TEC 2 – Reprise or not reprise ?

Lorsque j’écrivais mon dernier article, le 14 mai dernier, la reprise de la PMA en France venait d’être annoncée par l’Agence de biomédecine. Il ne restait aux Agences régionales de santé qu’une toute petite étape à franchir, celle d’officialiser le reprise dans chaque région pour que les centres d’AMP puissent rouvrir.

Notre centre d’AMP nous a indiqué que l’ARS Grand Est donnait son feu vert le 29 mai. Au lendemain du discours du Premier Ministre qui nous annonçait que le Grand Est passait enfin en vert tout comme l’Île de France. Soit quinze jours après les recommandations de l’Agence de biomédecine et l’accord officieux immédiat de l’ARS d’Île de France.

Mon cycle a démarré le 28 mai, suivant un timing idéal vis-à-vis des actualités. Je me sentais chanceuse, à quelques jours près j’aurais très bien pu perdre encore un cycle sans protocole, comme tant d’autres… Après avoir laissé un message à ma gynécologue auquel sa secrétaire a répondu positivement, j’ai démarré les injections de gonal-f le 31 mai au soir avec le même dosage que pour le TEC 1 (37,5 UI).

J12, je suis scrupuleusement l’ordonnance, c’est la première échographie de contrôle. Sans mon mari dans la salle d’attente, mais avec un masque, règles sanitaires obligent ! « C’est un bel endomètre » me dit la technicienne. Il fait 8,5 mm en triple couche. Comme d’habitude j’ai une vingtaine de follicules par ovaire, ils font jusqu’à 9 mm côté droit et jusqu’à 8 mm côté gauche. Je passe déposer le compte-rendu sur le bureau de la secrétaire de ma gynécologue, je ne croise personne car les assistantes sont encore en télétravail. Je rentre à la maison.

Vers 13h30, appel de la gynéco. Je sais que c’est elle car elle appelle toujours depuis son portable en masqué pour me donner les consignes. Mais cette fois-ci, ce n’est pas la conversation habituelle… Elle me pose les questions du protocole sanitaire covid-19 : hypertension, diabète, taille, poids, etc. Et là je comprends immédiatement où elle va en venir, mon sang ne fait qu’un tour. Oui je fais 1,69 m pour 95 kg, oui mon IMC est bien supérieur à 30. Et je sais que, parmi les préconisations de l’Agence de biomédecine, il est fait mention que les patientes obèses présentent un risque accru de complications au troisième trimestre de grossesse en cas d’infection par le covid. C’est une gynécologue bouleversée, dont je reconnais à peine la voix, qui m’annonce qu’elle a interdiction formelle de me faire un transfert d’embryon en raison de mon IMC… Interdiction ? Elle me dit qu’elle a réalisé en voyant mon échographie sur le bureau ce matin qu’elle ne m’avait pas fait passer l’épreuve du questionnaire. Tellement débordée, elle avait omis de me rappeler, laissant sa secrétaire me dire que je pouvais débuter les injections…

Elle me dit que j’ai le droit d’être en colère, de m’effondrer, de hurler, de pleurer. Mais non, rien de tout ça ne vient, elle est plus bouleversée que moi. Elle me raconte que ça fait des jours qu’elle doit faire face aux réactions violentes des patientes déçues, frustrées et en colère, qui déversent sur elle, le messager, toutes leurs émotions. Moi je me dis que cette décision, elle ne fait que l’appliquer, que son métier c’est d’aider un maximum de patientes, de couples, à fonder une famille. C’est l’Agence de biomédecine qui prend des tas de précautions pour se couvrir vis-à-vis des patientes obèses qui tomberaient enceintes grâce à l’AMP et seraient susceptibles de se retourner contre eux ou contre les centres d’AMP en cas de graves complications. Ma gynécologue se contente d’être le messager de ces mauvaises nouvelles… !

Aucune dérogation, aucune décharge, aucune date butoir ! Les femmes obèses en PMA doivent attendre le bon vouloir de l’Agence de biomédecine et des ARS. Pendant ce temps, toute femme fertile, obèse ou non, peut procréer à sa guise. Personne ne vient lui interdire sous prétexte qu’elle sera particulièrement vulnérable de par son obésité vis-à-vis d’une possible infection au covid-19. Non. On lui laisse faire ses choix à la femme fertile, mais on infantilise la femme infertile en choisissant pour elle. Sur quelle base statistique ? Ma gynécologue me dit qu’elle n’a eu qu’une seule patiente avec complications depuis l’apparition du covid-19. De très rares études existent, qui ne disent pas grand-chose car on manque encore de recul sur la récente pandémie.

A titre personnel, j’ai donc commencé un protocole de stimulation « à tort » car il ne saurait mener à un transfert. Ceci dit, j’ai droit à cette stimulation et au suivi par ma gynécologue. Elle me dit que mes chances de tomber enceinte en ayant des rapports au bon moment suite à cette stimulation sont quasi nulles puisque les stimulations simples et l’unique insémination menée à son terme n’ont rien donné. Je peux donc logiquement arrêter le traitement et attendre que l’Agence de biomédecine retire cette stupide interdiction ou bien faire en sorte de ne plus être obèse (ce qui ne se fait pas du jour au lendemain quand on est SOPK sous protocole AMP !!). Quand pourrais-je espérer un transfert ? Nul ne sait. Aucune solution ne me paraissait convenir au problème. Le gonal-f attendait toujours sagement au réfrigérateur et arrêter me semblait contre-nature.

Un petit tour sur le forum fiv.fr m’a permis d’échanger sur ma situation avec mes copines PMettes. Les réseaux sociaux semblaient annoncer un assouplissement des recommandations de l’Agence de biomédecine dans les prochains jours, on m’encourageait à continuer le protocole. J’ai donc continué les injections et les échographies. A la veille de mon transfert, j’ai fait ma prise de sang, jouant le jeu jusqu’au bout… Et pourtant, toujours pas de nouvelles officielles, ma gynécologue me dit qu’il n’y aura donc pas de transfert. Un cycle de traitement, un cycle d’espoir foutu en l’air, sans même la chance d’essayer. Allez, je connaissais les risques, on m’avait annoncé dès la première écho qu’il n’y aurait probablement pas de transfert. C’était notre choix de tenter malgré tout notre chance, acceptons la défaite.

Le jour même de mon transfert, en fin de journée, de nouvelles recommandations sont tombées, à peine nuancées certes, mais en léger progrès tout de même. Oui, l’ironie voulait que ces recommandations tombent 24 heures trop tard. Désormais la responsabilité de décider si telle ou telle patiente en obésité serait ou non prise en charge reposera sur une concertation des staff des centres d’AMP. Nouvel espoir même si ce sera pour le prochain cycle. J’appellerai donc mon centre dès l’arrivée de mes règles pour essayer de programmer fin juillet le TEC 2 tant attendu…

IMC

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5 commentaires sur “TEC 2 – Reprise or not reprise ?

    1. J’ai fait la totale : ovitrelle, provames, progestan, spasfon comme si j’avais eu un transfert et j’ai fait des tests de grossesse à dpo 9-12-14 puis j’ai tout arrêté pour faire venir mes règles

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