Récit d’accouchement déclenché (pour macrosomie et diabète gestationnel) réalisé physiologiquement et sans péridurale

Je suis rentrée comme prévu à la maternité vendredi 30/04/2021 à 8h30. Le premier déclenchement au propess (posé le vendredi à 10h00) n’a pas lancé de véritables contractions, le col était ouvert à 1 bon doigt et c’était encore le cas au bout des 24h d’effet du propess. A peine ai-je davantage contracté la nuit, mais sans que ça se lance pour de bon, malgré 13 contractions ressenties entre 1h et 2h du matin dans la nuit de vendredi à samedi.

Le samedi matin, on recommence : monito et tensiomètre 1h puis toucher vaginal. Col toujours à 1, donc on enlève le 1er propess, on en pose un autre et on refait un monito d’une heure pour vérifier que bébé supporte bien… Ces monito hyper longs 2-3 fois par jour c’était très inconfortable et pénible… On me libère pour déjeuner et on me dit d’aller marcher dans l’enceinte de la maternité pour lancer le travail. Mais je me sentais fatiguée et mon mari avait prévu de venir vers 16 heures. Je me dis que les plus « grosses » contractions ressenties la veille ont eu lieu pendant la nuit, je repense aux effets de l’obscurité sur les hormones et décide de faire une sieste volet baissé entre 13h45 et l’arrivée de mon mari. Je dors très profondément malgré une ou deux pauses pipi. Au dernier réveil pipi, je me sens très ankylosée, je sens que mon corps est différent et je contracte un peu plus fort que la veille, je prends même des poses à 4 pattes pour bien me détendre et souffler. Il est 15h45.

Quand mon mari m’annonce qu’il est en chemin, je lui dis de se préparer psychologiquement car je pense que le travail est lancé. Il arrive vers 16h15 et la sage-femme dbarque juste après pour me proposer un monito de contrôle. Je lui dis que ça tombe bien car je pense que c’est lancé. Elle me voit debout, souriante et détendue, elle ne me croit pas.
Contrairement aux autres sages-femmes de la veille, elle refuse que mon mari vienne au monito + examen de vérif du col. (Je la trouve vieux jeu et désagréable depuis le matin, ça se confirme !) Au début du monito, quelques contractions régulières que j’estime à 6 sur l’échelle de la douleur. Elle me dit que je ne dois pas sous-évaluer la douleur. Je lui explique que pour avoir morflé au réveil d’une ponction ovocytaire avec hyperstimulation avec des douleurs à 10, je maintiens mon 6. Elle me laisse en monito un quart d’heure mais je la sonne assez vite pour lui dire qu’on est passé à 8 et que je ne tiens plus immobile en monito. Je demande la salle nature, elle est dispo. Elle me dit ok on fait un toucher et je vous laisse y aller. J’ai le sentiment de perdre du liquide et je lui dis. Elle fait un toucher, toujours à 1, et au moment d’enlever sa main je perce la poche des eaux qui devait en effet avoir fissuré juste avant ! Il est 17h50.

Je reviens donc dans ma chambre où mon mari attendait et je lui dis entre deux contractions et en tenant un pan de tissu donné par la sage-femme en guise de pagne que je viens de rompre la poche, que je suis en travail et qu’on va en salle nature. Il lui faudra une petite demi-heure pour réaliser et se mettre dedans (tout ça parce qu’il a été tenu à l’écart du monito…).
En salle nature, je n’ai donc pas droit au bain car rupture de la poche. J’opte pour la position 4 pattes sur le canapé-lit le buste en appui sur un ballon. Ce sera ma position jusqu’au bout. Par moments, entre deux contractions, il m’arrive de me mettre debout et de marcher, soit pour aller faire pipi, soit pour soulager mes genoux. Tout du long, mon mari diffusera de la musique sur son téléphone. Alors que je pensais que ça ne m’aiderait pas en fait si ça m’aide à me détendre entre les contractions, je chante et je danse même parfois. Je réalise aussi que j’ai une à deux contractions par chanson et je me concentre sur le fait qu’elles sont courtes et ne font que passer. Depuis ma position, je regarde le coucher de soleil par la fenêtre.

A 19h la sage-femme nous présente celle qui prend sa suite pour la nuit. Elle lui a transmis notre projet de naissance et la nouvelle sage-femme est bien plus souple. Elle nous explique qu’elle a prévenu ma gynéco (qui est de garde depuis la veille) et qu’elle doit simplement venir contrôler régulièrement ma tension et ma glycémie et faire des monito et des touchers. Je dis ok sur le principe mais en précisant que je gère tout à 4 pattes donc que je redoute l’immobilité imposée pour les monito et les prises de tensions. Pour les touchers, je suis ok à condition qu’elle annonce l’ouverture du col à mon mari qui lui décidera de ce qu’il me dira en fonction de ce que j’ai besoin d’entendre pour rester positive. Tout le long, elle me fera donc un toucher puis sortira avec mon mari lui donner le résultat dans le couloir. Au final, la plupart des touchers je les réclamerai moi même en fonction de mes ressentis mais tous les chiffres me seront annoncés par mon mari. En revanche, les monito et tensions me seront très désagréables et inconfortables et perturberont de plus en plus ma concentration.
On me demande aussi de vérifier deux fois mon taux de sucre car diabète gestationnel. Je refuse de dîner et laisse mon dîner à mon mari mais je gère en buvant de l’eau et en grignotant des morceaux de barres énergétiques.

18h : entrée en salle nature, poche rompue, col à 1 doigt. (J’aurai encore quelques pertes de liquide sur les grosses contractions jusqu’à 4 cm mais après c’était « sec »)
20h : col à 2 doigts
22h : col à 3 doigts
23h : col à 4 cm – la sage-femme est ravie de la progression donc mon mari est content de me le dire mais ça me décourage car je commence à fatiguer et je redoute que ce soit encore long

23h40 : ça commence à pousser malgré moi, chaque contraction se termine par une sorte de convulsion de mon bassin qui me fait crier et pousser alors que jusqu’à présent je gérais en faisant des Oooooohhh – la sage-femme me dit de la prévenir quand ça pousse vers les fesses.
Je la rappelle deux fois de suite à quelques minutes d’intervalle car je ne gère plus rien, ça s’est intensifié et ça pousse d’abord au milieu puis vraiment plus près des fesses – je ne suis qu’à 6 cm mais elle trouve que ça s’accélère beaucoup donc elle décide de nous emmener en salle d’accouchement pour poser un cathéter (je suis ok tant qu’il est bouché) et pour faire un monito, je lui dis que je ne vais pas supporter le monito, je suis en phase de désespérance à ce moment-là et j’exprime ma fatigue et mon envie d’accoucher tout en flippant de n’être qu’à 6 cm alors que je n’en peux plus. Je dis cependant à mon mari que je sais que la péridurale ne fera que rallonger l’accouchement et comme je veux que ça se termine vite je sais que ce n’est pas la solution. Il gère très bien de me voir dans cet état et m’aide beaucoup par ses encouragements et ses massages du sacrum avec Néobulle (huiles essentielles pour accouchement), ça ne doit pas être évident surtout quand moi même je commence à craquer de voir mon corps faire des choses que je ne contrôle plus et ce de plus en plus vite…

On arrive vers minuit en salle d’accouchement, je crie carrément à chaque contraction et c’est bestial, je me remets à 4 pattes à chaque fois et peu importe qu’on essaie de me poser le cathéter ou qu’on veuille me monitorer, c’est ingérable autrement et en plus je dis que j’en peux plus que je veux que ça finisse, phase de désespérance tout à fait consciente mais difficile à vivre…
La sage-femme quitte la salle pour aller chercher la gynéco et la puéricultrice. Quand elles reviennent je pousse toujours malgré moi avec des convulsions involontaires et des hurlements tout aussi incontrôlés. (J’aurai mal à la gorge le lendemain ! Et mon mari finira par me dire que tout l’étage a dû m’entendre et que c’était en effet bestial ^^) La gynéco me redit comme la sage-femme : « vous poussez mais votre col n’est pas complètement ouvert donc vous risquez de l’abîmer, il ne faut pas pousser sur votre col » entre deux contractions/hurlements je réponds que c’est mon corps qui pousse j’y peux rien (et je pense très fort « dém*****-vous avec ça j’y peux rien moi !! ». Elles me demandent de me mettre en position gynéco. Et alors que je trouvais ça inconcevable jusque là car je faisais tout à 4 pattes et que j’étais donc à 4 pattes sur la table d’accouchement cramponnée au dossier à hurler comme un animal, je sens que mon mental est de retour et que la position gynéco c’est la meilleure position pour accoucher. Je dis même ok aux étriers et je les presse de redresser encore davantage le dossier. La gynéco me dit d’y aller mollo car elle doit mettre ses gants et préparer ce qu’il faut, mais elles font tout très vite et voici une contraction. Je la gère à ma façon en soufflant et en m’arc-boutant. La gynéco me dit « non, cramponnez vos cuisses, bloquez votre respiration et poussez en bas sans souffler, et gardez vos fesses collées à la table ». Tout le monde rigole car je secoue la tête en semblant dire que ça va pas être possible mais en fait j’essaie de retenir toutes les consignes. Elle me dit qu’à la prochaine contraction elle mettra la main pour repousser la partie du col qui gêne encore bébé. Je dis ok, elle le fait et ça fait mal mais j’ai envie que ça avance.

