TEC 2 – Reprise or not reprise ?

Lorsque j’écrivais mon dernier article, le 14 mai dernier, la reprise de la PMA en France venait d’être annoncée par l’Agence de biomédecine. Il ne restait aux Agences régionales de santé qu’une toute petite étape à franchir, celle d’officialiser le reprise dans chaque région pour que les centres d’AMP puissent rouvrir.

Notre centre d’AMP nous a indiqué que l’ARS Grand Est donnait son feu vert le 29 mai. Au lendemain du discours du Premier Ministre qui nous annonçait que le Grand Est passait enfin en vert tout comme l’Île de France. Soit quinze jours après les recommandations de l’Agence de biomédecine et l’accord officieux immédiat de l’ARS d’Île de France.

Mon cycle a démarré le 28 mai, suivant un timing idéal vis-à-vis des actualités. Je me sentais chanceuse, à quelques jours près j’aurais très bien pu perdre encore un cycle sans protocole, comme tant d’autres… Après avoir laissé un message à ma gynécologue auquel sa secrétaire a répondu positivement, j’ai démarré les injections de gonal-f le 31 mai au soir avec le même dosage que pour le TEC 1 (37,5 UI).

J12, je suis scrupuleusement l’ordonnance, c’est la première échographie de contrôle. Sans mon mari dans la salle d’attente, mais avec un masque, règles sanitaires obligent ! « C’est un bel endomètre » me dit la technicienne. Il fait 8,5 mm en triple couche. Comme d’habitude j’ai une vingtaine de follicules par ovaire, ils font jusqu’à 9 mm côté droit et jusqu’à 8 mm côté gauche. Je passe déposer le compte-rendu sur le bureau de la secrétaire de ma gynécologue, je ne croise personne car les assistantes sont encore en télétravail. Je rentre à la maison.

Vers 13h30, appel de la gynéco. Je sais que c’est elle car elle appelle toujours depuis son portable en masqué pour me donner les consignes. Mais cette fois-ci, ce n’est pas la conversation habituelle… Elle me pose les questions du protocole sanitaire covid-19 : hypertension, diabète, taille, poids, etc. Et là je comprends immédiatement où elle va en venir, mon sang ne fait qu’un tour. Oui je fais 1,69 m pour 95 kg, oui mon IMC est bien supérieur à 30. Et je sais que, parmi les préconisations de l’Agence de biomédecine, il est fait mention que les patientes obèses présentent un risque accru de complications au troisième trimestre de grossesse en cas d’infection par le covid. C’est une gynécologue bouleversée, donc je reconnais à peine la voix, qui m’annonce qu’elle a interdiction formelle de me faire un transfert d’embryon en raison de mon IMC… Interdiction ? Elle me dit qu’elle a réalisé en voyant mon échographie sur le bureau ce matin qu’elle ne m’avait pas fait passer l’épreuve du questionnaire. Tellement débordée, elle avait omis de me rappeler, laissant sa secrétaire me dire que je pouvais débuter les injections…

Elle me dit que j’ai le droit d’être en colère, de m’effondrer, de hurler, de pleurer. Mais non, rien de tout ça ne vient, elle est plus bouleversée que moi. Elle me raconte que ça fait des jours qu’elle doit faire face aux réactions violentes des patientes déçues, frustrées et en colère, qui déversent sur elle, le messager, toutes leurs émotions. Moi je me dis que cette décision, elle ne fait que l’appliquer, que son métier c’est d’aider un maximum de patientes, de couples, à fonder une famille. C’est l’Agence de biomédecine qui prend des tas de précautions pour se couvrir vis-à-vis des patientes obèses qui tomberaient enceintes grâce à l’AMP et seraient susceptibles de se retourner contre eux ou contre les centres d’AMP en cas de graves complications. Ma gynécologue se contente d’être le messager de ces mauvaises nouvelles… !

Aucune dérogation, aucune décharge, aucune date butoir ! Les femmes obèses en PMA doivent attendre le bon vouloir de l’Agence de biomédecine et des ARS. Pendant ce temps, toute femme fertile, obèse ou non, peut procréer à sa guise. Personne ne vient lui interdire sous prétexte qu’elle sera particulièrement vulnérable de par son obésité vis-à-vis d’une possible infection au covid-19. Non. On lui laisse faire ses choix à la femme fertile, mais on infantilise la femme infertile en choisissant pour elle. Sur quelle base statistique ? Ma gynécologue me dit qu’elle n’a eu qu’une seule patiente avec complications depuis l’apparition du covid-19. De très rares études existent, qui ne disent pas grand-chose car on manque encore de recul sur la récente pandémie.

A titre personnel, j’ai donc commencé un protocole de stimulation « à tort » car il ne saurait mener à un transfert. Ceci dit, j’ai droit à cette stimulation et au suivi par ma gynécologue. Elle me dit que mes chances de tomber enceinte en ayant des rapports au bon moment suite à cette stimulation sont quasi nulles puisque les stimulations simples et l’unique insémination menée à son terme n’ont rien donné. Je peux donc logiquement arrêter le traitement et attendre que l’Agence de biomédecine retire cette stupide interdiction ou bien faire en sorte de ne plus être obèse (ce qui ne se fait pas du jour au lendemain quand on est SOPK sous protocole AMP !!). Quand pourrais-je espérer un transfert ? Nul ne sait. Aucune solution ne me paraissait convenir au problème. Le gonal-f attendait toujours sagement au réfrigérateur et arrêter me semblait contre-nature.

Un petit tour sur le forum fiv.fr m’a permis d’échanger sur ma situation avec mes copines PMettes. Les réseaux sociaux semblaient annoncer un assouplissement des recommandations de l’Agence de biomédecine dans les prochains jours, on m’encourageait à continuer le protocole. J’ai donc continué les injections et les échographies. A la veille de mon transfert, j’ai fait ma prise de sang, jouant le jeu jusqu’au bout… Et pourtant, toujours pas de nouvelles officielles, ma gynécologue me dit qu’il n’y aura donc pas de transfert. Un cycle de traitement, un cycle d’espoir foutu en l’air, sans même la chance d’essayer. Allez, je connaissais les risques, on m’avait annoncé dès la première écho qu’il n’y aurait probablement pas de transfert. C’était notre choix de tenter malgré tout notre chance, acceptons la défaite.

Le jour même de mon transfert, en fin de journée, de nouvelles recommandations sont tombées, à peine nuancées certes, mais en léger progrès tout de même. Oui, l’ironie voulait que ces recommandations tombent 24 heures trop tard. Désormais la responsabilité de décider si telle ou telle patiente en obésité serait ou non prise en charge reposera sur une concertation des staff des centres d’AMP. Nouvel espoir même si ce sera pour le prochain cycle. J’appellerai donc mon centre dès l’arrivée de mes règles pour essayer de programmer fin juillet le TEC 2 tant attendu…

IMC

Un printemps sans PMA…

L’une des conséquences frustrantes et injustes de cette pandémie de coronavirus Covid-19, c’est l’arrêt imposé pour raisons sanitaires de l’ensemble des protocoles de PMA. C’est terrible de se dire que les couples fertiles, ces Moldus, ont conservé cette chance de pouvoir procréer naturellement pendant le confinement, tandis que nous autres infertiles étions figés dans l’attente de la reprise de la PMA ! On nous annonce un baby-boom covid-19 tandis qu’aucun bébé éprouvette ne naîtra en janvier ou en février 2021. C’est une affaire de patience, la PMA, me direz-vous. C’est vrai, on le sait bien. Mais n’oublions pas ces femmes qui, à l’âge de 43 ans, se verront contraintes d’arrêter la PMA en France faute de prise en charge acceptée par la sécurité sociale. Pour celles en limite d’âge, chaque mois compte, un report c’est une occasion perdue pour de bon.

