précisant que je gère tout à 4 pattes donc que je redoute l’immobilité imposée pour les monito et les prises de tensions. Pour les touchers, je suis ok à condition qu’elle annonce l’ouverture du col à mon mari qui lui décidera de ce qu’il me dira en fonction de ce que j’ai besoin d’entendre pour rester positive. Tout le long, elle me fera donc un toucher puis sortira avec mon mari lui donner le résultat dans le couloir. Au final, la plupart des touchers je les réclamerai moi même en fonction de mes ressentis mais tous les chiffres me seront annoncés par mon mari. En revanche, les monito et tensions me seront très désagréables et inconfortables et perturberont de plus en plus ma concentration.
On me demande aussi de vérifier deux fois mon taux de sucre car diabète gestationnel. Je refuse de dîner et laisse mon dîner à mon mari mais je gère en buvant de l’eau et en grignotant des morceaux de barres énergétiques.

18h : entrée en salle nature, poche rompue, col à 1 doigt. (J’aurai encore quelques pertes de liquide sur les grosses contractions jusqu’à 4 cm mais après c’était « sec »)
20h : col à 2 doigts
22h : col à 3 doigts
23h : col à 4 cm – la sage-femme est ravie de la progression donc mon mari est content de me le dire mais ça me décourage car je commence à fatiguer et je redoute que ce soit encore long

23h40 : ça commence à pousser malgré moi, chaque contraction se termine par une sorte de convulsion de mon bassin qui me fait crier et pousser alors que jusqu’à présent je gérais en faisant des Oooooohhh – la sage-femme me dit de la prévenir quand ça pousse vers les fesses.
Je la rappelle deux fois de suite à quelques minutes d’intervalle car je ne gère plus rien, ça s’est intensifié et ça pousse d’abord au milieu puis vraiment plus près des fesses – je ne suis qu’à 6 cm mais elle trouve que ça s’accélère beaucoup donc elle décide de nous emmener en salle d’accouchement pour poser un cathéter (je suis ok tant qu’il est bouché) et pour faire un monito, je lui dis que je ne vais pas supporter le monito, je suis en phase de désespérance à ce moment-là et j’exprime ma fatigue et mon envie d’accoucher tout en flippant de n’être qu’à 6 cm alors que je n’en peux plus. Je dis cependant à mon mari que je sais que la péridurale ne fera que rallonger l’accouchement et comme je veux que ça se termine vite je sais que ce n’est pas la solution. Il gère très bien de me voir dans cet état et m’aide beaucoup par ses encouragements et ses massages du sacrum avec Néobulle (huiles essentielles pour accouchement), ça ne doit pas être évident surtout quand moi même je commence à craquer de voir mon corps faire des choses que je ne contrôle plus et ce de plus en plus vite…

On arrive vers minuit en salle d’accouchement, je crie carrément à chaque contraction et c’est bestial, je me remets à 4 pattes à chaque fois et peu importe qu’on essaie de me poser le cathéter ou qu’on veuille me monitorer, c’est ingérable autrement et en plus je dis que j’en peux plus que je veux que ça finisse, phase de désespérance tout à fait consciente mais difficile à vivre…
La sage-femme quitte la salle pour aller chercher la gynéco et la puéricultrice. Quand elles reviennent je pousse toujours malgré moi avec des convulsions involontaires et des hurlements tout aussi incontrôlés. (J’aurai mal à la gorge le lendemain ! Et mon mari finira par me dire que tout l’étage a dû m’entendre et que c’était en effet bestial ^^) La gynéco me redit comme la sage-femme : « vous poussez mais votre col n’est pas complètement ouvert donc vous risquez de l’abîmer, il ne faut pas pousser sur votre col » entre deux contractions/hurlements je réponds que c’est mon corps qui pousse j’y peux rien (et je pense très fort « dém*****-vous avec ça j’y peux rien moi !! ». Elles me demandent de me mettre en position gynéco. Et alors que je trouvais ça inconcevable jusque là car je faisais tout à 4 pattes et que j’étais donc à 4 pattes sur la table d’accouchement cramponnée au dossier à hurler comme un animal, je sens que mon mental est de retour et que la position gynéco c’est la meilleure position pour accoucher. Je dis même ok aux étriers et je les presse de redresser encore davantage le dossier. La gynéco me dit d’y aller mollo car elle doit mettre ses gants et préparer ce qu’il faut, mais elles font tout très vite et voici une contraction. Je la gère à ma façon en soufflant et en m’arc-boutant. La gynéco me dit « non, cramponnez vos cuisses, bloquez votre respiration et poussez en bas sans souffler, et gardez vos fesses collées à la table ». Tout le monde rigole car je secoue la tête en semblant dire que ça va pas être possible mais en fait j’essaie de retenir toutes les consignes. Elle me dit qu’à la prochaine contraction elle mettra la main pour repousser la partie du col qui gêne encore bébé. Je dis ok, elle le fait et ça fait mal mais j’ai envie que ça avance.