Contraction suivante, je tente de suivre les consignes et après la première poussée je pars un peu dans les vapes. Mon mari me racontera par la suite qu’elles ont eu peur de me perdre et en effet ce sont leurs cris qui m’appellent qui me font revenir et je réalise que j’étais partie (sensation super étrange d’avoir quitté mon corps et le lieu quelques instants puis de revenir en plein accouchement !). Ensuite j’arrive à pousser 2 fois puis 3 fois sur chaque contraction et la gynéco m’explique et me coache au fur et à mesure. Elle m’explique notamment que si je ne pousse qu’une fois par contraction bébé remontera après chaque poussée car c’est un premier bébé donc il ne faut pas lâcher tant que je peux pousser pour qu’il sorte pour de bon et vite. Je sens tout mon visage se congestionner, je me sens bien entourée, tout le monde m’encourage (sage-femme, gynéco, puer et mon mari). Je me dépasse totalement, merci le retour du mental et des bonnes hormones après la phase de désespérance !! Je sens bébé sortir et même précisément où il me déchire. (Au final très peu de points, mais une petite artère qui gicle donc recousue à vif mais c’est rien du tout car boostée par l’arrivée de bébé. On rigole même avec la gynéco pendant qu’elle me recoud et pendant la délivrance du placenta). Je poussais les yeux fermés mais elle m’a dit « ouvrez les yeux et prenez votre bébé il est là » j’ai pu le hisser sur mon ventre et j’étais très présente je répétais « oh j’ai réussi j’ai réussi en regardant tout le monde et surtout mon mari et je pleurais pas j’étais super joyeuse (bon là en écrivant par contre je verse ma larme !) et j’ai la présence d’esprit de rappeler qu’on attend pour couper le cordon et que c’est au papa de le faire s’il est ok.

Mathias est né sans péri et sans aucune injection à 0h47 le 2 mai, il mesure 51 cm pour 3,840 kg. Donc l’estimation était juste et le déclenchement était indiqué. Je ne saurai que le lendemain par la gynéco que les épaules sont restées coincées 10 secondes et qu’elle a eu peur donc elle a mis les mains pour aider. Je n’ai pas senti et j’ai validé avec elle qu’on avait bien fait de la suivre sur le déclenchement. Plusieurs personnes de l’équipe sont revenues me féliciter le lendemain pour avoir tenu mon projet sans péri. Ce fut assez rapide pour un premier bébé (9 heures de travail) et en plus un beau gabarit.

Papa a eu bébé 30 minutes dans les bras le temps des sutures et de la délivrance puis j’ai eu mes 2 heures de peau à peau. Papa a fait de superbes photos pendant l’accouchement dont une au moment où on me redonne bébé 7 minutes après l’expulsion et sur laquelle on voit les mains de la puer, la sage-femme debout à côté de la gynéco qui me recoud (photo très symbolique du travail d’équipe et de la belle ambiance dont on se rappellera longtemps). Papa a ensuite dû transférer nos affaires de la chambre d’hospitalisation à temps partiel à la chambre secteur mère-enfant. Moi, pendant le peau à peau, j’ai fait la tétée d’accueil c’était magique. J’ai demandé très vite après la naissance qu’on me fasse porter un repas chaud car j’avais très faim. J’ai mangé dans la salle d’accouchement avec bébé sous les yeux dans son lit. L’adrénaline est retombée plus vite pour Papa qui était fatigué et affamé aussi donc il est rentré et c’était bien mérité !
A 3h, la puer m’a poussée en fauteuil roulant jusqu’à ma chambre avec bébé dans les bras. Elle nous a bordés tous les deux ! Adorable !
Ensuite l’infirmière de néonat de l’unité kangourou est venue se présenter et me parler de la surveillance de la glycémie de bébé suite à mon diabète gestationnel. Bébé avait un peu trop froid donc on m’a proposé de refaire une heure de peau à peau, j’ai accepté puis biberon. J’ai pu dormir vers 5h00 mais avec pour consigne de nourrir bébé toutes les 3 heures impérativement avec contrôle glycémie une fois sur 2 donc présence de l’infirmière de néonat. J’avais aussi mon propre suivi par les sages-femmes et au bout de 24h on est passé à un biberon toutes les 4 heures et une glycémie toutes les 12h pour bébé. Peu de repos entrecoupé de nombreux passages de tous types de soignants et autres (portage repas, femme de ménage, changer les draps). Mais nous allons bien et sortons le mercredi 5 mai.

Troisième mois de grossesse

Le 14 octobre 2020, début du 3e mois de grossesse. J’ai à présent la possibilité de demander un aménagement du temps de travail autrement dit l’« heure de grossesse ». Je suis fonctionnaire de l’éducation nationale donc je me dis que ce ne sera qu’une formalité d’autant que ma chef de service est très humaine et que je pense possible de faire aussi bien mon travail en partant une heure plus tôt chaque jour. Pour le moment, je tiens le coup donc je décide d’attendre un peu avant de demander à en bénéficier.

J’ai informé ma chef de ma grossesse parce qu’elle parlait régulièrement de trouver une nouvelle gynécologue et les sujets sur la grossesse et l’accouchement revenaient régulièrement dans la conversation lors des déjeuners entre collègues. La nouvelle a été chaleureusement accueillie, j’ai beaucoup de chance.

Où en sont mes symptômes ? Grosse fatigue, nausée quand j’ai faim, envie de manger salé. Mes menus de prédilection ressemblent aux menus préférés des enfants : pâtes burger/frites, cordon bleu/purée… C’est ce qui me fait le plus envie ! J’ai faim plus tôt le soir et j’ai envie de salé à l’heure du goûter, manger sucré m’écœure et/ou me donne des remontées acides. En revanche, les agrumes me paraissent moins acides qu’avant ma grossesse (même si j’ai toujours aimé ça, ils me font encore plus envie). Les ligaments tiraillent au niveau de l’aine et mes seins sont devenus très sensibles. Le 15 octobre, je suis obligée de prendre mon après-midi pour rentrer dormir, je suis trop crevée pour tenir éveillée.

Le 27 octobre, je rencontre ma nouvelle gynéco (suite au refus de suivi de ma gynéco PMA). C’est mon premier rendez-vous prénatal, on fait le point sur mes analyses de sang et d’urine mais elle ne m’examine pas. C’est plus un échange et une première prise de contact. Ma glycémie à jeûn est à 0,99 et enceinte il faudrait être sous la barre des 0,93. Elle me demande donc d’adapter mon régime alimentaire en conséquences. Je lui explique que je suis suivie par une endocrinologue-diabétologue et que je verrai avec elle comment adapter mon alimentation. La gynéco me donne une attestation de grossesse pour mon employeur et rempli avec moi la déclaration de grossesse pour la CAF et la MGEN (je ne suis pas à la CPAM car fonctionnaire de l’éducation nationale). Cette nouvelle gynéco me plaît bien, je suis contente d’être suivie par elle, je trouve qu’elle prend le temps de bien expliquer et de répondre aux questions.

Le 29 octobre, c’est l’échographie du 1er trimestre avec une sage-femme du centre d’imagerie de la maternité. Mon mari a le droit de m’accompagner. C’est un peu lugubre car ce centre d’imagerie c’est là où je venais faire mes échographies de suivi de stimulation… Ce n’est pas vraiment magique et la sage-femme es très concentrée et distante. Elle nous donne cependant de bonnes nouvelles : les mesures sont normales, bébé mesure 6,7 cm de la tête aux fesses. Elle nous dit qu’il est encore trop tôt pour bien voir le sexe, mais nous voyons bien bébé et il/elle donne déjà des coups de pieds ! C’est trop mignon et je prends conscience que c’est bien vrai : j’ai un bébé qui grandit dans mon ventre !! Pour l’instant je ne le sens pas donc c’était assez abstrait encore pour moi.

En retournant travailler, j’échange avec ma chef de service sur la fermeture le soir même des commerces dits « non-essentiels ». Je réalise alors que nous ferions bien d’aller voir physiquement les poussettes et les sièges auto pour faire notre choix. Si on choisit sur Internet, nous ne pourrons pas manipuler l’équipement pour bien choisir… Chéri n’est pas emballé par l’idée de traverser la ville à l’heure des bouchons mais nous allons tout de même chez Aubert où notre choix se porte sur la marque Bébé Confort : ce sera donc poussette Stella, siège auto Pebble + et base 3wayFix !

Le vendredi 30 octobre : deuxième période de confinement. Je continue néanmoins à travailler en présentiel car j’ai mon propre bureau. J’ouvre ma fenêtre en continu depuis que je suis enceinte car je ne supporte pas d’être enfermée (c’est d’ailleurs pareil en voiture). J’adresse ma déclaration de grossesse au service RH, à la CAF et à la MGEN.