Cette décision d’arrêt de la PMA c’est la somme de plusieurs facteurs. Au début, nous ignorions si le virus était transmissible de la mère au fœtus et si le virus mettait en danger la grossesse. Un autre risque était que l’embryon congelé issu d’un couple atteint du covid puisse porter le virus et contaminer les autres embryons stockés dans le froid avec lui. Les techniciens de labo, les techniciens d’imagerie médicale, les médecins anesthésistes, j’en oublie sans doute, ont été réquisitionnés pour lutter contre le coronavirus. Il fallait aussi limiter au maximum les risques de contaminations patients – professionnels et inversement. Les actes de chirurgie générales qui pouvaient attendre ont eux aussi été reportés. Le confinement a mis une grande partie de notre société à l’arrêt. Bref, interrompre la PMA dans un tel contexte c’était bien compréhensible.

Au fur et à mesure, depuis cette interruption qui date de mi-mars, les professionnels de santé en ont bavé et les scientifiques ont pu préciser leurs données sur les risques de contaminations et sur les effets du covid-19 sur la grossesse et le fœtus. On a entendu parler d’une possible reprise des interventions non-urgentes, l’espoir est revenu. Les associations, les professionnels du secteur, les institutions ont commencé à se réunir tous les jeudis pour envisager une reprise de la PMA et réfléchir sur les conditions de cette reprise.

Cet après-midi, la nouvelle est tombée : la Direction Générale de la Santé a donné son feu vert pour la reprise de la PMA. Il reste à chacune des Agences Régionales de Santé le soin de valider pour chaque région cette décision. Enfin, chaque centre PMA devra établir des mesures sanitaires de reprise en fonction de ses contraintes propres.

Notre premier TEC a eu lieu le 2 mars. Le cycle qui a débuté mi-mars devait être pour nous un cycle de repos pour laisser à mon corps le temps de se remettre du traitement. L’arrêt forcé de la PMA nous a imposé un deuxième mois de pause. Dans une dizaine de jours je démarrerai un nouveau cycle, avec un peu de chance, ce sera celui du TEC 2… Bonne chance à toutes !

pause

 

 

 

 

Surveiller un cycle naturel

Lorsque je suis en cycle de pause, je ne prends pas de traitement et je suis censée me reposer et me détendre, voire même penser à autre chose qu’à la PMA… Bien sûr, c’est rarement simple de gérer ces cycles de pause. Passer d’un cycle hyper surveillé avec injections quotidiennes et échographies tous les deux jours à un cycle de repos, cela me donne l’impression de délaisser le projet bébé, de le nier, c’est une impression de vide car je ne suis plus active dans mon corps, je ne le surveille plus.

Au départ, je ne surveillais pas mes cycles d’essais naturels. Mais je me suis rendue à l’évidence : sans traitement mon cycle peut durer plus de deux mois et sous traitement il oscille entre 30 et 45 jours ! Après le vingt-huitième jour, je commençais donc à psychoter, espérant et guettant les prémices d’une grossesse surprise miraculeuse. Et au final, je souffrais de l’alternance de ces moments d’espoirs puis de réalisme jusqu’à l’arrivée de mes règles et le retour brutal sur la planète Infertile.

La prise de température basale – Permet de connaître la date d’ovulation – Contraignant (tous les jours du cycle), imprécis mais gratuit. A force d’heures d’errances sur Internet, j’ai découvert que prendre quotidienne sa température basale permettait de surveiller son cycle jour après jour et que je pouvais saisir ces températures sur une courbe en ligne ou sur une application sur mon portable. J’ai alors débuté ce processus de prise de température pour au moins connaître ma date d’ovulation. Après l’ovulation, il me suffisait d’ajouter deux semaines pour évaluer la date de fin de mon cycle et ainsi limiter la durée de la phase finale de psychotage. Prendre sa température basale, c’est tout de même se saisir le matin, dès qu’on a coupé la sonnerie du réveil, d’un thermomètre rectal et le placer où il faut (je ne vous fais pas un dessin) en bougeant le moins possible et avant même d’avoir poser le pied par terre sinon la température peut être faussée. Attendre le bip, éclairer l’écran avec son portable puis lire et inscrire sa température sur l’appli avant de l’oublier. Et recommencer chaque matin. Vivre donc avec un thermomètre sur son chevet et réveiller tous les matin son Chéri avec la sonnerie du réveil puis le bip du thermomètre. C’est donc continuer à penser chaque jour au projet bébé, s’astreindre à une routine très similaire aux protocoles de la PMA alors qu’on est censé être en cycle de repos. Oui c’est contraignant et oui je l’ai fait plusieurs mois d’affilée… Je ne dirais pas le contraire, ça m’a aidé, mais j’ai arrêté. Les traitements ont permis à mes cycles de se réguler un peu donc ils ne sont plus si irréguliers et sont rarement longs.

La prise de duphaston – Un médicament de plus – Ne permet pas de connaître sa date d’ovulation – Remboursé donc gratuit. Si je crains que mes cycles ne durent trop longtemps pour mon bien-être mental, il y a un moyen médical : le duphaston. Prendre du duphaston du 16ème au 25ème jour du cycle permet de faire venir les règles à peu près en temps et en heure. Je l’ai fait et je peux vous dire que le duphaston a changé ma vie au départ lorsque je prenais peu de médicaments et que mes cycles étaient anarchiques et que ça me rendait dingue. Il y a aussi certains mois durant lesquels je n’en ai pas pris et j’ai regretté, parfois je devais en prendre sur le tard pour enfin faire venir mes règles. Je pense que mon ovulation n’est pas systématique ou pas d’excellente qualité donc sans duphaston je peux être dans le néant longtemps sans savoir si j’ai ovulé, quand, ni si mes règles viendront…

Autre intérêt du duphaston, non négligeable quand on est en essais bébé depuis un long moment et surtout en PMA, c’est qu’on retrouve des cycles dans la norme en termes de durée, ce qui me permet de gagner quelques jours, parfois même une semaine par cycle et sur une année ça peut faire gagner un à plusieurs cycles et donc permettre davantage d’essais bébé en une année. Je m’explique : j’ai déjà eu 8 cycles par an, peut-être même moins quand j’étais célibataire et que je ne prenais pas la pilule. Disons les choses clairement, quand on ne s’inquiète pas d’un éventuel dérèglement de son corps et qu’on fait l’économie de quelques semaines de règles et de gymnastique avec les serviettes hygiéniques, les tampons, les douleurs et les fuites, on est bien contente ! Mais quand on est en PMA, et qu’on sait qu’entre janvier et décembre on aura 2 cycles d’essais, puis un cycle de repos, et ainsi de suite, cela fait « seulement » 8 cycles d’essais dans une année. C’est sans compter le fait que la PMA ferme en août et aussi entre Noël et le Nouvel An. Bref, si les règles tombent au mauvais moment où qu’on a des cycles à rallonge, on peut descendre à 6 essais seulement en un an de PMA… Il y a suffisamment d’aléas en PMA pour perdre du temps sans ajouter l’irrégularité des cycles, donc oui le duphaston ça peut aider dans mon cas.

Les tests d’ovulation – Permet de connaître sa date d’ovulation – Plus ou moins onéreux – Assez contraignant – Quelques jours au milieu du cycle. Si on les achète en pharmacie, cette dépense conséquente vient grossir le budget déjà énorme des tests de grossesse. Si on les achète en ligne, c’est beaucoup moins cher mais il faudra impérativement aller aux WC avec un verre ou un gobelet car les tests sont de simples bandelettes (sans le bâtonnet plastique blanc). Il en faut un certain nombre puisqu’on en fait plusieurs par jour (même si c’est à faire plutôt en deuxième partie de journée) et qu’il faut en faire jusqu’à ce qu’ils soient positifs puis jusqu’à ce qu’ils redeviennent négatifs. Même avantage que la température mais en plus précis.

