(FIV 1 – étape 5 bis) TEC 1 : enfin le premier transfert d’embryon congelé !

Le 8 février les règles sont apparues et avec elle un nouveau cycle plein d’espoir. Et de craintes aussi, après toutes ces annulations, que mon endomètre ait vraiment un souci. C’est donc dans un état d’esprit mitigé que j’ai démarré les injections de gonal-f le quatrième jour du cycle avec un dosage de 37,5 UI. On a diminué les doses pour ne pas trop booster mon endomètre.

A J12, première écho + doppler. On compte une bonne vingtaine de follicules inférieurs ou égaux à 8 mm du côté droit et une douzaine de même taille du côté gauche. L’endomètre mesure 8,6 mm. C’est plutôt pas mal car l’endomètre et les follicules démarrent au même niveau. Pour mémoire au dernier cycle, deux jours plus tôt mon endomètre était déjà à 11,4 mm. Nous repartons donc avec le sourire. Dans la journée, j’écoute sur ma boîte vocale le message de la remplaçante de ma gynéco (qui a pris quelques jours de congés), elle me dit d’augmenter le dosage du gonal-f de 37,5 à 50 UI et de refaire une écho 5 jours plus tard, au retour de ma gynéco. Quelques heures plus tard, le doute s’installe… Je connais la remplaçante car c’est elle qui avait fait notre insémination il y a un an, on l’avait trouvée souriante et positive et notre gynéco semble l’apprécier. Oui mais… si le dosage qu’elle m’indique me semble cohérent avec les progressions habituelles, attendre cinq jours entre deux écho de contrôle c’est énorme. D’habitude, j’ai un contrôle tous les 2-3 jours pour pouvoir adapter le dosage. Je me mets à craindre que l’endomètre et les follicules progressent bien grâce au nouveau dosage et que dans cinq jours la gynéco me dise que l’ovulation est passée et que le transfert est annulé. Encore ! J’en discute avec mon mari et avec mes amies, je pèse le pour et le contre… Non décidément je préférerais faire une écho intermédiaire.

Je prends donc une décision sans contacter la remplaçante : je prends rendez-vous pour une écho à J15 et je me rends au service imagerie médicale où je présente comme d’habitude mon ordonnance ouverte servant pour toutes les écho du cycle stimulé. On compte cette fois une trentaine de follicules inférieurs ou égaux à 8 mm du côté droit et 25 follicules inférieurs ou égaux à 8 mm + un follicule de 12 mm du côté gauche. L’endomètre mesure 10,6 mm. C’est pas mal du tout, un follicule dominant à gauche et l’endomètre est toujours raisonnable dans sa progression. Me voilà rassurée. Je ne dépose pas mon écho au secrétariat de la gynéco puisque je ne suis pas censée avoir refait une écho. Nous repartons en douce de la clinique. Et là je prends une nouvelle décision toute seule, j’augmente le dosage du gonal-f de 50 à 75 UI sur le modèle de mon dernier cycle.

J17, nouvelle écho de contrôle. Toujours les 30 petits follicules à droite et la vingtaine de petits à gauche. Le follicule dominant à gauche atteint les 14 mm. C’est pas mal ! Sauf que mon endomètre mesure 15,5 mm… Le mois dernier, la gynéco nous avait dit qu’avec un endomètre supérieur à 15 mm, pas de transfert. Bref c’est tendus que nous nous dirigeons vers le cabinet de la gynéco pour connaître son avis. Elle est revenue de congés et nous reçoit dans son bureau. Aucune question sur l’enchaînement de mes échos, je n’ai pas eu besoin de me justifier. J’avoue que c’est un soulagement, je craignais tout de même de me faire réprimander et de devoir justifier cette initiative unilatérale prise sans avis médical ! Elle décide que l’endomètre et le follicule dominant ne sont pas trop mal et nous annonce que je peux déclencher mon ovulation par une injection d’ovitrelle le soir même.

Mon ovulation a lieu à J19, je démarre les ovules de progestan par voie vaginale. C’est vraiment dégueu à cause des pertes blanches causées par l’enveloppe de l’ovule quand il fond. Toilettes intimes très régulièrement pour rester à peu près présentable pour Chéri. Les câlins sont conseillés jusqu’à la veille du transfert pour tenter un éventuel bébé couette grâce à l’ovulation et aussi parce que c’est censé favoriser l’implantation lors du transfert d’embryon. Nous jonglons donc avec les horaires de prise du progestan pour faire un maximum de câlins. Je vous avoue que c’est aussi réconfortant et apaisant pour moi de me sentir femme dans les bras de mon homme quand je suis débordante d’hormones explosives et stressée par le protocole. Il a bien du mérite de réussir à me gérer dans ces moments délicats car je le sais aussi stressé que moi par les résultats des écho bien qu’il ne le montre pas trop. Le lendemain de l’ovulation,  je démarre la prise de provames et d’aspégic nourrisson.