Le 3 novembre, j’ai rendez-vous avec la diabétologue/endocrinologue. Elle me dit que niveau glycémie et prise de poids elle me trouve très bien. Je pouvais prendre jusqu’à 3 kilos pour les trois premiers mois et je suis bien en dessous. En moi-même je me dis que c’est un petit miracle vu mon régime alimentaire ces derniers temps !

Le 9 novembre, je contacte la gestionnaire RH pour savoir comment bénéficier de l’heure de grossesse. Voici ce qu’elle me répond : « elle n’est pas automatique. Tu peux y prétendre uniquement si ton médecin ou ta sage femme estiment qu’elle est nécessaire, soit en raison de la fatigue liée aux trajets, soit parce que ton état de santé le justifie. Il faut donc que tu me présentes un certificat médical à cette fin. Il doit y être indiqué précisément si la restriction d’horaire de travail vaut jusqu’à la fin de ta grossesse ou si c’est pour une période donnée, par exemple en cas de fatique excessive ou pour les dernières semaines de grossesse« . Je trouve ça super compliqué… Cela ne devrait-il pas être de droit dans la mesure où j’ai déclaré ma grossesse avec certificat à l’appui ? J’essaie en vain de contacter ma gynécologue. Elle n’a pas de vrai secrétariat, il faut tenter de se faire comprendre par les personnels d’une plateforme de secrétariat externalisé qui ne sont pas du tout spécialisés en gynécologie ou suivi de grossesse. Ils refusent de me la passer ou de me donner une adresse e-mail pour la contacter. Ils me suggèrent de lui envoyer un courrier postal, très 2020 n’est-ce pas ?

Je reçois ce même jour le livre « Espaces d’harmonie pour les enfants, l’univers de la psychodécoration » qui explique comment décorer et aménager une chambre d’enfant puis d’adolescent dans le respect des règles du Feng-Shui et de son ancêtre indien le Vastu. Je commence à le lire et je le trouve très bien fait, je prends l’essentiel en notes. Et je m’inspire des dessins, schémas et photos données à titre d’exemple.

Le 12 novembre se termine mon premier trimestre de grossesse ! Je trouve la grossesse bien plus cool que les essais et stimulations de PMA, je profite !!

Je suis enceinte…

Hier mardi 25 août 2020 je découvrais mon premier taux positif d’HCG (19 UI). Ce matin, Chéri me salue au réveil d’un « bonjour future maman » souriant et émouvant. Une nouvelle vie s’offre à nous ! Jeudi 27 août, dpo 13, nouvelle prise de sang : 53 UI. J’utilise les ordonnances que m’a donnée la gynéco PMA, malgré tout ni elle ni sa secrétaire ne me rappellent pour me féliciter ou m’indiquer la marche à suivre… A force de tenter de les joindre, la secrétaire finit par me dire que je fais les prises de sang trop tôt et que ça ne les arrange pas ! Elle me demande d’attendre le mercredi 2 septembre pour utiliser la dernière ordonnance. Entre temps, j’ai continué les tests urinaires pour finir mon stock et rester zen. Après trois ans de tests négatifs, quel bonheur de les voir foncer jour après jour !

Je trouve que c’est une torture d’attendre aussi longtemps (une semaine) et décide d’aller voir mon généraliste pour obtenir une ordonnance supplémentaire afin de faire une prise de sang le lundi 31 août. Il me la fait gratuitement, compréhensif quant à mon impatience de voir mes taux évoluer !

Lundi 31 août, dpo 17, troisième prise de sang : 283 UI ! ça me semble bien parti, je suis rassurée !! Je continue de les transmettre à ma gynécologue qui ne me contacte toujours pas… Mercredi 2 septembre, dpo 19, quatrième et dernière prise de sang : 545 UI. Le lendemain, la gynéco PMA m’appelle enfin. Elle commence par me féliciter, puis m’engueule et me demande de lui dire que je n’aurais pas dû suivre le protocole de stimulation pendant mes congés bien qu’elle m’ait dit que ça ne l’arrangeait pas que je fasse les échographies dans un autre centre. Je lui réponds que je ne peux formuler aucun regret puisque je suis enfin enceinte, si c’était à refaire bien sûr que je le referais pour un tel résultat ! Je suis choquée de son comportement moralisateur, ne devrait-elle pas être ravie pour moi ?! N’est-ce pas là le but qu’on souhaitait atteindre et la raison pour laquelle on la consultait ?

Nous sommes très optimistes et n’envisageons pas vraiment que cette grossesse se passe mal. J’ai annoncé la bonne nouvelle à mes parents et ma grand-mère maternelle de 94 ans. Chéri l’a annoncé à sa mère et à ses enfants. Je commence à guetter les bonnes affaires sur internet et notamment le mobilier de chambre d’enfant d’occasion. Nous craquons sur une annonce et le dimanche 13 septembre nous rapportons à la maison une chambre Sauthon d’occasion pour 250€ (lit + table à langer + mini étagère)… ! Le tri et le débarrassage entamé pendant le premier confinement s’accélère, il nous faut faire de la place dans la future chambre de bébé…

Lundi 21 septembre, à 6 SA+3, après deux heures d’attente (gynéco en retard), c’est l’échographie précoce. Bébé va très bien, il mesure 10,3 millimètres et nous avons vu battre son cœur (point lumineux clignotant) mais on ne l’a pas entendu. Une nouvelle étape est franchie, qui nous donne le sourire… Cinq minutes après ce moment magique, la gynéco PMA nous annonce qu’elle refuse de continuer à nous suivre car elle dit ne plus pouvoir me faire confiance en cas de risques encourus pour Bébé ou pour moi, elle ne peut plus être certaine que je suivrais ses consignes en cas de grossesse à risques. Elle me propose les coordonnées de deux confrères en dehors du cabinet PMA (de parfaits inconnus donc) et elle me suivra jusqu’à l’écho du T1 puis passera la main. Je sens Chéri bouillir à côté de moi, pour ma part je trouve ce discours moralisateur et surtout disproportionné. Parce que j’ai souhaité suivre le protocole à distance pendant mes congés tout en restant en contact permanent avec l’équipe PMA, la gynéco m’accuse tout bonnement de mettre ma grossesse et notre bébé en danger potentiel. C’est sans regrets que je changerai de gynécologue, elle est hautaine au lieu d’être humaine, ce ne sont pas là nos valeurs et je veux vivre une grossesse sereine en toute confiance. J’explique en sortant à Chéri que c’est un mal pour un bien, je ne veux pas d’une telle gynécologue auprès de nous.

Je continue le traitement PMA (Aspégic, Progestan, Provames et Spasfon) jusqu’à la fin du 1er trimestre et bien sûr je poursuis également la prise d’acide folique. Bilan de mes ressentis au 29 septembre : tiraillements, nausées (mais pas de vomissement), en-cas réguliers pour lutter contre la faim (généralement c’est la faim qui me rend nauséeuse), fatigue accrue, rêves éprouvants…

Chéri avait raison…

… cette fois-ci, c’est la bonne !

Le 20 août, je constate que j’ai des remontées acides et je suis barbouillée, mes seins sont gonflés et douloureux. Certainement les effets des traitements hormonaux…

Dans la nuit du 20 au 21 août, alors que je discute avec Chéri, tous les deux allongés face à face dans le lit, une douleur pelvienne légèrement à droite entre la crampe et le pincement m’interrompt. Elle a duré une demi-heure à peu près, d’abord intense puis de moins en moins. Cette même douleur m’a de nouveau réveillée vers 2h30 et a duré encore une petite heure…

Le lendemain, sur le forum et parmi les copines du groupe, on me dit que cela ressemblait fort à des douleurs de nidation et que ça annonce (presque) à coup sûr un +++ ! J’essaie de ne pas trop m’emballer, je sais que la chute est rude quand on y a trop cru…

Depuis le 21 août, ma poitrine reste gonflée et douloureuse, j’ai des ballonnements ou des maux d’estomac. Une sensation perdure, ça travaille dans mon ventre comme si les règles allaient arriver. Je fais subir à Chéri mon humeur massacrante (et ma libido de folie)…

Le 24 août, l’acné a fait son apparition…

Le 25 août, mon test urinaire 25 UI a laissé apparaître une très très légère barre rose pâle… Chéri la voyait aussi ! Nous avons filé au laboratoire dès l’ouverture. Vers 14h30, les résultats me sont parvenus : 19 UI !!

Eh oui, mon Chéri avait raison !

TEC 2 – « Cette fois-ci, c’est la bonne… ! »

La ponction de notre FIV 1 date du 12 octobre 2019. En raison d’une hyperstimulation, « freeze all », pas de transfert frais. Notre premier, seul et unique, dernier TEC date déjà du 2 mars 2020 puisqu’il a été suivi d’une période de confinement puis d’une période durant laquelle les centres reprenaient leur activité mais laissaient de côté certaines patientes. Ce fut mon cas en raison de mon IMC supérieur à 30. Ce critère bloquant est tombé le 30 juillet dernier lors de la mise à jour des recommandations de reprise de l’activité d’AMP.