Il y aussi la technique la technique de la palpation du col de l’utérus et celle de l’examen de la glaire cervicale. La première je n’ai jamais trouvé ça facile ni agréable ni pratique et la deuxième est imprécise je trouve…

Je vous mets ci-dessous un ensemble de graphismes qui représentent les différents indicateurs d’un cycle ovulatoire naturel. Je trouve ces repères très parlants.

cycle menstruel OK

(FIV 1 – étape 5 bis) TEC 1 : enfin le premier transfert d’embryon congelé !

Le 8 février les règles sont apparues et avec elle un nouveau cycle plein d’espoir. Et de craintes aussi, après toutes ces annulations, que mon endomètre ait vraiment un souci. C’est donc dans un état d’esprit mitigé que j’ai démarré les injections de gonal-f le quatrième jour du cycle avec un dosage de 37,5 UI. On a diminué les doses pour ne pas trop booster mon endomètre.

A J12, première écho + doppler. On compte une bonne vingtaine de follicules inférieurs ou égaux à 8 mm du côté droit et une douzaine de même taille du côté gauche. L’endomètre mesure 8,6 mm. C’est plutôt pas mal car l’endomètre et les follicules démarrent au même niveau. Pour mémoire au dernier cycle, deux jours plus tôt mon endomètre était déjà à 11,4 mm. Nous repartons donc avec le sourire. Dans la journée, j’écoute sur ma boîte vocale le message de la remplaçante de ma gynéco (qui a pris quelques jours de congés), elle me dit d’augmenter le dosage du gonal-f de 37,5 à 50 UI et de refaire une écho 5 jours plus tard, au retour de ma gynéco. Quelques heures plus tard, le doute s’installe… Je connais la remplaçante car c’est elle qui avait fait notre insémination il y a un an, on l’avait trouvée souriante et positive et notre gynéco semble l’apprécier. Oui mais… si le dosage qu’elle m’indique me semble cohérent avec les progressions habituelles, attendre cinq jours entre deux écho de contrôle c’est énorme. D’habitude, j’ai un contrôle tous les 2-3 jours pour pouvoir adapter le dosage. Je me mets à craindre que l’endomètre et les follicules progressent bien grâce au nouveau dosage et que dans cinq jours la gynéco me dise que l’ovulation est passée et que le transfert est annulé. Encore ! J’en discute avec mon mari et avec mes amies, je pèse le pour et le contre… Non décidément je préférerais faire une écho intermédiaire.

Je prends donc une décision sans contacter la remplaçante : je prends rendez-vous pour une écho à J15 et je me rends au service imagerie médicale où je présente comme d’habitude mon ordonnance ouverte servant pour toutes les écho du cycle stimulé. On compte cette fois une trentaine de follicules inférieurs ou égaux à 8 mm du côté droit et 25 follicules inférieurs ou égaux à 8 mm + un follicule de 12 mm du côté gauche. L’endomètre mesure 10,6 mm. C’est pas mal du tout, un follicule dominant à gauche et l’endomètre est toujours raisonnable dans sa progression. Me voilà rassurée. Je ne dépose pas mon écho au secrétariat de la gynéco puisque je ne suis pas censée avoir refait une écho. Nous repartons en douce de la clinique. Et là je prends une nouvelle décision toute seule, j’augmente le dosage du gonal-f de 50 à 75 UI sur le modèle de mon dernier cycle.

J17, nouvelle écho de contrôle. Toujours les 30 petits follicules à droite et la vingtaine de petits à gauche. Le follicule dominant à gauche atteint les 14 mm. C’est pas mal ! Sauf que mon endomètre mesure 15,5 mm… Le mois dernier, la gynéco nous avait dit qu’avec un endomètre supérieur à 15 mm, pas de transfert. Bref c’est tendus que nous nous dirigeons vers le cabinet de la gynéco pour connaître son avis. Elle est revenue de congés et nous reçoit dans son bureau. Aucune question sur l’enchaînement de mes échos, je n’ai pas eu besoin de me justifier. J’avoue que c’est un soulagement, je craignais tout de même de me faire réprimander et de devoir justifier cette initiative unilatérale prise sans avis médical ! Elle décide que l’endomètre et le follicule dominant ne sont pas trop mal et nous annonce que je peux déclencher mon ovulation par une injection d’ovitrelle le soir même.

Mon ovulation a lieu à J19, je démarre les ovules de progestan par voie vaginale. C’est vraiment dégueu à cause des pertes blanches causées par l’enveloppe de l’ovule quand il fond. Toilettes intimes très régulièrement pour rester à peu près présentable pour Chéri. Les câlins sont conseillés jusqu’à la veille du transfert pour tenter un éventuel bébé couette grâce à l’ovulation et aussi parce que c’est censé favoriser l’implantation lors du transfert d’embryon. Nous jonglons donc avec les horaires de prise du progestan pour faire un maximum de câlins. Je vous avoue que c’est aussi réconfortant et apaisant pour moi de me sentir femme dans les bras de mon homme quand je suis débordante d’hormones explosives et stressée par le protocole. Il a bien du mérite de réussir à me gérer dans ces moments délicats car je le sais aussi stressé que moi par les résultats des écho bien qu’il ne le montre pas trop. Le lendemain de l’ovulation,  je démarre la prise de provames et d’aspégic nourrisson.

A J22, nouvelle écho et prise de sang pour valider ou non le transfert 2 jours plus tard. Tout va dépendre de la taille de mon endomètre, le stress me fait grimper aux rideaux. La technicienne prend un temps fou à faire une mesure correcte de l’endomètre, je suis à deux doigts de perdre patience… Verdict : endomètre à 15,5 mm. Présence d’un corps jaune dans l’ovaire gauche donc j’ai bien ovulé à gauche. Ovaire droit inchangé. Je ne sais sur quel pied danser, 15,5 mm c’est au-dessus des 15 mm préconisés comme limite à ne pas dépasser pour faire un transfert. La gynéco décide tout de même de valider le transfert. Je me dis qu’elle en a aussi marre que nous de devoir nous annoncer des annulations et reports. Elle a envie d’y croire et je vois dans les yeux de Chéri qu’il prend cette annonce comme un très bon présage. Moi j’ai hâte de quitter la clinique pour pouvoir soulager toute cette tension accumulée et me laisser aller dans les bras de mon homme. Enfin nous avons le feu vert, transfert prévu le lundi 2 mars !

Le lundi 2 mars, J24, nous devons être prêts à partir de notre domicile à 8h30. Je dois guetter l’appel téléphonique de la biologiste suite à la décongélation de notre embryon pour connaître l’heure du transfert et je dois prendre du spasfon une heure avant le transfert. Et venir à la clinique la vessie pleine. La biologiste nous appelle peu avant 9 heures, la décongélation s’est bien déroulée, le transfert est prévu pour 10 heures mais nous devons venir en avance pour faire les étiquettes. Yes ! C’est parti !

Arrivée à la clinique la vessie pleine. L’accès côté imagerie médicale et PMA est fermé (pour cause de coronavirus peut-être ?) nous revenons sur nos pas et entrons par l’accueil de la clinique. On nous arrête pour demander ce qu’on vient faire, je réponds et on nous laisse passer. Arrivés en PMA, nous attendons qu’on nous prenne en charge, une personne avant nous. Toujours la vessie pleine, j’apprends de la bouche de la biologiste que les étiquettes devaient être faites auprès des admissions donc à l’accueil de la clinique. Vous imaginez tous les pas et le temps perdu alors que je ne pense qu’à une chose : faire pipi ! Trop bien organisé leur truc, elle ne pouvait pas se montrer plus claire au téléphone ?! Enfin nous voilà avec nos étiquettes, on nous montre la photo de notre embryon !! Wahou !! C’est pour de vrai cette fois-ci ! Je dis à Chéri que c’est dommage qu’on ne puisse pas en avoir un exemplaire, il demande à la secrétaire si on peut prendre une photo pour l’album du bébé… Il est mon héros pour la vie !!