A J22, nouvelle écho et prise de sang pour valider ou non le transfert 2 jours plus tard. Tout va dépendre de la taille de mon endomètre, le stress me fait grimper aux rideaux. La technicienne prend un temps fou à faire une mesure correcte de l’endomètre, je suis à deux doigts de perdre patience… Verdict : endomètre à 15,5 mm. Présence d’un corps jaune dans l’ovaire gauche donc j’ai bien ovulé à gauche. Ovaire droit inchangé. Je ne sais sur quel pied danser, 15,5 mm c’est au-dessus des 15 mm préconisés comme limite à ne pas dépasser pour faire un transfert. La gynéco décide tout de même de valider le transfert. Je me dis qu’elle en a aussi marre que nous de devoir nous annoncer des annulations et reports. Elle a envie d’y croire et je vois dans les yeux de Chéri qu’il prend cette annonce comme un très bon présage. Moi j’ai hâte de quitter la clinique pour pouvoir soulager toute cette tension accumulée et me laisser aller dans les bras de mon homme. Enfin nous avons le feu vert, transfert prévu le lundi 2 mars !

Le lundi 2 mars, J24, nous devons être prêts à partir de notre domicile à 8h30. Je dois guetter l’appel téléphonique de la biologiste suite à la décongélation de notre embryon pour connaître l’heure du transfert et je dois prendre du spasfon une heure avant le transfert. Et venir à la clinique la vessie pleine. La biologiste nous appelle peu avant 9 heures, la décongélation s’est bien déroulée, le transfert est prévu pour 10 heures mais nous devons venir en avance pour faire les étiquettes. Yes ! C’est parti !

Arrivée à la clinique la vessie pleine. L’accès côté imagerie médicale et PMA est fermé (pour cause de coronavirus peut-être ?) nous revenons sur nos pas et entrons par l’accueil de la clinique. On nous arrête pour demander ce qu’on vient faire, je réponds et on nous laisse passer. Arrivés en PMA, nous attendons qu’on nous prenne en charge, une personne avant nous. Toujours la vessie pleine, j’apprends de la bouche de la biologiste que les étiquettes devaient être faites auprès des admissions donc à l’accueil de la clinique. Vous imaginez tous les pas et le temps perdu alors que je ne pense qu’à une chose : faire pipi ! Trop bien organisé leur truc, elle ne pouvait pas se montrer plus claire au téléphone ?! Enfin nous voilà avec nos étiquettes, on nous montre la photo de notre embryon !! Wahou !! C’est pour de vrai cette fois-ci ! Je dis à Chéri que c’est dommage qu’on ne puisse pas en avoir un exemplaire, il demande à la secrétaire si on peut prendre une photo pour l’album du bébé… Il est mon héros pour la vie !!

On nous fait entrer dans la salle où aura lieu le transfert. On la connaît car c’était le lieu de notre insémination un an plus tôt. On attend la gynéco et je ne sais pas si je dois déjà me déshabiller et m’installer ou non. J’ai terriblement envie de faire pipi, je suis au bord de craquer nerveusement car j’ai mal au ventre à force d’attendre… Enfin la voilà, elle attend encore le technicien et l’échographe portable. Je m’installe pendant qu’elle ouvre la petite trappe donnant sur le labo pour confirmer nos identités pour que l’embryon soit préparé. L’étrier droite est cassé, c’était déjà la galère il y a un an, c’est dingue ce truc ! Bref, la gynéco demande à mon mari de me tenir la jambe droite. Il est donc debout entre la gynéco et le technicien qui me fait l’écho. La pièce est exiguë, la gynéco plaisante au sujet de mes chaussettes qui ne sont pas super fun, contrairement à ses autres patientes du moment. Je n’ai pas envie de rire, j’ai envie de faire pipiiiiii bon sang ! Mais je souris parce qu’elle sait y faire et parce qu’elle demande à Chéri s’il accepterait qu’elle l’embauche pour tenir les jambes droites des patientes et qu’il est tellement à l’ouest qu’il répond oui. Pardon Chéri, tu es prêt à voir combien d’autres femmes nues en position gynéco ? hein ?! à l’ouest je vous dis… ! Spéculum d’un côté, sonde écho sur le ventre de l’autre, pincement aïe, pression sur la vessie ouïe, et soudain apparaît à l’écho dans mon utérus un point lumineux : notre embryon ! Le technicien nous imprime une photo souvenir, c’est trop mignon. Je reste allongée quelques minutes interminables de plus le temps que le technicien s’en aille et que la gynéco nous imprime les ordonnances de prises de sang et les consignes post-transfert. Puis je cours faire pipi !