J’ai eu la chance de voir mes règles débarquer le 2 août. Oui mais voilà, en août, comme tous les ans, le labo AMP de mon centre ferme pour congés pendant 2 semaines et les gynécologues prennent plus ou moins leurs congés sur août également… J’ai donc téléphoné à ma gynécologue pour savoir si elle me donnait le feu vert pour démarrer le protocole car, d’après mes estimations (basées sur mes protocoles précédents) j’avais le temps, en 2 semaines, de faire mes injections de gonal-f et mes échographies de suivi de stimulation pour tranquillement attendre la réouverture du labo et faire mon transfert la troisième semaine. Lorsque j’ai présenté les choses ainsi, ma gynécologue n’a pas bronché, cela semblait en effet jouable, aucun souci.

Mais comme je ne fais jamais rien comme tout le monde, j’ai ajouté un autre paramètre à ma question… La deuxième semaine de mon protocole, celle qui inclurait une voire deux échographies de contrôle, correspondra à la seule semaine de congé de mon mari et donc à notre semaine de vacances. Ce qui signifie que j’avais besoin qu’elle m’autorise à faire une voire deux échographies à l’autre bout de la France, et qu’elle suive et adapte mon dosage à distance… « Alors oui mais… » Voilà, à ma gynécologue, ça ne posait pas vraiment de problème sauf qu’elle aussi se trouverait en vacances et que sa remplaçante, elle, n’aimait pas interpréter à distance des échographies provenant d’un autre centre d’imagerie médicale que celui de leur centre AMP ! Elle n’aime pas ça donc c’est pas gagné, en plus elle est actuellement elle-même en congé donc on ne peut pas lui demander, donc bon ma gynécologue n’est pas chaude pour lui imposer donc bof bof elle rechigne à me donner le feu vert de démarrage du protocole… !!

Comment vous dire qu’après cinq mois de blocage, de batailles, de négociations vaines pour obtenir un protocole en dépit de mon obésité, avoir fait un régime et perdu 7 kg, je n’avais pas du tout envie de me voir opposer un refus pour si peu ?!! Surtout que l’objet de mon voyage à l’autre bout de la France était de revoir ma grand-mère de 94 ans, que je ne vois qu’une fois par an en raison de la distance, et qui est en très mauvaise santé… Choisir entre saisir une chance d’être enfin enceinte et celle de voir ma grand-mère de son vivant certainement pour la dernière fois ce n’était pas envisageable pour moi. J’ai donc déclaré à ma gynécologue que je démarrerai le protocole parce que j’ai mon petit caractère et elle m’a souhaité « bonne chance » (ce que j’ai décidé de prendre dans le bon sens…).

J’ai donc contacté une amie du lycée qui travaille comme coordinatrice dans une maternité de ma ville natale et je lui ai demandé quel était le centre d’imagerie le mieux réputé pour les échographies et j’ai calé un rendez-vous à J11 et un deuxième à J13 pour être certaine de bien suivre ma stimulation à 48 heures d’intervalle et malgré le 15 août qui tombait à J14. Et j’ai aussi pris un rendez-vous au centre d’imagerie de mon centre AMP dès mon retour pour le troisième contrôle échographique à J16. Et puis j’ai démarré mes injections de gonal-f à 37,5 UI (petit dosage pour commencer)…

En beau milieu de ma semaine de vacances, je me dirige donc vers ce centre échographique totalement inconnu pour passer ma première échographie de suivi de stimulation. J’avais rendez-vous à 17h15 mais je me retrouve à attendre une heure pour qu’enfin on vienne me chercher. La médecin échographiste s’excuse de son retard et m’accueille dans une chouette pièce équipée d’un grand écran de télévision pour que la patiente puisse suivre l’échographie confortablement. Je suis agréablement surprise et ce n’est que le début… Elle décide de commencer par une échographie pelvienne et est ravie que j’aie la vessie pleine (après une heure d’attente moi je ne suis pas si ravie !) puisque l’écho n’en sera que meilleure. En effet, elle voit bien l’utérus et commence les mesures, elle voit également super bien mon ovaire gauche, le petit farceur toujours caché derrière l’utérus ce qui me vaut régulièrement d’être triturée douloureusement par voie endovaginale… Elle me dit ensuite d’aller vider ma vessie aux WC car il y aura bien une échographie endovaginale, je n’y couperai évidemment pas. Mais je découvre qu’elle s’y prend avec délicatesse et beaucoup de considération, ce qui est fort sympathique en comparaison des bourrins à qui j’ai régulièrement affaire ! Mon endomètre est à 13,6 mm, j’ai un bel utérus (merci, merci…) et là, énorme surprise… J’ai un follicule dominant de 16 mm à gauche ! A J11 ?!! J’ai dû mal comprendre, je ressors et attends donc le compte-rendu, je reprends ma carte vitale et je quitte cet endroit.

Dans la rue, j’ouvre le dossier et en effet j’ai déjà un follicule prêt pour l’ovulation ! La stimulation a déjà abouti, avec une petite semaine d’avance ! J’avais estimé que j’en serai là seulement lors de ma troisième échographie (voire à la quatrième), lorsque je serai de retour chez moi et que j’irai consulter dans mon centre d’imagerie habituel… Il faut donc que je contacte au plus vite le secrétariat de ma gynécologue pour expliquer à sa remplaçante que j’ai commencé le protocole et que je suis déjà prête à déclencher l’ovulation le soir même. Coup de bol, dans le doute, j’avais pris la précaution d’emmener l’ovitrelle avec moi en vacances. J’avais même carrément dû acheter une glacière électrique pour garder le gonal-f et l’ovitrelle au frais dans la voiture comme à l’hôtel…

« Le secrétariat est ouvert de 10 heures à 18 heures… » Eh m****, qui va bien pouvoir me valider l’injection d’ovitrelle que je dois faire à 20 heures tapantes ce soir ? Oui, parce que je suis certaine de moi, les chiffres collent parfaitement avec mes données des précédents jours de déclenchements lors de mes protocoles antérieurs ! Je finis par tenter de joindre la maternité en me disant que le personnel a forcément le numéro de portable des gynécologues d’AMP puisqu’elles font aussi les accouchements. Je tombe sur une nana désagréable qui veut absolument savoir quelle question je veux poser, je lui sors un certain nombre de termes techniques de PMA (gonal-f, follicules, ovitrelle, etc), suffisamment pour qu’elle se sente dépassée et me passe une interne gynécologue de garde à qui je répète mon histoire. Elle me dit « je contacte de suite la gynécologue PMA, je lui répète tout et je lui demande de vous rappeler au plus vite ». Bon, je n’ai plus qu’à patienter, il est déjà 19 heures passées…

19h50, toujours aucune nouvelle de personne, je prépare mon injection d’ovitrelle. De toute façon, j’ai un follicule mature, et même si aucun médecin ne me valide le déclenchement de l’ovulation, je n’ai pas le choix c’est pour ce soir. Je fais donc l’injection à 20 heures tapantes puis nous partons dîner dans un restaurant asiatique avec buffet à volonté. A 20h34, je m’aperçois que j’étais en train de me servir à manger et que j’ai raté un appel téléphonique. Je consulte ma messagerie et j’entends l’interne de garde en gynécologie me dire « j’ai eu le Dr. T. au téléphone, je lui ai tout dit et elle m’a dit de vous dire de ne pas vous inquiéter, elle vous rappelle demain quand elle aura votre dossier sous les yeux, bonne soirée »… Euh, bah ma petite dame, je ne suis plus inquiète du tout là vu que j’ai déjà déclenché mon ovulation !

8h30 le lendemain matin, mon téléphone sonne, je décroche, c’est le Dr. T., à qui je parle pour la première fois puisqu’elle prend le relais de ma gynécologue qui est en congés. Elle me demande de récapituler ce qui m’arrive pendant qu’elle consulte sur son ordinateur mon dossier électronique. Je lui explique donc que j’ai réagi bien plus tôt que prévu à la stimulation, que j’avais donc une superbe écho avec un follicule mature la veille et que faute de pouvoir joindre quiconque j’ai déclenché mon ovulation. « Oh la la mais c’est bien trop tôt, personne ne vous a dit de déclencher, et puis je n’ai pas pu voir l’échographie, oh la la c’est problématique, on ne peut pas faire ça… » Panique à bord chez la gynécologue ! J’explique que je suis bien désolée mais que j’ai réagi plus tôt que d’habitude, ce à quoi je ne m’attendais pas, même que j’avais prévu trois rendez-vous et que j’ai d’habitude besoin de 3, 4 voire 5 échographies avant de déclencher, mais que ce qui est fait est fait et que je me suis basée sur les données de mes cycles précédents donc je ne vois pas en quoi c’était « beaucoup trop tôt ». « Ah oui, mais moi je ne vous ai pas donné le feu vert, et normalement, pour vous donner le feu vert, je dois vous vous recevoir en consultation et interpréter l’échographie mais là comme vous n’êtes pas sur place en plus… ah non, ça ne va pas être possible de vous faire le transfert… » Hein ?! Donc je sors mon argumentaire choc « ah donc je suis punie parce que je suis en vacances et que mon corps a réagi plus vite que d’habitude ? Je suis privée de transfert ? après cinq mois d’attente à cause de la pandémie et des critères d’IMC de l’Agence de biomédecine !! ». Ce qui semble bien fonctionner car ça lui fait un petit choc et aussitôt elle me répond « mais non, vous n’êtes pas punie, ne dites pas ça, mais je ne sais pas bien comment on va faire… » et la conversation téléphonique se termine un peu comme ça, me laissant sur le cul, il n’y a pas d’autres mots… Trois minutes plus tard, elle me rappelle pour me proposer un rendez-vous en visio à midi et me demande de lui envoyer l’échographie et le compte-rendu et m’annonce qu’elle me facture le rendez-vous en visio 95 euros et me dit « voilà, je crois qu’on a trouvé la solution, on va pouvoir se voir comme ça ! ». Ouf, me revoilà enfin sur les rails d’un possible transfert ! C’était laborieux tout de même…