On nous fait entrer dans la salle où aura lieu le transfert. On la connaît car c’était le lieu de notre insémination un an plus tôt. On attend la gynéco et je ne sais pas si je dois déjà me déshabiller et m’installer ou non. J’ai terriblement envie de faire pipi, je suis au bord de craquer nerveusement car j’ai mal au ventre à force d’attendre… Enfin la voilà, elle attend encore le technicien et l’échographe portable. Je m’installe pendant qu’elle ouvre la petite trappe donnant sur le labo pour confirmer nos identités pour que l’embryon soit préparé. L’étrier droite est cassé, c’était déjà la galère il y a un an, c’est dingue ce truc ! Bref, la gynéco demande à mon mari de me tenir la jambe droite. Il est donc debout entre la gynéco et le technicien qui me fait l’écho. La pièce est exiguë, la gynéco plaisante au sujet de mes chaussettes qui ne sont pas super fun, contrairement à ses autres patientes du moment. Je n’ai pas envie de rire, j’ai envie de faire pipiiiiii bon sang ! Mais je souris parce qu’elle sait y faire et parce qu’elle demande à Chéri s’il accepterait qu’elle l’embauche pour tenir les jambes droites des patientes et qu’il est tellement à l’ouest qu’il répond oui. Pardon Chéri, tu es prêt à voir combien d’autres femmes nues en position gynéco ? hein ?! à l’ouest je vous dis… ! Spéculum d’un côté, sonde écho sur le ventre de l’autre, pincement aïe, pression sur la vessie ouïe, et soudain apparaît à l’écho dans mon utérus un point lumineux : notre embryon ! Le technicien nous imprime une photo souvenir, c’est trop mignon. Je reste allongée quelques minutes interminables de plus le temps que le technicien s’en aille et que la gynéco nous imprime les ordonnances de prises de sang et les consignes post-transfert. Puis je cours faire pipi !

Nous rentrons ravis et gaga avec nos photos souvenirs en priant pour que le miracle se produise dès le premier transfert. Pas de rapport sexuel pendant trois jours et je continue le traitement : progestan, provames, aspégic nourrisson et spasfon. Evidemment, en bonne testeuse compulsive, je fais un stock de tests de grossesse. En vérité, j’ai peur de trop y croire, de m’emballer et de tomber de haut et je sais que l’optimisme de Chéri est tel qu’il tomberait de haut lui aussi. Les effets secondaires du traitement imitent à la perfection un début de grossesse, comme d’habitude. Je teste à J27 (3 jours après le transfert de notre embryon âgé de 5 jours) puis de J29 à J33. Tous les tests ressortent d’un blanc immaculé, négatifs. Peu à peu, nous nous préparons à la perspective d’un deuxième TEC. La prise de sang le 14 mars ne nous détrompe pas, le miracle dès le premier transfert ce n’est pas pour nous. Mais nous relativisons car nous avons encore quatre embryons de bonne qualité qui nous attendent, quatre possibilités d’accroche, quatre possibilités d’avoir ce bébé tant désiré…

Un cycle de pause nous attend avant de reprendre la stimulation. Si le TEC 2 ne prend pas, nous pourrons enchaîner de suite sur un autre cycle stimulé car le rythme c’est deux cycles de protocoles puis un cycle de pause puis deux cycles de protocoles, etc. Entre temps, la pandémie du coronavirus covid-19 a entraîné la suspension de tous les protocoles non urgents et donc l’arrêt de la PMA jusqu’à nouvel ordre. Pour écrire mon prochain article, il me faudra donc patienter un temps indéterminé. La PMA nous enseigne la patience, nous profiterons donc de cette période particulière pour perdre du poids et prendre soin de notre santé. Faites attention à vous et restez chez vous.

 

 

(FIV 1 – étape 5) TEC 1 : report et annulation du transfert

Nous nous sommes quittés sur une bonne nouvelle après la ponction du 12 octobre 2019, puisque 5 embryons nous attendent désormais sur la banquise ! Depuis, nous avons changé d’année aussi je vous souhaite une excellente année à toutes et à tous, pleine de petits et grands bonheurs et bercée de sérénité et d’amour !!

De notre côté, on nous avait dit « pas de transfert frais à cause de l’hyperstimulation, on laisse passer un cycle sans traitement et on fait un transfert d’embryon congelé (TEC) »… C’était sans compter les aléas du calendrier de fin d’année 2019 ! Parce qu’il ne fallait pas compter sur un TEC entre Noël et le Nouvel An en raison de la fermeture du labo de PMA. Bon, je ne vais pas cracher dans la soupe, ils ne ferment qu’en août et une semaine pour les fêtes de fin d’année, ce n’est pas énorme non plus. Oui, mais… c’est sans compter les caprices de mon corps qui m’a fait la blague de faire venir les règles pile au mauvais moment. Si bien que notre éventuel TEC tombait pile entre Noël et le Nouvel An ! Bad timing !

Vous me suivez ? Pas de transfert frais fin octobre, la faute à l’hyperstimulation. Pas de TEC fin novembre, car un cycle de pause sans traitement. Et pas non plus de TEC fin décembre, fermeture du labo oblige ! Après avoir dû gérer notre frustration et les fêtes de fin d’année (qui ne sont jamais vraiment une partie de plaisir pour moi mais que j’ai compensées en dégustant du bon vin et des crustacés !), nous démarrons donc l’année 2020 regonflés à bloc.

Mes règles débarquent, à J4 je démarre les injections de gonal-f à raison de 50 UI car la gynéco préfère stimuler progressivement suite à mon hyperstimulation du mois d’octobre.

A J10, première échographie avec mesure des follicules, mesure de l’endomètre et doppler pour mesurer l’afflux sanguin vers l’utérus en vue du transfert. On compte une vingtaine de follicules par ovaire (SOPK mon ami…), tous inférieurs ou égaux à 8 mm. L’endomètre est déjà à 11,4 mm, vous comprendrez plus loin le pourquoi de ce « déjà »… La gynéco augmente le dosage de gonal-f de 50 UI à 75 UI.

A J13, nouvelle échographie, on compte désormais une trentaine de follicules par ovaires, tous inférieurs ou égaux à 8 mm sauf un de 12 mm à gauche. L’endomètre mesure à présent 15 mm, on passe le dosage de 75 à 100 UI pour booster le follicule de 12 mm. Si je n’ai pas un follicule mature sous 48 heures, pas de transfert…

A J15, troisième échographie, toujours mes 30 follicules dans chaque ovaire, j’ai un follicule mûr qui mesure 18 mm et un deuxième de 12 mm, tous deux à gauche. Le soir-même, je déclenche mon ovulation par une injection d’ovitrelle. C’est donc une petite victoire à nuancer… Mon endomètre mesure 18 mm, la gynéco me donne un traitement minimal car il doit absolument repasser sous les 15 mm pour rendre le transfert possible. Et si mon endomètre a tendance à se développer à ce point, il faudra envisager une hystéroscopie pour voir de plus près ce qui cloche… Yeah…

Nos embryons congelés ont 5 jours, le transfert ne se fera donc que 5 jours après l’ovulation. Dès le jour de l’ovulation, je démarre le progestan à raison d’un ovule par jour par voie vaginale. Le lendemain viennent s’ajouter un sachet quotidien d’aspégic nourrisson et un comprimé de provames.

Aujourd’hui, J21, dernière échographie de veille de transfert et prise de sang pour connaître les dosages hormonaux. Nous n’avons dormi que trois heures à cause du stress qui monte : si l’endomètre n’est pas redescendu sous la barre des 15 mm, le transfert prévu demain sera annulé et ce mois de traitement n’aura servi à rien. Dès les premières minutes de l’échographie, le verdict tombe, l’endomètre est à 17,7 mm. Le transfert n’aura probablement pas lieu. Je préviens Chéri dès mon retour en salle d’attente, il accuse durement le coup. Moi je ne sais pas, je crois que je m’y attendais… J’ai l’impression que nous sommes systématiquement concernés par les faibles probabilités de galères, loupés, et autres complications.