Nous rentrons ravis et gaga avec nos photos souvenirs en priant pour que le miracle se produise dès le premier transfert. Pas de rapport sexuel pendant trois jours et je continue le traitement : progestan, provames, aspégic nourrisson et spasfon. Evidemment, en bonne testeuse compulsive, je fais un stock de tests de grossesse. En vérité, j’ai peur de trop y croire, de m’emballer et de tomber de haut et je sais que l’optimisme de Chéri est tel qu’il tomberait de haut lui aussi. Les effets secondaires du traitement imitent à la perfection un début de grossesse, comme d’habitude. Je teste à J27 (3 jours après le transfert de notre embryon âgé de 5 jours) puis de J29 à J33. Tous les tests ressortent d’un blanc immaculé, négatifs. Peu à peu, nous nous préparons à la perspective d’un deuxième TEC. La prise de sang le 14 mars ne nous détrompe pas, le miracle dès le premier transfert ce n’est pas pour nous. Mais nous relativisons car nous avons encore quatre embryons de bonne qualité qui nous attendent, quatre possibilités d’accroche, quatre possibilités d’avoir ce bébé tant désiré…

Un cycle de pause nous attend avant de reprendre la stimulation. Si le TEC 2 ne prend pas, nous pourrons enchaîner de suite sur un autre cycle stimulé car le rythme c’est deux cycles de protocoles puis un cycle de pause puis deux cycles de protocoles, etc. Entre temps, la pandémie du coronavirus covid-19 a entraîné la suspension de tous les protocoles non urgents et donc l’arrêt de la PMA jusqu’à nouvel ordre. Pour écrire mon prochain article, il me faudra donc patienter un temps indéterminé. La PMA nous enseigne la patience, nous profiterons donc de cette période particulière pour perdre du poids et prendre soin de notre santé. Faites attention à vous et restez chez vous.

 

 

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7 commentaires sur “(FIV 1 – étape 5 bis) TEC 1 : enfin le premier transfert d’embryon congelé !

  1. Hello ! je trouve ça étrange que tu as des injections de gonal F pour un TEC ! j’avais l’impression que pour les TEC en général sur la blogosphère on avait toutes des œstrogènes en patch (type vivelledot) ou en comprimés (type provames). On en apprend tous les jours ! A moins que ce soit pour une raison particulière que tu doives prendre du Gonal F ?

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    1. Hello ! Bienvenue sur mon blog 😊 merci de me lire. J’ai du gonal jusqu’au déclenchement pour obtenir un ou des follicules matures et c’est toujours du gonal (depuis qu’on a dépassé les dosages compatibles avec le comid). Ma gygy ne m’a jamais proposé autre chose, je ne sais pas… j’ai aussi du provames à partir du jour qui suit l’ovulation

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      1. Y’a des patchs de 50 et 75 il me semble. Perso j’ai du en mettre 2 pour avoir une dose de 150 µg d’œstrogène, pendant les 20 jours précédents le TEC d’un embryon J5 (et à continuer jusqu’à la prise de sang ou 3 mois si positif, + progestérone à compter de J15)
        Ah oui c’est peut-être le SPK qui explique ! Après on est pas médecin (juste un peu plus calé sur le sujet que la moyenne des gens à force ^^), on s’étonne juste quand y’a des protocoles différents, mais je trouve ça intéressant de pouvoir comparer 🙂

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      2. Ah d’accord je ne savais pas. Dans ce cas, non ce n’est pas une question de dosage. Ou alors les patch c’est pas conseillé si on est en surpoids… ce qui est mon cas

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      3. ça m’a intrigué, du coup j’ai un peu regarder sur le net, ça semble vraiment être une préférence selon les centres, effectivement certains prescrivent plutôt ton protocole !

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