Contraction suivante, je tente de suivre les consignes et après la première poussée je pars un peu dans les vapes. Mon mari me racontera par la suite qu’elles ont eu peur de me perdre et en effet ce sont leurs cris qui m’appellent qui me font revenir et je réalise que j’étais partie (sensation super étrange d’avoir quitté mon corps et le lieu quelques instants puis de revenir en plein accouchement !). Ensuite j’arrive à pousser 2 fois puis 3 fois sur chaque contraction et la gynéco m’explique et me coache au fur et à mesure. Elle m’explique notamment que si je ne pousse qu’une fois par contraction bébé remontera après chaque poussée car c’est un premier bébé donc il ne faut pas lâcher tant que je peux pousser pour qu’il sorte pour de bon et vite. Je sens tout mon visage se congestionner, je me sens bien entourée, tout le monde m’encourage (sage-femme, gynéco, puer et mon mari). Je me dépasse totalement, merci le retour du mental et des bonnes hormones après la phase de désespérance !! Je sens bébé sortir et même précisément où il me déchire. (Au final très peu de points, mais une petite artère qui gicle donc recousue à vif mais c’est rien du tout car boostée par l’arrivée de bébé. On rigole même avec la gynéco pendant qu’elle me recoud et pendant la délivrance du placenta). Je poussais les yeux fermés mais elle m’a dit « ouvrez les yeux et prenez votre bébé il est là » j’ai pu le hisser sur mon ventre et j’étais très présente je répétais « oh j’ai réussi j’ai réussi en regardant tout le monde et surtout mon mari et je pleurais pas j’étais super joyeuse (bon là en écrivant par contre je verse ma larme !) et j’ai la présence d’esprit de rappeler qu’on attend pour couper le cordon et que c’est au papa de le faire s’il est ok.

Mathias est né sans péri et sans aucune injection à 0h47 le 2 mai, il mesure 51 cm pour 3,840 kg. Donc l’estimation était juste et le déclenchement était indiqué. Je ne saurai que le lendemain par la gynéco que les épaules sont restées coincées 10 secondes et qu’elle a eu peur donc elle a mis les mains pour aider. Je n’ai pas senti et j’ai validé avec elle qu’on avait bien fait de la suivre sur le déclenchement. Plusieurs personnes de l’équipe sont revenues me féliciter le lendemain pour avoir tenu mon projet sans péri. Ce fut assez rapide pour un premier bébé (9 heures de travail) et en plus un beau gabarit.

Papa a eu bébé 30 minutes dans les bras le temps des sutures et de la délivrance puis j’ai eu mes 2 heures de peau à peau. Papa a fait de superbes photos pendant l’accouchement dont une au moment où on me redonne bébé 7 minutes après l’expulsion et sur laquelle on voit les mains de la puer, la sage-femme debout à côté de la gynéco qui me recoud (photo très symbolique du travail d’équipe et de la belle ambiance dont on se rappellera longtemps). Papa a ensuite dû transférer nos affaires de la chambre d’hospitalisation à temps partiel à la chambre secteur mère-enfant. Moi, pendant le peau à peau, j’ai fait la tétée d’accueil c’était magique. J’ai demandé très vite après la naissance qu’on me fasse porter un repas chaud car j’avais très faim. J’ai mangé dans la salle d’accouchement avec bébé sous les yeux dans son lit. L’adrénaline est retombée plus vite pour Papa qui était fatigué et affamé aussi donc il est rentré et c’était bien mérité !
A 3h, la puer m’a poussée en fauteuil roulant jusqu’à ma chambre avec bébé dans les bras. Elle nous a bordés tous les deux ! Adorable !
Ensuite l’infirmière de néonat de l’unité kangourou est venue se présenter et me parler de la surveillance de la glycémie de bébé suite à mon diabète gestationnel. Bébé avait un peu trop froid donc on m’a proposé de refaire une heure de peau à peau, j’ai accepté puis biberon. J’ai pu dormir vers 5h00 mais avec pour consigne de nourrir bébé toutes les 3 heures impérativement avec contrôle glycémie une fois sur 2 donc présence de l’infirmière de néonat. J’avais aussi mon propre suivi par les sages-femmes et au bout de 24h on est passé à un biberon toutes les 4 heures et une glycémie toutes les 12h pour bébé. Peu de repos entrecoupé de nombreux passages de tous types de soignants et autres (portage repas, femme de ménage, changer les draps). Mais nous allons bien et sortons le mercredi 5 mai.

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3 commentaires sur “Récit d’accouchement déclenché (pour macrosomie et diabète gestationnel) réalisé physiologiquement et sans péridurale

  1. félicitation et bienvenue petit bout chou. encore bravo sans péri… chapeau bas; en lisant ton récit je n’ai pas pu m’empêcher de repenser au mien et je me revoyais souffrir par rapport au contraction. mais franchement j’ai adorer les mots de mon homme pour m’encourager…et ça c’est juste trop bien. encore bravo

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