Nous nous dirigeons vers le service PMA pour la prise de sang mais je sais qu’elle sera inutile. J’explique la situation à la gentille personne chargée de nous accueillir et de traiter les dossiers. Elle semble supposer comme moi que cette prise de sang ne servira à rien, elle nous propose de rester dans le couloir en attendant que la gynéco passe, ce qui ne devrait pas trop tarder. En effet, la voilà qui arrive et qui m’interroge dès qu’elle nous voit par un « Alors ?! ». Je lui indique le pauvre score de mon endomètre, elle tend la main pour consulter l’échographie et la sentence tombe « c’est mort… on annule le transfert et on arrête tout ». Vous allez me dire qu’elle est insensible ou inhumaine mais non, elle est généralement enthousiaste et juste, elle n’enrobe pas les choses et ne perd pas son temps en paroles inutiles mais nous l’apprécions pour cela. Bref, vous l’aurez compris, TEC ONE ce n’est pas pour demain… Même joueur joue encore…

Evenement-organise-annule

FIV 1 – étape 4 – la ponction

Nous voilà samedi, c’est le jour J, aujourd’hui on ponctionne tous mes petits follicules…

Je ne suis pas vraiment stressée, je crois que Chéri l’est bien plus que moi ! Il s’inquiète pour moi avant tout, c’est un amour… Je fais une hyperstimulation mais, outre le fait que cela signifie que je n’aurai pas de transfert d’embryon frais, je suppose simplement qu’il me faudra du repos. En revanche, en ce samedi matin, dès le lever, je vous jure que j’ai hâte d’être libérée du poids qui pèse sur mes ovaires. Cette tension permanente est devenue douloureuse depuis l’injection de la double dose de decapeptyl pour déclencher l’ovulation. Je n’ai que quelques minutes de répit au moment de me mettre debout, ce qui me laisse juste le temps de prendre ma douche (au désinfectant, ponction oblige !) avant de devoir amortir chacun de mes pas en soufflant pour limiter les tiraillements douloureux de mes ovaires. J’enfile une tenue confortable : t-shirt douillet, sweat-shirt confortable et pantalon de yoga et nous prenons la route direction la clinique. Chaque nid de poule, chaque ralentisseur me fait un effet monstre ce qui n’était pas le cas les jours précédents. Vivement cet après-midi que je sois allégée de tous mes follicules !

Nous avons rendez-vous pour l’entrée à 6h45. Je suis installée dans une chambre double car je suis censée sortir vers 13 heures, et de toute façon ma voisine de chambre n’est pas là à notre arrivée, je n’y vois donc aucun inconvénient ! Je passe une blouse sexy et je suis emmenée au bloc pour la ponction sous anesthésie générale. Pendant ce temps, Chéri a rendez-vous à 7h15 pour le recueil spermatique, nous nous souhaitons donc mutuellement bonne chance. C’est là que je prends véritablement conscience qu’on fait un bébé ensemble mais séparément : moi au bloc et lui côté labo… étrange sensation !

A mon arrivée au bloc, je suis prise en charge par une infirmière très chaleureuse qui me met à l’aise, elle met de la musique et nous échangeons sur la dernière chanson de -M- Grand petit con. L’anesthésiste et la gynéco se font attendre, ce qui me laisse le temps de demander à mes anges gardiens de veiller sur moi le temps de la ponction et de nous porter chance. Je connais déjà l’anesthésiste ce qui fait un stress en moins (cf. article précédent). En revanche, je constate que la gynéco ne desserre pas les dents, elle semble très concentrée. Avec le recul, je pense qu’entre mon surpoids et mon hyperstimulation elle devait être plutôt tendue en raison des risques de complications. Comme pour le drilling, l’anesthésie me fait partir très rapidement, à peine le temps de ressentir les picotements dans la gorge…

Salle de réveil, j’entends l’anesthésiste constater que je suis réveillée et on me dit que tout s’est bien passé. Deux minutes s’écoulent, le temps que je reprenne conscience de mon corps et que j’ouvre les deux yeux. Je suis seule en salle de réveil donc l’infirmière ne s’occupe que de moi. Je commence à sentir une douleur. Comme une forte douleur de règles, l’infirmière me demande si j’ai mal, je lui décris que c’est gérable et elle me dit que les antidouleurs me sont injectés et feront effet dans quelques instants. Pas de chance, la douleur s’amplifie encore, encore et encore, jusqu’à me tordre de douleur en gémissant et en pleurant. Je n’ai jamais connu ça, je note la douleur au plus haut de l’échelle. L’infirmière présente au bloc se joint à sa collègue. Elles me suggèrent de me mettre sur le côté, me proposent une bouillotte. Rien ne m’aide. Je découvre les douleurs consécutives d’une ponction avec hyperstimulation. Apparemment, on sait que cette douleur vive monte crescendo très rapidement au réveil et les antidouleurs ne peuvent être injectés avant le réveil. Il faut donc subir quelques minutes ce qui semble durer des heures. Je n’ai pas la nausée aussi l’infirmière accélère la perfusion d’antidouleurs. Peu à peu la douleur redevient gérable. Les conseils de l’infirmière pour m’imaginer ailleurs, me détendre, penser à mon mari n’auront servi à rien. Penser à Chéri me faisait redouter sa réaction s’il avait assister à ces instants de torture, heureusement qu’il n’a pas eu à se sentir impuissant et à me voir dans cet état…

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Je suis emmenée dans ma chambre où je retrouve Chéri, soulagée que la douleur se soit estompée. Je peux ainsi lui annoncer que 5 seringues de follicules ont été ponctionnées, information que je tiens de l’infirmière du bloc. Apparemment c’est beaucoup ! Chéri m’annonce que le premier recueil spermatique était de bonne qualité, il n’a pas été rappelé pour en faire un second. Nous attendons la visite de la gynéco pour connaître le nombre de follicules. Je raconte mon réveil douloureux à mon homme qui me câline pour me réconforter. Ouf, le plus dur est passé ! Vue la douleur ressentie, je croise les doigts pour qu’il ne soit pas nécessaire de refaire une ponction avant très très longtemps…

La gynéco vient nous voir. Elle a retrouvé le sourire, je suis agréablement surprise qu’elle prenne la peine de s’asseoir sur mon lit, c’est une visite chaleureuse. Elle apporte de bonnes nouvelles : 25 follicules ont pu être prélevés ! Il y en avait davantage mais elle craignait de déclencher un saignement en insistant. Elle nous conseille de nous préparer à un écrémage, s’il nous reste 3 à 5 embryons à J5 ce sera déjà énorme.

Je casse la croûte et nous patientons jusqu’à 13 heures en regardant la télévision de ma voisine de chambre aux goûts très discutables, plaisanteries chuchotées et regards complices. Nous rentrons ensuite sans encombres, au programme repos jusqu’au lendemain. N’ayant pas de transfert frais dans la foulée, mon traitement post-ponction se limite à quelques ovules de progestan à prendre par voie orale.

Le lendemain, dimanche donc, je reçois un appel pour nous annoncer que 19 des 25 follicules ont été fécondés. J’annonce à Chéri ce 19 qui signifie déjà que mes ovules étaient d’assez bonne qualité pour être fécondés. Il me serre dans ses bras, pour lui aussi c’est un super score ! A présent, il faut attendre le jeudi matin, à J5 donc, pour connaître le nombre d’embryons viables restants. Heureusement, je suis arrêtée pour la semaine, je me repose en essayant de ne pas trop angoisser.