Midi, visio en direct de ma voiture, elle ne me dit plus que j’ai déclenché l’ovulation trop tôt, non non, elle me programme le transfert de notre deuxième J5 le mercredi 19/08 et m’envoie une ordonnance de prise de sang pour la veille du transfert, un ordonnance de transfert et une ordonnance de médicaments à ma demande car il me manque quelques bricoles puisque je n’imaginais pas être encore en vacances à l’autre bout de la France le deuxième jour après ovulation. Deux minutes après la fin de la consultation, elle me rappelle pour me signaler que toutes les ordonnances sont au nom d’une autre patiente mais que je peux mettre du Typex et corriger ou sinon je peux demander à sa secrétaire de faxer la bonne ordonnance directement à la pharmacie. C’te blague quand même ! A 95 euros les 10 minutes de visio, elle ne pouvait pas mettre le bon nom sur les ordonnances ?! Bon, laissons tomber, c’est un détail, la bonne nouvelle c’est qu’on a enfin une date pour notre deuxième transfert d’embryon ! Youpi !!

Ce fameux transfert s’est déroulé ce matin, sans encombres malgré quelques frayeurs de dernière minute sur les papiers à fournir (questionnaire covid, consentement AMP, questionnaire antécédents bien qu’il soit devenu obsolète depuis le 30 juillet…). C’est toujours drôle quand on vous dit la veille qu’on vous appellera à 8h30 pour dire si l’embryon s’est bien décongelé et que le transfert se fera vers 9h30-10h00, et qu’au final le jour J on vous dit à 8h37 que vous devez venir pour le transfert à 9h00… ! Sachant que, pour le transfert, on vous demande d’avoir pris 2 spasfon 1 heure avant et d’avoir la vessie pleine ! Mon mari m’a tendu mes 2 spasfon et une bouteille d’eau alors que j’étais sous la douche pour me laver en vitesse (parce que quand même c’est pas glamour ce qui s’écoule quand on s’enfile des ovules de progestan deux fois par jour et qu’on m’a toujours dit de se faire propre avant d’aller chez le médecin). Ensuite on a tracé car il nous faut un quart d’heure pour aller au centre AMP. Sur place, il faut passer aux admissions pour avoir les étiquettes, puis au secrétariat du labo, puis rencontrer la biologiste (qui nous montre une photo de notre embryon, voir photo ci-dessous), puis la secrétaire de la gynéco pour les documents manquants (que la gynéco a omis de nous réclamer mais qui sont obligatoires), puis on attend la gynéco et l’échographiste qui se pointent à 9h45… Pendant qu’on attend, moi la vessie pleine depuis une heure, mon mari qui tourne en rond car il est parti sans sa vapoteuse et qu’en plus il n’aura probablement pas le droit d’assister au transfert… Mais, dernière surprise, en fait si, il peut rester !!

Le petit brybry est dans mon bidon depuis 10 heures ce matin, on a un soutien de malade via les forums et les copains sur les réseaux sociaux, et mon mari est 100% convaincu que « c’est la bonne » parce que « rien ne s’est déroulé comme d’habitude » !

Puisse-t-il avoir raison… ! Après cinq mois d’attente, et alors que se profile une deuxième vague de covid, on l’aura bien mérité, non ?!

TEC 2 le 19 08 2020

TEC 2 – Reprise or not reprise ?

Lorsque j’écrivais mon dernier article, le 14 mai dernier, la reprise de la PMA en France venait d’être annoncée par l’Agence de biomédecine. Il ne restait aux Agences régionales de santé qu’une toute petite étape à franchir, celle d’officialiser le reprise dans chaque région pour que les centres d’AMP puissent rouvrir.

Notre centre d’AMP nous a indiqué que l’ARS Grand Est donnait son feu vert le 29 mai. Au lendemain du discours du Premier Ministre qui nous annonçait que le Grand Est passait enfin en vert tout comme l’Île de France. Soit quinze jours après les recommandations de l’Agence de biomédecine et l’accord officieux immédiat de l’ARS d’Île de France.

Mon cycle a démarré le 28 mai, suivant un timing idéal vis-à-vis des actualités. Je me sentais chanceuse, à quelques jours près j’aurais très bien pu perdre encore un cycle sans protocole, comme tant d’autres… Après avoir laissé un message à ma gynécologue auquel sa secrétaire a répondu positivement, j’ai démarré les injections de gonal-f le 31 mai au soir avec le même dosage que pour le TEC 1 (37,5 UI).

J12, je suis scrupuleusement l’ordonnance, c’est la première échographie de contrôle. Sans mon mari dans la salle d’attente, mais avec un masque, règles sanitaires obligent ! « C’est un bel endomètre » me dit la technicienne. Il fait 8,5 mm en triple couche. Comme d’habitude j’ai une vingtaine de follicules par ovaire, ils font jusqu’à 9 mm côté droit et jusqu’à 8 mm côté gauche. Je passe déposer le compte-rendu sur le bureau de la secrétaire de ma gynécologue, je ne croise personne car les assistantes sont encore en télétravail. Je rentre à la maison.

Vers 13h30, appel de la gynéco. Je sais que c’est elle car elle appelle toujours depuis son portable en masqué pour me donner les consignes. Mais cette fois-ci, ce n’est pas la conversation habituelle… Elle me pose les questions du protocole sanitaire covid-19 : hypertension, diabète, taille, poids, etc. Et là je comprends immédiatement où elle va en venir, mon sang ne fait qu’un tour. Oui je fais 1,69 m pour 95 kg, oui mon IMC est bien supérieur à 30. Et je sais que, parmi les préconisations de l’Agence de biomédecine, il est fait mention que les patientes obèses présentent un risque accru de complications au troisième trimestre de grossesse en cas d’infection par le covid. C’est une gynécologue bouleversée, dont je reconnais à peine la voix, qui m’annonce qu’elle a interdiction formelle de me faire un transfert d’embryon en raison de mon IMC… Interdiction ? Elle me dit qu’elle a réalisé en voyant mon échographie sur le bureau ce matin qu’elle ne m’avait pas fait passer l’épreuve du questionnaire. Tellement débordée, elle avait omis de me rappeler, laissant sa secrétaire me dire que je pouvais débuter les injections…

Elle me dit que j’ai le droit d’être en colère, de m’effondrer, de hurler, de pleurer. Mais non, rien de tout ça ne vient, elle est plus bouleversée que moi. Elle me raconte que ça fait des jours qu’elle doit faire face aux réactions violentes des patientes déçues, frustrées et en colère, qui déversent sur elle, le messager, toutes leurs émotions. Moi je me dis que cette décision, elle ne fait que l’appliquer, que son métier c’est d’aider un maximum de patientes, de couples, à fonder une famille. C’est l’Agence de biomédecine qui prend des tas de précautions pour se couvrir vis-à-vis des patientes obèses qui tomberaient enceintes grâce à l’AMP et seraient susceptibles de se retourner contre eux ou contre les centres d’AMP en cas de graves complications. Ma gynécologue se contente d’être le messager de ces mauvaises nouvelles… !

Aucune dérogation, aucune décharge, aucune date butoir ! Les femmes obèses en PMA doivent attendre le bon vouloir de l’Agence de biomédecine et des ARS. Pendant ce temps, toute femme fertile, obèse ou non, peut procréer à sa guise. Personne ne vient lui interdire sous prétexte qu’elle sera particulièrement vulnérable de par son obésité vis-à-vis d’une possible infection au covid-19. Non. On lui laisse faire ses choix à la femme fertile, mais on infantilise la femme infertile en choisissant pour elle. Sur quelle base statistique ? Ma gynécologue me dit qu’elle n’a eu qu’une seule patiente avec complications depuis l’apparition du covid-19. De très rares études existent, qui ne disent pas grand-chose car on manque encore de recul sur la récente pandémie.

A titre personnel, j’ai donc commencé un protocole de stimulation « à tort » car il ne saurait mener à un transfert. Ceci dit, j’ai droit à cette stimulation et au suivi par ma gynécologue. Elle me dit que mes chances de tomber enceinte en ayant des rapports au bon moment suite à cette stimulation sont quasi nulles puisque les stimulations simples et l’unique insémination menée à son terme n’ont rien donné. Je peux donc logiquement arrêter le traitement et attendre que l’Agence de biomédecine retire cette stupide interdiction ou bien faire en sorte de ne plus être obèse (ce qui ne se fait pas du jour au lendemain quand on est SOPK sous protocole AMP !!). Quand pourrais-je espérer un transfert ? Nul ne sait. Aucune solution ne me paraissait convenir au problème. Le gonal-f attendait toujours sagement au réfrigérateur et arrêter me semblait contre-nature.