Le jeudi matin, je reste vissée à mon téléphone portable, attendant qu’il sonne. En vain. A 11h30, je tente de joindre le labo, personne ne décroche. Passé midi, on me dit que le labo est fermé les après-midi et qu’il faudra patienter jusqu’au lendemain. Je me fâche et explique que j’attends des nouvelles de mes embryons. On me dit qu’on laisse un message aux biologistes. A 14h45, je craque et décide de passer par le secrétariat de ma gynéco pour me plaindre de ne pas avoir de nouvelles. Cela semble fonctionner car la biologiste me rappelle dans la foulée, elle a le culot d’avoir l’air contrarié ! Selon elle, je ne devais être contactée que le vendredi puisque pas de transfert frais au programme… Malgré son ton désagréable, les nouvelles sont bonnes : 3 embryons ont été congelés à J5 et 6 embryons sont encore dans la course pour éventuellement être congelés le lendemain. Je demande s’ils sont de bonne qualité, elle me répond sur un ton pire encore que si on les congèle c’est qu’ils sont de bonne qualité !

Une fois la colère retombée, nous sautons de joie : déjà 3 embryons congelés !! Trois mini-nous existent pour de vrai, c’est inédit, une étape franchie pour la première fois !!!

Le vendredi, nous apprenons que 2 embryons supplémentaires ont pu être congelés à J6. Nous avons donc 3 J5 et 2 J6 au frais, 5 mini-nous c’est un très joli résultat pour une première ponction. Les larmes de joie et de soulagement sont là… Chéri me félicite, nous sommes aux anges.

Quelques jour plus tard, nous recevons le compte-rendu de la ponction. Nos embryons sont d’excellente qualité.

En raison de l’hyperstimulation, je dois laisser le cycle se finir, puis laisser un cycle naturel passer avant de stimuler au cycle suivant en vue du transfert d’embryon congelé (TEC). Cela reporte donc le TEC à décembre. Peut-être une grossesse pour Noël…

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source de cette image : https://www.invitra.com/fr/echecs-repetes-de-fiv/

FIV 1 – étape 3 bis – derniers jours avant la ponction

Dans mon dernier article, j’avais interrompu mon récit après le contrôle échographique et prise de sang à J7. Mes follicules n’atteignaient alors que 9,7 mm pour le plus gros et 8 mm pour les autres. La gynéco avait augmenté le dosage de stimulation du gonal-f à 175 UI pour faire grossir davantage les follicules.

Je m’imaginais alors que la ponction était imminente. Pas si vite, Ally… !

Nouveau contrôle échographique et prise de sang à J10. En sortant de l’échographie, je suis ravie : mes follicules atteignent les fameux 14 mm, l’objectif fixé par la gynéco pour venir la voir ! Je me sens victorieuse, nous sommes lundi et je me dis que la ponction c’est pour mercredi. La secrétaire du service AMP ne me fait pas redescendre de mon nuage, elle nous donne un document avec les consignes avant ponction pour Monsieur afin qu’il sache comment préparer le recueil et à quelle heure se présenter. En revanche, la gynéco tempère notre enthousiasme, elle nous dit que ça commence à venir et qu’on a 90% de chance de faire la ponction le vendredi. Pas le mercredi donc.  J’annonce déjà au bureau que je serai absente 10 jours à compter du vendredi, pour la ponction et l’arrêt maladie qui suivra.

Le lendemain, j’ai rendez-vous avec l’anesthésiste car la ponction se fera sous anesthésie générale. Je retrouve un visage connu, celui qui me reçoit est l’anesthésiste qui était là pour mon drilling ovarien. Je n’ai pas d’antécédent particulier, et le drilling s’était déroulé sans encombre, ce rendez-vous n’est donc qu’une simple formalité. Je profite de mon passage à la clinique pour passer au secrétariat de ma gynéco. En effet, ma stimulation est plus longue que prévue et, si elle a fait mention du gonal-f dont je dois augmenter le dosage, elle n’a pas précisé si je dois également continuer les injections d’orgalutran pour le blocage de l’ovulation. La réponse est oui, je me mets donc en quête d’une pharmacie car j’ai terminé la boîte et il m’en faut pour le soir-même. Je dois faire deux pharmacies pour en dénicher mais j’ai enfin la précieuse boîte. Ouf… !

Mon ventre me tire depuis le début de la semaine, je dois veiller à me lever régulièrement car c’est gonflé et douloureux en position assise. J’ai pris une taille de pantalon depuis la semaine précédente. Je m’habitue à cet inconfort, je me dis que je me promène avec mes œufs et qu’ils prennent de la place en grandissant !

Le mercredi justement, encore une échographie et une prise de sang. Nous sommes à J12. Les plus petits follicules ont grandi mais pas les plus gros. L’ensemble prend de plus en plus de place ce qui explique les tiraillements douloureux que je ressens. Je ne vous parle pas des douleurs vives pendant les échographies andovaginales et surtout pour dénicher ce coquin d’ovaire gauche qui se cache derrière l’utérus. La gynéco que nous voyons juste après les examens ce matin-là me dit « Les douleurs, c’est normal, vous avez les ovaires comme des pastèques ! »… Phrase que je prends avec philosophie, si j’ai mal c’est que ça grandit et donc que la stimulation fonctionne. Ce n’était pas le cas en mai et nous avions dû annuler l’insémination.

J’arrive au bureau avec presque trois heures de retard. J’ai déjà manqué le travail plusieurs heures le lundi, le mardi et le mercredi. Je m’excuse donc auprès de ma responsable et lui précise que non, finalement, mon arrêt ne démarrera pas ce vendredi mais certainement le lundi car la ponction aura lieu soit le samedi soit le lundi. En revanche je pose mon jeudi matin car je suis habituellement de repos l’après-midi et que si je dois enchaîner les examens pour arriver au bureau à 11 heures et repartir à midi et demi, à quoi bon ? Et je reconnais qu’à ce stade, j’accuse le coup de la fatigue. Je vais atteindre le nombre record de 20 injections en 2 semaines. Je pleure devant la télévision pour la moindre bricole émouvante. Et ce mercredi soir, c’est incontrôlable, je fais carrément une crise d’angoisse avec hyperventilation. Monsieur Mon Chéri gère comme un pro, adorable mari qu’il est. Il me rassure et me dit qu’avec les hormones, il est étonné que le craquage ait autant tardé.

Jeudi matin, J13, rituel habituel : échographie, prise de sang et rendez-vous gynéco. L’augmentation du dosage semble avoir fonctionné, à l’écho une douzaine de follicules atteignent entre 13 et 18 mm. Vous visualisez le volume de mes ovaires ? Une vingtaine de follicules par ovaire et un tiers font entre 1 et 2 cm de diamètre… Hallucinant, non ?! Je bondirais bien de joie mais, vue la douleur, je vais éviter ! Direction l’AMP faire ma prise de sang et Chéri m’attend dans le couloir. Je l’entends saluer quelqu’un et une voix féminine lui répondre « C’est pour samedi ! » et lui répéter tout heureux « C’est pour samedi ? ». Je ravale mes larmes de joie le temps de faire la prise de sang. Ce n’est pas encore le moment de relâcher la pression, la gynéco doit encore nous donner les dernières informations avant la ponction.

J’ai bien fait de rester calme, car un léger bémol vient nuancer notre joie. Je présente un risque de complication appelé hyperstimulation. Les résultats de la prise de sang nous le confirmeront mais la gynéco nous explique d’ores et déjà que mon endomètre est très développé et qu’en cas d’hyperstimulation, il ne sera pas en état d’accueillir un embryon dans de bonnes conditions. Il faudra attendre non pas le prochain cycle mais le suivant pour laisser à mon corps le temps de se remettre. Ce qui repousse le transfert d’embryon – qui sera donc un embryon congelé – au mois de décembre. Nous qui espérions une bonne nouvelle pour Halloween, il faudra patienter au mieux jusqu’à Noël…

Les résultats de la prise de sang tombent dans la matinée. Ils confirment une hyperstimulation, mon taux d’œstradiol atteint 4418. On change le protocole de déclenchement de l’ovulation. Ce ne sera pas une injection d’ovitrelle mais une double injection de decapeptyl et comme il s’agit d’un mélange de deux produits, il doit être fait par une infirmière à domicile. Je m’en serais bien passée de faire venir une étrangère chez moi à 20 heures alors que je ne rêve que de me blottir en pyjama sur le canapé entre mon homme et mon chien… Franchement, l’infirmière est très bien et vu la grosse quantité de produit je comprends plutôt bien qu’il faut l’aide d’une tierce personne. On accorde un peu de répit à mon ventre et on fait l’injection dans mon bras. Elle l’injecte très progressivement et marque des pauses régulièrement pour laisser à mon corps le temps de s’adapter.

La ponction c’est pour après-demain et je ne suis pas sûre de réaliser. Mon corps et mon esprit sont trop fatigués. Le bon côté c’est que je ne stresse pas vraiment. Je commence à me faire à l’idée que chaque risque de complication ou changement de programme est pour nous… Et en même temps, je prends conscience que la partie la plus délicate, la stimulation de mon corps, a fonctionné ! Et nous nous préparons à franchir une étape inédite : celle de la FIV avec ponction de mes ovocytes, fécondation au labo par les spermatozoïdes de Monsieur et enfin (dans deux mois) transfert d’un mini-nous.

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FIV 1 – nouvelle ère – étapes 1 à 3

L’été s’achève après deux cycles naturels sans bébé couette… Pas de traitement mais des tonnes de tests d’ovulation et de tests de grossesses consommés en vain. Malgré le drilling, mon corps n’a pas réussi à faire un bébé, pourquoi ? Mystère et fatalité se partagent l’affiche.

Les cycle 7 et cycle 8 ont duré respectivement 30 et 35 jours, mon corps a évacué tous les traitements et s’est remis du drilling, la perte de poids a continué 3,5 kg perdus depuis l’intervention.

Nous avons refait des analyses (bilan sanguin, examen urinaire, spermoculture) puis revu la gynéco afin de découvrir le protocole de la FIV. Première surprise de taille, la longueur de la prescription, elle réunit toutes les étapes du processus et fait une page entière. Je vous ai fait une petite photo de l’ensemble des traitements pour une seule FIV.

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Étape 1 – Préparation du cycle : avant même le début du cycle, début du traitement par 10 jours de provames à raison d’un comprimé matin et soir. Ce sont des œstrogènes qui peuvent servir à améliorer la glaire ou, dans mon cas, à « mettre les ovaires sur la ligne de départ » dixit la gynéco. Mes règles ont un jour de retard donc j’aurai pris du provames pendant 11 jours.

Cycle 9 : FIV 1

Étape 2 – Stimulation : premier jour des règles, J1, je ne prends plus de provames mais je me rends au labo pour une prise de sang (LH, œstradiol, progestérone) et je passe une première échographie. J’avais hâte de voir l’état de mes ovaires pour la première fois depuis le drilling ovarien : ils contiennent une dizaine de petits follicules chacun. On examine mes artères utérines pour déterminer les conditions d’implantation d’un embryon. Le soir à 19 heures, je débute les injections de gonal-f à raison de 137,5 UI. Le gonal-f sert à stimuler la production et la maturation des follicules. Je crains beaucoup les effets secondaires car la dose démarre fort comparée à celle que j’avais eue pour les inséminations…

Nouveau contrôle échographique et prise de sang à J5, une vingtaine de follicules à droite et une douzaine à gauche. Ils ne font que 7 à 8 mm pour les plus gros.

Étape 3 – Stimulation et blocage de l’ovulation : à J6, après l’injection de gonal-f, j’ajoute une injection d’orgalutran pour empêcher que l’ovulation ne se déclenche toute seule trop tôt, on freine la libération de LH par la glande hypophysaire. L’orgalutran provoque souvent une réaction cutanée et je n’y échappe pas, on dirait que j’ai fait un vaccin : c’est gonflé et rouge, puis blanc, et je sens que le produit se diffuse dans mon corps.

Contrôle échographique et prise de sang à J7, une quinzaine de follicules à droite et une vingtaine à gauche. L’ovaire droit a un peu d’avance car le plus gros follicule atteint 9,7 mm contre 8 mm à gauche. La gynéco m’a bien dit de ne venir la voir que s’ils atteignent 14 mm. Côté hormones, la LH baisse grâce à l’orgalutran tandis que l’œstradiol augmente en même temps que grossissent les follicules. La gynéco me fait augmenter le gonal-f à 175 UI pour booster la stimulation.

Pour le moment, je suis agréablement surprise la fatigue se fait ressentir mais bien plus modérément qu’au printemps lorsque j’étais sous protocole insémination. Les injections d’orgalutran sont plus redoutables mais ne durent que cinq jours… Bientôt la ponction.

 

 

Insémination puis drilling ovarien

L’année 2019 a débuté comme l’année 2018 s’était achevée : par un cycle sous pilule contraceptive. J’ai terminé l’année sur plusieurs arrêts maladie consécutifs, l’épuisement physique (sciatique) et moral (dépression) ajouté à diverses autres sources de stress ont eu raison de moi. En janvier, j’ai repris le chemin du bureau une petite semaine, et puis je me suis de nouveau retrouvée en arrêt maladie, hors de question de pleurer au bureau.

Nous avons préparé notre mariage prévu pour début février 2019 et ce fut la période la plus éprouvante vécue depuis le début de notre relation amoureuse. En aucun cas à cause de Chéri, le parcours PMA nous a soudés plus que tout, mais c’est comme si notre projet de mariage m’avait peint une cible dans le dos. Je me suis pris des gifles inattendues au moment où j’étais la plus vulnérable et la plus affaiblie.

C’est dans ce contexte que commence l’année 2019… Je reprends mon récit cycle par cycle :

Cycle 1 : 2ème cycle sous pilule contraceptive, et le kyste de mon ovaire gauche a diminué à 1,4 cm puis s’en est allé, avec sa disparition les tiraillements douloureux ont cessé, durée du cycle 27 jours

Cycle 2 : nouveau départ, nouvelle tentative de protocole insémination… 5 jours de clomid, puis le matin de notre mariage, contrôle écho et prise de sang, coup de fil de la gynéco pour augmenter le dosage, mais comment ? je la rappelle, j’en suis à 2 comprimés de clomid par jour sur 5 jours, dose maximale de clomid ! erreur de sa part, elle me croyait sous injections de gonal-f, on laisse comme ça et nouveau contrôle 2 jours après. Pas d’alcool donc à mon mariage. C’est pas bien grave, j’ai déjà eu bien du mal à maîtriser mes émotions avant et pendant en étant sobre ! Deux jours plus tard, on confirme que la stimulation n’a pas été suffisante, on annule l’insémination et je passe la fin du cycle sous progestérone puis duphaston. Durée du cycle 46 jours

Cycle 3 : début des injections de gonal-f dans le ventre, je pensais que ce serait difficile de me faire les piqûres moi-même et Chéri avait accepté de me les faire mais au final je gère plutôt bien. Le plus dur a été de devoir accepter qu’il fallait en venir aux injections, que mon corps ne pourrait pas se contenter de la stimulation simple pour faire un bébé… Première injection de gonal-f au 3ème jour, dosage 50 UI augmenté à 75 UI suite au contrôle écho, déclenchement par injection d’ovitrelle, insémination un samedi matin après le recueil de Chéri, puis week-end romantique et progestérone pour finir le cycle. Qu’est-ce qu’on y croyait… ! Durée du cycle 29 jours

Cycle 4 : injection de gonal-f à raison de 62,5 UI, puis dosage augmenté à 75 UI, puis à 100 UI, au final échec de la stimulation, progestérone pour finir le cycle, durée du cycle 33 jours. J’ai pu expérimenter l’allongement de la durée des injections et l’augmentation du dosage à 100 UI : bonjour les effets secondaires décuplés ! Apparemment, la sécu ne rembourse qu’un certain nombre d’écho par cycle, j’ai dépassé et donc dû payer la 4ème écho de ma poche, heureuse surprise en guise de bonus pour ce nouvel échec du protocole insémination…

Nous sommes fin mai 2019, lors de ce rendez-vous avec la gynéco nous abordons à nouveau plusieurs sujets récurrents : mon poids, ma condition de sopk, les échecs de stimulations, les inséminations annulées. J’ai pris 6 kilos en un an au lieu d’en perdre comme il m’avait été recommandé, j’atteins donc les 100 kg. C’est bien évidemment dû au sopk, mais la gynéco reconnaît que les traitements font également grossir, ce qui ne m’aide pas. Elle me sait épuisée physiquement mais aussi psychiquement et me propose pour la première fois plusieurs cartes de visite : hypnothérapeute, sexothérapeute, psychothérapeute.