Un petit tour sur le forum fiv.fr m’a permis d’échanger sur ma situation avec mes copines PMettes. Les réseaux sociaux semblaient annoncer un assouplissement des recommandations de l’Agence de biomédecine dans les prochains jours, on m’encourageait à continuer le protocole. J’ai donc continué les injections et les échographies. A la veille de mon transfert, j’ai fait ma prise de sang, jouant le jeu jusqu’au bout… Et pourtant, toujours pas de nouvelles officielles, ma gynécologue me dit qu’il n’y aura donc pas de transfert. Un cycle de traitement, un cycle d’espoir foutu en l’air, sans même la chance d’essayer. Allez, je connaissais les risques, on m’avait annoncé dès la première écho qu’il n’y aurait probablement pas de transfert. C’était notre choix de tenter malgré tout notre chance, acceptons la défaite.

Le jour même de mon transfert, en fin de journée, de nouvelles recommandations sont tombées, à peine nuancées certes, mais en léger progrès tout de même. Oui, l’ironie voulait que ces recommandations tombent 24 heures trop tard. Désormais la responsabilité de décider si telle ou telle patiente en obésité serait ou non prise en charge reposera sur une concertation des staff des centres d’AMP. Nouvel espoir même si ce sera pour le prochain cycle. J’appellerai donc mon centre dès l’arrivée de mes règles pour essayer de programmer fin juillet le TEC 2 tant attendu…

IMC

Un printemps sans PMA…

L’une des conséquences frustrantes et injustes de cette pandémie de coronavirus Covid-19, c’est l’arrêt imposé pour raisons sanitaires de l’ensemble des protocoles de PMA. C’est terrible de se dire que les couples fertiles, ces Moldus, ont conservé cette chance de pouvoir procréer naturellement pendant le confinement, tandis que nous autres infertiles étions figés dans l’attente de la reprise de la PMA ! On nous annonce un baby-boom covid-19 tandis qu’aucun bébé éprouvette ne naîtra en janvier ou en février 2021. C’est une affaire de patience, la PMA, me direz-vous. C’est vrai, on le sait bien. Mais n’oublions pas ces femmes qui, à l’âge de 43 ans, se verront contraintes d’arrêter la PMA en France faute de prise en charge acceptée par la sécurité sociale. Pour celles en limite d’âge, chaque mois compte, un report c’est une occasion perdue pour de bon.

Cette décision d’arrêt de la PMA c’est la somme de plusieurs facteurs. Au début, nous ignorions si le virus était transmissible de la mère au fœtus et si le virus mettait en danger la grossesse. Un autre risque était que l’embryon congelé issu d’un couple atteint du covid puisse porter le virus et contaminer les autres embryons stockés dans le froid avec lui. Les techniciens de labo, les techniciens d’imagerie médicale, les médecins anesthésistes, j’en oublie sans doute, ont été réquisitionnés pour lutter contre le coronavirus. Il fallait aussi limiter au maximum les risques de contaminations patients – professionnels et inversement. Les actes de chirurgie générales qui pouvaient attendre ont eux aussi été reportés. Le confinement a mis une grande partie de notre société à l’arrêt. Bref, interrompre la PMA dans un tel contexte c’était bien compréhensible.

Au fur et à mesure, depuis cette interruption qui date de mi-mars, les professionnels de santé en ont bavé et les scientifiques ont pu préciser leurs données sur les risques de contaminations et sur les effets du covid-19 sur la grossesse et le fœtus. On a entendu parler d’une possible reprise des interventions non-urgentes, l’espoir est revenu. Les associations, les professionnels du secteur, les institutions ont commencé à se réunir tous les jeudis pour envisager une reprise de la PMA et réfléchir sur les conditions de cette reprise.

Cet après-midi, la nouvelle est tombée : la Direction Générale de la Santé a donné son feu vert pour la reprise de la PMA. Il reste à chacune des Agences Régionales de Santé le soin de valider pour chaque région cette décision. Enfin, chaque centre PMA devra établir des mesures sanitaires de reprise en fonction de ses contraintes propres.

Notre premier TEC a eu lieu le 2 mars. Le cycle qui a débuté mi-mars devait être pour nous un cycle de repos pour laisser à mon corps le temps de se remettre du traitement. L’arrêt forcé de la PMA nous a imposé un deuxième mois de pause. Dans une dizaine de jours je démarrerai un nouveau cycle, avec un peu de chance, ce sera celui du TEC 2… Bonne chance à toutes !

pause

 

 

 

 

Surveiller un cycle naturel

Lorsque je suis en cycle de pause, je ne prends pas de traitement et je suis censée me reposer et me détendre, voire même penser à autre chose qu’à la PMA… Bien sûr, c’est rarement simple de gérer ces cycles de pause. Passer d’un cycle hyper surveillé avec injections quotidiennes et échographies tous les deux jours à un cycle de repos, cela me donne l’impression de délaisser le projet bébé, de le nier, c’est une impression de vide car je ne suis plus active dans mon corps, je ne le surveille plus.

Au départ, je ne surveillais pas mes cycles d’essais naturels. Mais je me suis rendue à l’évidence : sans traitement mon cycle peut durer plus de deux mois et sous traitement il oscille entre 30 et 45 jours ! Après le vingt-huitième jour, je commençais donc à psychoter, espérant et guettant les prémices d’une grossesse surprise miraculeuse. Et au final, je souffrais de l’alternance de ces moments d’espoirs puis de réalisme jusqu’à l’arrivée de mes règles et le retour brutal sur la planète Infertile.

La prise de température basale – Permet de connaître la date d’ovulation – Contraignant (tous les jours du cycle), imprécis mais gratuit. A force d’heures d’errances sur Internet, j’ai découvert que prendre quotidienne sa température basale permettait de surveiller son cycle jour après jour et que je pouvais saisir ces températures sur une courbe en ligne ou sur une application sur mon portable. J’ai alors débuté ce processus de prise de température pour au moins connaître ma date d’ovulation. Après l’ovulation, il me suffisait d’ajouter deux semaines pour évaluer la date de fin de mon cycle et ainsi limiter la durée de la phase finale de psychotage. Prendre sa température basale, c’est tout de même se saisir le matin, dès qu’on a coupé la sonnerie du réveil, d’un thermomètre rectal et le placer où il faut (je ne vous fais pas un dessin) en bougeant le moins possible et avant même d’avoir poser le pied par terre sinon la température peut être faussée. Attendre le bip, éclairer l’écran avec son portable puis lire et inscrire sa température sur l’appli avant de l’oublier. Et recommencer chaque matin. Vivre donc avec un thermomètre sur son chevet et réveiller tous les matin son Chéri avec la sonnerie du réveil puis le bip du thermomètre. C’est donc continuer à penser chaque jour au projet bébé, s’astreindre à une routine très similaire aux protocoles de la PMA alors qu’on est censé être en cycle de repos. Oui c’est contraignant et oui je l’ai fait plusieurs mois d’affilée… Je ne dirais pas le contraire, ça m’a aidé, mais j’ai arrêté. Les traitements ont permis à mes cycles de se réguler un peu donc ils ne sont plus si irréguliers et sont rarement longs.

La prise de duphaston – Un médicament de plus – Ne permet pas de connaître sa date d’ovulation – Remboursé donc gratuit. Si je crains que mes cycles ne durent trop longtemps pour mon bien-être mental, il y a un moyen médical : le duphaston. Prendre du duphaston du 16ème au 25ème jour du cycle permet de faire venir les règles à peu près en temps et en heure. Je l’ai fait et je peux vous dire que le duphaston a changé ma vie au départ lorsque je prenais peu de médicaments et que mes cycles étaient anarchiques et que ça me rendait dingue. Il y a aussi certains mois durant lesquels je n’en ai pas pris et j’ai regretté, parfois je devais en prendre sur le tard pour enfin faire venir mes règles. Je pense que mon ovulation n’est pas systématique ou pas d’excellente qualité donc sans duphaston je peux être dans le néant longtemps sans savoir si j’ai ovulé, quand, ni si mes règles viendront…

Autre intérêt du duphaston, non négligeable quand on est en essais bébé depuis un long moment et surtout en PMA, c’est qu’on retrouve des cycles dans la norme en termes de durée, ce qui me permet de gagner quelques jours, parfois même une semaine par cycle et sur une année ça peut faire gagner un à plusieurs cycles et donc permettre davantage d’essais bébé en une année. Je m’explique : j’ai déjà eu 8 cycles par an, peut-être même moins quand j’étais célibataire et que je ne prenais pas la pilule. Disons les choses clairement, quand on ne s’inquiète pas d’un éventuel dérèglement de son corps et qu’on fait l’économie de quelques semaines de règles et de gymnastique avec les serviettes hygiéniques, les tampons, les douleurs et les fuites, on est bien contente ! Mais quand on est en PMA, et qu’on sait qu’entre janvier et décembre on aura 2 cycles d’essais, puis un cycle de repos, et ainsi de suite, cela fait « seulement » 8 cycles d’essais dans une année. C’est sans compter le fait que la PMA ferme en août et aussi entre Noël et le Nouvel An. Bref, si les règles tombent au mauvais moment où qu’on a des cycles à rallonge, on peut descendre à 6 essais seulement en un an de PMA… Il y a suffisamment d’aléas en PMA pour perdre du temps sans ajouter l’irrégularité des cycles, donc oui le duphaston ça peut aider dans mon cas.