Nous revenons tous les deux sur une solution envisagée un an plus tôt : le drilling ovarien. Cette option nous intéressait beaucoup car elle n’était pas chimique mais bien mécanique. Sous anesthésie générale, par voie cœlioscopique, de multiples microperforations sont pratiquées dans les ovaires pour détruire les nombreux kystes. Heureuse conséquence : les ovaires sont libérés et peuvent reprendre naturellement leur mission, on peut obtenir un bébé couette ou maximiser les chances des stimulations médicamenteuses. Certaines patientes perdent du poids suite au drilling. Les effets de l’intervention sont censés durer 6 mois.

Nous avions écarté cette option un an auparavant car la gynéco souhaitait la pratiquer elle-même pour voir de ses yeux l’état de mon appareil reproducteur, or mon IMC l’en empêchait car la coelioscopie sur un tel IMC nécessite la force musculaire d’un homme. La possibilité d’une perte de poids miraculeuse en l’état actuel des choses n’était plus envisageable. Nous avons donc demandé à faire pratiquer le drilling par un de ses confrères pour enfin tenter ce qui semblait la solution idéale depuis le début.

Cycle 5 : aucun traitement, aucun suivi, à la cool en attendant le rendez-vous avec le chirurgien, durée du cycle 35 jours

Cycle 6 : aucun traitement, drilling ovarien en pleine période d’ovulation, duphaston pour faire repartir la machine après le drilling, durée du cycle 33 jours

L’intervention en elle-même s’est déroulée sans encombres. Je suis rentrée à la clinique à 7 heures, à jeûn depuis la veille. Chéri m’a accompagnée, j’ai quitté la chambre pour la salle d’opération vers 10 heures et je suis revenue peu avant 14 heures, il m’attendait en souriant. Le chirurgien est venu me voir en salle de réveil pour me dire que l’opération s’était bien déroulée mais… que les trompes étaient bouchées. J’ai dû faire bonne figure assez longtemps pour qu’on me ramène dans ma chambre et là je me suis effondrée en racontant à Chéri ce que le chirurgien m’avait dit. Le compte-rendu de l’intervention posé dans la chambre confirmait que les kystes avaient été éliminés mais que les trompes étaient bouchées. Chéri, mon héros, est sorti fumer et a téléphoné au secrétariat de la gynéco pour avoir un rendez-vous en urgence.

La gynéco nous a reçus le surlendemain. Pour elle, non, les trompes ne peuvent pas s’être bouchées en une année. En effet, l’hystérosalpingographie n’avait rien signalé de problématique et apparemment il faut des chlamydiae ou autres pour boucher les trompes or je ne suis pas dans ce cas. En revanche, il est fréquent qu’un spasme de l’utérus, lors de l’intervention, bouche les trompes de façon éphémère. Conclusion : on ne va tout de même pas prendre de risque et passer aux protocoles FIV car nos tentatives ont assez duré, il faut passer à l’offensive.

Encore une nouvelle étape effrayante, un nouveau sommet à franchir. Nous avons demandé deux cycles de repos pour profiter des vacances et tenter un bébé couette pendant l’été avant de passer au protocole FIV.

Les suites du drilling se sont très bien déroulés, je me suis remise en une dizaine de jours. Le plus inconfortable c’est le gaz qui traîne encore dans l’abdomen une bonne semaine et peut faire mal ici ou là en fonction du temps passé debout. J’ai alterné les positions, massé mon ventre, évité au maximum de porter des vêtements qui me serraient le ventre et tout s’est bien passé. J’ai enlevé mes fils moi-même, un point en haut du pubis à gauche, un autre en haut au milieu et 4-5 points au niveau du nombril : très discret ! Je ne me suis pas exposée au soleil pour ne pas colorer les cicatrices.

Le plus compliqué, c’est d’arriver à se convaincre que tous les kystes qu’on voit à chaque échographie (20 dans un ovaire et 30 dans l’autre) ne sont plus là et qu’on repart à neuf… Ce qui m’a aidé à m’en convaincre ? Les ressentis, mon corps ne fonctionne plus de la même façon… Et notamment, j’ai perdu 2,5 kg en moins de deux mois. A suivre…

 

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Stimulation simple

Le suivi en PMA est l’occasion de tourner une page, de commencer un nouveau chapitre. Bien sûr, nous n’avons pas oublié les sept mois d’essais naturels, quand nous étions pleins d’espoir d’une grossesse arrivant un beau matin comme une jolie surprise. Mais le doute s’était installé peu à peu. La PMA c’est un nouveau chapitre, une chance de repartir à zéro avec un suivi attentif et rigoureux.

Dans cet article, j’ai choisi de vous parler en détails de notre expérience en PMA à compter de février 2018, cycle par cycle.

1er cycle : je surveille seule mon cycle en faisant une courbe de température, durée du cycle 27 jours

2ème cycle : courbe de température, durée du cycle 25 jours, ce cycle suit ma première rencontre seule avec la gynéco PMA, pour le prochain rendez-vous dans un mois nous irons tous les deux

3ème cycle : le vrai premier rendez-vous est passé, nous avons plein d’examens et d’analyses à faire, ce cycle est donc observé à la loupe, courbe de température, durée du cycle 35 jours

4ème cycle : nous avons eu un mois de réflexion et nous avons revu la gynéco pour signer l’accord de prise en charge PMA, sur les conseils de la gynéco je ne fais pas de courbe de température pour éviter de me prendre la tête chaque matin au réveil, durée du cycle 40 jours, un long cycle sans température pour servir de repère, je le vis super mal puisque j’ignore si j’ai ovulé (hausse de température) et si la fin du cycle annonce ou non une grossesse (plateau haut de température)

5ème cycle : courbe de température, je ne veux pas revivre le flou du cycle précédent, durée du cycle 33 jours

6ème cycle : courbe de température, durée du cycle 33 jours

7ème cycle : courbe de température, durée du cycle 32 jours

8ème cycle : courbe de température, 10 jours de duphaston pour faire venir les règles, durée du cycle 47 jours

9ème cycle : clomid 5 jours à compter du 3ème jour du cycle, puis duphaston à compter du 16ème jour du cycle pour faire venir les règles, durée du cycle 28 jours

10ème cycle : 1ère cycle de tentative d’insémination, clomid 5 jours puis écho de contrôle au 9ème jour, mauvaise surprise à l’écho kyste de 4 cm à l’ovaire gauche, pas d’insémination, duphaston pour clore le cycle

11ème cycle : nouvelle écho de contrôle, le kyste a grossi jusqu’à atteindre 7 cm, la gynéco m’annonce que pour ce cycle je serai sous pilule contraceptive pour résorber le kyste, un an et demi après le début des essais je me retrouve sous contraceptifs, inutile de vous dire que le moral n’est pas au beau fixe pour clore l’année 2018…

Cette année 2018, nous avons cherché à stimuler l’ovulation grâce au clomid et à réguler les cycles grâce au duphaston. J’ai souvent pensé être enfin enceinte à cause des effets secondaires du clomid qui imitent les premiers symptômes de grossesse, ce n’est pas toujours évident. En plus des courbes de températures, contraignantes puisqu’il faut prendre sa température au réveil (après au minimum 4 heures de sommeil) avant même de poser le pied à terre, j’ai fait des tests d’ovulation et des tests de grossesse en quantités phénoménales…

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