Les tests d’ovulation – Permet de connaître sa date d’ovulation – Plus ou moins onéreux – Assez contraignant – Quelques jours au milieu du cycle. Si on les achète en pharmacie, cette dépense conséquente vient grossir le budget déjà énorme des tests de grossesse. Si on les achète en ligne, c’est beaucoup moins cher mais il faudra impérativement aller aux WC avec un verre ou un gobelet car les tests sont de simples bandelettes (sans le bâtonnet plastique blanc). Il en faut un certain nombre puisqu’on en fait plusieurs par jour (même si c’est à faire plutôt en deuxième partie de journée) et qu’il faut en faire jusqu’à ce qu’ils soient positifs puis jusqu’à ce qu’ils redeviennent négatifs. Même avantage que la température mais en plus précis.

Il y aussi la technique la technique de la palpation du col de l’utérus et celle de l’examen de la glaire cervicale. La première je n’ai jamais trouvé ça facile ni agréable ni pratique et la deuxième est imprécise je trouve…

Je vous mets ci-dessous un ensemble de graphismes qui représentent les différents indicateurs d’un cycle ovulatoire naturel. Je trouve ces repères très parlants.

cycle menstruel OK

(FIV 1 – étape 5 bis) TEC 1 : enfin le premier transfert d’embryon congelé !

Le 8 février les règles sont apparues et avec elle un nouveau cycle plein d’espoir. Et de craintes aussi, après toutes ces annulations, que mon endomètre ait vraiment un souci. C’est donc dans un état d’esprit mitigé que j’ai démarré les injections de gonal-f le quatrième jour du cycle avec un dosage de 37,5 UI. On a diminué les doses pour ne pas trop booster mon endomètre.

A J12, première écho + doppler. On compte une bonne vingtaine de follicules inférieurs ou égaux à 8 mm du côté droit et une douzaine de même taille du côté gauche. L’endomètre mesure 8,6 mm. C’est plutôt pas mal car l’endomètre et les follicules démarrent au même niveau. Pour mémoire au dernier cycle, deux jours plus tôt mon endomètre était déjà à 11,4 mm. Nous repartons donc avec le sourire. Dans la journée, j’écoute sur ma boîte vocale le message de la remplaçante de ma gynéco (qui a pris quelques jours de congés), elle me dit d’augmenter le dosage du gonal-f de 37,5 à 50 UI et de refaire une écho 5 jours plus tard, au retour de ma gynéco. Quelques heures plus tard, le doute s’installe… Je connais la remplaçante car c’est elle qui avait fait notre insémination il y a un an, on l’avait trouvée souriante et positive et notre gynéco semble l’apprécier. Oui mais… si le dosage qu’elle m’indique me semble cohérent avec les progressions habituelles, attendre cinq jours entre deux écho de contrôle c’est énorme. D’habitude, j’ai un contrôle tous les 2-3 jours pour pouvoir adapter le dosage. Je me mets à craindre que l’endomètre et les follicules progressent bien grâce au nouveau dosage et que dans cinq jours la gynéco me dise que l’ovulation est passée et que le transfert est annulé. Encore ! J’en discute avec mon mari et avec mes amies, je pèse le pour et le contre… Non décidément je préférerais faire une écho intermédiaire.

Je prends donc une décision sans contacter la remplaçante : je prends rendez-vous pour une écho à J15 et je me rends au service imagerie médicale où je présente comme d’habitude mon ordonnance ouverte servant pour toutes les écho du cycle stimulé. On compte cette fois une trentaine de follicules inférieurs ou égaux à 8 mm du côté droit et 25 follicules inférieurs ou égaux à 8 mm + un follicule de 12 mm du côté gauche. L’endomètre mesure 10,6 mm. C’est pas mal du tout, un follicule dominant à gauche et l’endomètre est toujours raisonnable dans sa progression. Me voilà rassurée. Je ne dépose pas mon écho au secrétariat de la gynéco puisque je ne suis pas censée avoir refait une écho. Nous repartons en douce de la clinique. Et là je prends une nouvelle décision toute seule, j’augmente le dosage du gonal-f de 50 à 75 UI sur le modèle de mon dernier cycle.

J17, nouvelle écho de contrôle. Toujours les 30 petits follicules à droite et la vingtaine de petits à gauche. Le follicule dominant à gauche atteint les 14 mm. C’est pas mal ! Sauf que mon endomètre mesure 15,5 mm… Le mois dernier, la gynéco nous avait dit qu’avec un endomètre supérieur à 15 mm, pas de transfert. Bref c’est tendus que nous nous dirigeons vers le cabinet de la gynéco pour connaître son avis. Elle est revenue de congés et nous reçoit dans son bureau. Aucune question sur l’enchaînement de mes échos, je n’ai pas eu besoin de me justifier. J’avoue que c’est un soulagement, je craignais tout de même de me faire réprimander et de devoir justifier cette initiative unilatérale prise sans avis médical ! Elle décide que l’endomètre et le follicule dominant ne sont pas trop mal et nous annonce que je peux déclencher mon ovulation par une injection d’ovitrelle le soir même.

Mon ovulation a lieu à J19, je démarre les ovules de progestan par voie vaginale. C’est vraiment dégueu à cause des pertes blanches causées par l’enveloppe de l’ovule quand il fond. Toilettes intimes très régulièrement pour rester à peu près présentable pour Chéri. Les câlins sont conseillés jusqu’à la veille du transfert pour tenter un éventuel bébé couette grâce à l’ovulation et aussi parce que c’est censé favoriser l’implantation lors du transfert d’embryon. Nous jonglons donc avec les horaires de prise du progestan pour faire un maximum de câlins. Je vous avoue que c’est aussi réconfortant et apaisant pour moi de me sentir femme dans les bras de mon homme quand je suis débordante d’hormones explosives et stressée par le protocole. Il a bien du mérite de réussir à me gérer dans ces moments délicats car je le sais aussi stressé que moi par les résultats des écho bien qu’il ne le montre pas trop. Le lendemain de l’ovulation,  je démarre la prise de provames et d’aspégic nourrisson.

A J22, nouvelle écho et prise de sang pour valider ou non le transfert 2 jours plus tard. Tout va dépendre de la taille de mon endomètre, le stress me fait grimper aux rideaux. La technicienne prend un temps fou à faire une mesure correcte de l’endomètre, je suis à deux doigts de perdre patience… Verdict : endomètre à 15,5 mm. Présence d’un corps jaune dans l’ovaire gauche donc j’ai bien ovulé à gauche. Ovaire droit inchangé. Je ne sais sur quel pied danser, 15,5 mm c’est au-dessus des 15 mm préconisés comme limite à ne pas dépasser pour faire un transfert. La gynéco décide tout de même de valider le transfert. Je me dis qu’elle en a aussi marre que nous de devoir nous annoncer des annulations et reports. Elle a envie d’y croire et je vois dans les yeux de Chéri qu’il prend cette annonce comme un très bon présage. Moi j’ai hâte de quitter la clinique pour pouvoir soulager toute cette tension accumulée et me laisser aller dans les bras de mon homme. Enfin nous avons le feu vert, transfert prévu le lundi 2 mars !

Le lundi 2 mars, J24, nous devons être prêts à partir de notre domicile à 8h30. Je dois guetter l’appel téléphonique de la biologiste suite à la décongélation de notre embryon pour connaître l’heure du transfert et je dois prendre du spasfon une heure avant le transfert. Et venir à la clinique la vessie pleine. La biologiste nous appelle peu avant 9 heures, la décongélation s’est bien déroulée, le transfert est prévu pour 10 heures mais nous devons venir en avance pour faire les étiquettes. Yes ! C’est parti !

Arrivée à la clinique la vessie pleine. L’accès côté imagerie médicale et PMA est fermé (pour cause de coronavirus peut-être ?) nous revenons sur nos pas et entrons par l’accueil de la clinique. On nous arrête pour demander ce qu’on vient faire, je réponds et on nous laisse passer. Arrivés en PMA, nous attendons qu’on nous prenne en charge, une personne avant nous. Toujours la vessie pleine, j’apprends de la bouche de la biologiste que les étiquettes devaient être faites auprès des admissions donc à l’accueil de la clinique. Vous imaginez tous les pas et le temps perdu alors que je ne pense qu’à une chose : faire pipi ! Trop bien organisé leur truc, elle ne pouvait pas se montrer plus claire au téléphone ?! Enfin nous voilà avec nos étiquettes, on nous montre la photo de notre embryon !! Wahou !! C’est pour de vrai cette fois-ci ! Je dis à Chéri que c’est dommage qu’on ne puisse pas en avoir un exemplaire, il demande à la secrétaire si on peut prendre une photo pour l’album du bébé… Il est mon héros pour la vie !!

On nous fait entrer dans la salle où aura lieu le transfert. On la connaît car c’était le lieu de notre insémination un an plus tôt. On attend la gynéco et je ne sais pas si je dois déjà me déshabiller et m’installer ou non. J’ai terriblement envie de faire pipi, je suis au bord de craquer nerveusement car j’ai mal au ventre à force d’attendre… Enfin la voilà, elle attend encore le technicien et l’échographe portable. Je m’installe pendant qu’elle ouvre la petite trappe donnant sur le labo pour confirmer nos identités pour que l’embryon soit préparé. L’étrier droite est cassé, c’était déjà la galère il y a un an, c’est dingue ce truc ! Bref, la gynéco demande à mon mari de me tenir la jambe droite. Il est donc debout entre la gynéco et le technicien qui me fait l’écho. La pièce est exiguë, la gynéco plaisante au sujet de mes chaussettes qui ne sont pas super fun, contrairement à ses autres patientes du moment. Je n’ai pas envie de rire, j’ai envie de faire pipiiiiii bon sang ! Mais je souris parce qu’elle sait y faire et parce qu’elle demande à Chéri s’il accepterait qu’elle l’embauche pour tenir les jambes droites des patientes et qu’il est tellement à l’ouest qu’il répond oui. Pardon Chéri, tu es prêt à voir combien d’autres femmes nues en position gynéco ? hein ?! à l’ouest je vous dis… ! Spéculum d’un côté, sonde écho sur le ventre de l’autre, pincement aïe, pression sur la vessie ouïe, et soudain apparaît à l’écho dans mon utérus un point lumineux : notre embryon ! Le technicien nous imprime une photo souvenir, c’est trop mignon. Je reste allongée quelques minutes interminables de plus le temps que le technicien s’en aille et que la gynéco nous imprime les ordonnances de prises de sang et les consignes post-transfert. Puis je cours faire pipi !

Nous rentrons ravis et gaga avec nos photos souvenirs en priant pour que le miracle se produise dès le premier transfert. Pas de rapport sexuel pendant trois jours et je continue le traitement : progestan, provames, aspégic nourrisson et spasfon. Evidemment, en bonne testeuse compulsive, je fais un stock de tests de grossesse. En vérité, j’ai peur de trop y croire, de m’emballer et de tomber de haut et je sais que l’optimisme de Chéri est tel qu’il tomberait de haut lui aussi. Les effets secondaires du traitement imitent à la perfection un début de grossesse, comme d’habitude. Je teste à J27 (3 jours après le transfert de notre embryon âgé de 5 jours) puis de J29 à J33. Tous les tests ressortent d’un blanc immaculé, négatifs. Peu à peu, nous nous préparons à la perspective d’un deuxième TEC. La prise de sang le 14 mars ne nous détrompe pas, le miracle dès le premier transfert ce n’est pas pour nous. Mais nous relativisons car nous avons encore quatre embryons de bonne qualité qui nous attendent, quatre possibilités d’accroche, quatre possibilités d’avoir ce bébé tant désiré…

Un cycle de pause nous attend avant de reprendre la stimulation. Si le TEC 2 ne prend pas, nous pourrons enchaîner de suite sur un autre cycle stimulé car le rythme c’est deux cycles de protocoles puis un cycle de pause puis deux cycles de protocoles, etc. Entre temps, la pandémie du coronavirus covid-19 a entraîné la suspension de tous les protocoles non urgents et donc l’arrêt de la PMA jusqu’à nouvel ordre. Pour écrire mon prochain article, il me faudra donc patienter un temps indéterminé. La PMA nous enseigne la patience, nous profiterons donc de cette période particulière pour perdre du poids et prendre soin de notre santé. Faites attention à vous et restez chez vous.

 

 

(FIV 1 – étape 5) TEC 1 : report et annulation du transfert

Nous nous sommes quittés sur une bonne nouvelle après la ponction du 12 octobre 2019, puisque 5 embryons nous attendent désormais sur la banquise ! Depuis, nous avons changé d’année aussi je vous souhaite une excellente année à toutes et à tous, pleine de petits et grands bonheurs et bercée de sérénité et d’amour !!

De notre côté, on nous avait dit « pas de transfert frais à cause de l’hyperstimulation, on laisse passer un cycle sans traitement et on fait un transfert d’embryon congelé (TEC) »… C’était sans compter les aléas du calendrier de fin d’année 2019 ! Parce qu’il ne fallait pas compter sur un TEC entre Noël et le Nouvel An en raison de la fermeture du labo de PMA. Bon, je ne vais pas cracher dans la soupe, ils ne ferment qu’en août et une semaine pour les fêtes de fin d’année, ce n’est pas énorme non plus. Oui, mais… c’est sans compter les caprices de mon corps qui m’a fait la blague de faire venir les règles pile au mauvais moment. Si bien que notre éventuel TEC tombait pile entre Noël et le Nouvel An ! Bad timing !

Vous me suivez ? Pas de transfert frais fin octobre, la faute à l’hyperstimulation. Pas de TEC fin novembre, car un cycle de pause sans traitement. Et pas non plus de TEC fin décembre, fermeture du labo oblige ! Après avoir dû gérer notre frustration et les fêtes de fin d’année (qui ne sont jamais vraiment une partie de plaisir pour moi mais que j’ai compensées en dégustant du bon vin et des crustacés !), nous démarrons donc l’année 2020 regonflés à bloc.

Mes règles débarquent, à J4 je démarre les injections de gonal-f à raison de 50 UI car la gynéco préfère stimuler progressivement suite à mon hyperstimulation du mois d’octobre.

A J10, première échographie avec mesure des follicules, mesure de l’endomètre et doppler pour mesurer l’afflux sanguin vers l’utérus en vue du transfert. On compte une vingtaine de follicules par ovaire (SOPK mon ami…), tous inférieurs ou égaux à 8 mm. L’endomètre est déjà à 11,4 mm, vous comprendrez plus loin le pourquoi de ce « déjà »… La gynéco augmente le dosage de gonal-f de 50 UI à 75 UI.

A J13, nouvelle échographie, on compte désormais une trentaine de follicules par ovaires, tous inférieurs ou égaux à 8 mm sauf un de 12 mm à gauche. L’endomètre mesure à présent 15 mm, on passe le dosage de 75 à 100 UI pour booster le follicule de 12 mm. Si je n’ai pas un follicule mature sous 48 heures, pas de transfert…

A J15, troisième échographie, toujours mes 30 follicules dans chaque ovaire, j’ai un follicule mûr qui mesure 18 mm et un deuxième de 12 mm, tous deux à gauche. Le soir-même, je déclenche mon ovulation par une injection d’ovitrelle. C’est donc une petite victoire à nuancer… Mon endomètre mesure 18 mm, la gynéco me donne un traitement minimal car il doit absolument repasser sous les 15 mm pour rendre le transfert possible. Et si mon endomètre a tendance à se développer à ce point, il faudra envisager une hystéroscopie pour voir de plus près ce qui cloche… Yeah…

Nos embryons congelés ont 5 jours, le transfert ne se fera donc que 5 jours après l’ovulation. Dès le jour de l’ovulation, je démarre le progestan à raison d’un ovule par jour par voie vaginale. Le lendemain viennent s’ajouter un sachet quotidien d’aspégic nourrisson et un comprimé de provames.

Aujourd’hui, J21, dernière échographie de veille de transfert et prise de sang pour connaître les dosages hormonaux. Nous n’avons dormi que trois heures à cause du stress qui monte : si l’endomètre n’est pas redescendu sous la barre des 15 mm, le transfert prévu demain sera annulé et ce mois de traitement n’aura servi à rien. Dès les premières minutes de l’échographie, le verdict tombe, l’endomètre est à 17,7 mm. Le transfert n’aura probablement pas lieu. Je préviens Chéri dès mon retour en salle d’attente, il accuse durement le coup. Moi je ne sais pas, je crois que je m’y attendais… J’ai l’impression que nous sommes systématiquement concernés par les faibles probabilités de galères, loupés, et autres complications.

Nous nous dirigeons vers le service PMA pour la prise de sang mais je sais qu’elle sera inutile. J’explique la situation à la gentille personne chargée de nous accueillir et de traiter les dossiers. Elle semble supposer comme moi que cette prise de sang ne servira à rien, elle nous propose de rester dans le couloir en attendant que la gynéco passe, ce qui ne devrait pas trop tarder. En effet, la voilà qui arrive et qui m’interroge dès qu’elle nous voit par un « Alors ?! ». Je lui indique le pauvre score de mon endomètre, elle tend la main pour consulter l’échographie et la sentence tombe « c’est mort… on annule le transfert et on arrête tout ». Vous allez me dire qu’elle est insensible ou inhumaine mais non, elle est généralement enthousiaste et juste, elle n’enrobe pas les choses et ne perd pas son temps en paroles inutiles mais nous l’apprécions pour cela. Bref, vous l’aurez compris, TEC ONE ce n’est pas pour demain… Même joueur joue encore…

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